Jean-Baptiste Thoret, un "Charlie" érudit et ouvert


Rédigé par Tristan LOUISE - Angers, le Jeudi 22 Janvier 2015 à 15:39


Tous les deux ans, l'historien, essayiste et critique vient causer cinéma à Premiers Plans. Cette année, c'est pour Dino Risi. Et puis, malgré lui, pour "Charlie" auquel il collabore depuis quinze ans.



Le précieux Jean-Baptiste Thoret présente trois films de Risi vendredi, à 10 heures (Congrès), 16 heures (Multiplexe) et à 20 heures (Dernier amour).
Le précieux Jean-Baptiste Thoret présente trois films de Risi vendredi, à 10 heures (Congrès), 16 heures (Multiplexe) et à 20 heures (Dernier amour).
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Il trouve cela "strange", mais il est "un survivant de Charlie Hebdo". Il y a 15 ans, suite au départ de Michel Boujut, Philippe Val, alors directeur, le sollicite pour s'occuper des "pages 12/13", celles consacrées à la culture et au cinéma. "Il faut préciser que Charlie ne représente que 20 % de mon temps. Mais tous ces gens disparus étaient devenus des amis. J'ai été un peu surpris d'avoir été approché par Philippe Val. La page cinéma était à l'image du journal, le genre défense de films de gauche militants. Tout ce que je déteste ! Mais j'ai tout de suite été totalement libre".

Exemple même de cette ouverture d'esprit, Cabu : "Je me souviens d'une réunion de rédaction où on me demande ce que j'ai prévu. Je dis : "Matrix reloaded". Cabu me dit : "le truc affiché partout ?" Il faut rappeler que pour Cabu, le cinéma se résumait à Tati. Mais comme il n'était en rien idéologue, il a accepté. J'ai rarement rencontré des gens de son âge avec une telle ouverture d'esprit".

C'est ainsi, aussi, que Jean-Baptiste Thoret peut concocter un supplément 12 pages sur Louis de Funès, "pas vraiment l'idole de la rédaction ! Mais j'ai expliqué que le personnage était plus complexe que son image populaire, qu'il incarnait le désordre dans un monde ordonné".

"Malheureusement, je pense que ces attentats sont le début de quelque chose. C'est très flippant"

Comme l'ensemble de la rédaction, Jean-Baptiste Thoret a dit "oui" pour les caricatures de Mahomet. "Personne n'a mesuré la réalité de la menace. On a bien pensé aux locaux, comme c'est arrivé en novembre 2011. On pouvait être incendié vingt-cinq fois, on aurait déménagé vingt-cinq fois. C'est chiant mais c'est pas grave".

Pour essayer de comprendre la tragédie de Charlie, Jean-Baptiste Thoret évoque un tournant, pour lui fondateur d'un changement de monde : "Il y a un avant et un après 11 septembre 2001. On pensait que l'Europe était préservée. Mais la menace est planétaire depuis ce 11 septembre. Et, depuis quinze jours, ici en France, tout a changé. C'est une révolution copernicienne ! Mais, malheureusement, je pense que ces attentats sont le début de quelque chose. C'est très flippant".

Retour au 7e art... S'il est venu au festival cette année, c'est pour parler d'un cinéma qu'il connaît parfaitement et qu'il aime profondément : la comédie italienne, et de l'un de ses maîtres, Dino Risi. "De tous les cinéastes de cet âge d'or de la comédie italienne, qui court des années cinquante aux années quatre-vingt, Risi est pour moi le plus fin, le plus élégant. Il a traversé tous les temps de cet âge d'or, et notamment la période de la critique de la société de surconsommation et puis la période "gueule de bois", à partir de 70. Découvrir les films de Risi, c'est comprendre l'Italie de l'époque".

Son petit préféré ? "Une vie difficile. C'est un film complexe qui n'est ni militant, ni à thèse. Il évoque la difficulté de tenir ses idéaux". On est loin des comédies françaises qui cartonnent aujourd'hui. "Mais c'est important de voir ces films. Quand 12 millions de personnes se tapent "Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ?", cela raconte quelque chose. Quelle image renvoie ce genre de miroir ? Ce type de film propose une réalité qui se substitue à la réalité, et il faut toujours traiter et la réalité et les fantasmes qu'elle génère".












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