Jean-Luc Rotureau : "Ça va très bien, excusez-moi"


Rédigé par - Angers, le 10/11/2014 - 07:35 / modifié le 12/11/2014 - 07:23


D'aucuns lui promettaient les pires lendemains électoraux et une fin de vie politique anticipée. Sept mois après les élections municipales d'Angers, Jean-Luc Rotureau se dit "très, très heureux". Il ne regrette rien de son sort comme de ses choix. Et entend bien ne pas déserter le terrain politique local. La preuve ? Son équipe municipale a créé un parti dont il a été désigné président.



Jean-Luc Rotureau : "Ça va très bien, excusez-moi"
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Il y a t-il une vie après une défaite électorale ? Attention, on vous livre un sacré scoop : oui ! Sept mois après la bataille municipale d'Angers et ses 16,1% au soir du 1er tour, Jean-Luc Rotureau nous donne rendez-vous dans un café proche de son ancienne permanence électorale, rue Jules Guitton, à notre demande. Entre Imbach, Centre des Congrès et Saint-Michel, l'ex-candidat a gardé quelques affinités. Nostalgie ? Voir. Des regrets ? "Absolument pas. Il y a deux façons de voir la vie : celle qui consiste à ruminer le passé au risque de la douleur et celle qui part du principe que le passé n'existe plus. Je ne peux pas être quelqu'un qui rumine."

Sincère réellement ? La méthode Coué, Jean-Luc Rotureau (qui avait prédit qu'il devancerait Frédéric Béatse au premier tour...) y a habitué les journalistes pendant la campagne, on est donc en droit de s'interroger un peu. Une évidence saute cependant aux yeux : il y a une sérénité retrouvée dans les traits et le regard de l'ex-adjoint PS à l'urbanisme d'Angers, autrement moins tendu qu'au printemps. Alors ? La forme vraiment ? "Ça va très bien, excusez-moi" sourit l'intéressé, pas dupe du rôle du battu dépressif que certains aimeraient volontiers le voir jouer.
 
"Est-ce qu'on a eu raison de parler de dérive budgétaire ? Mais oui, il fallait le dire !"

"J'ai eu besoin de temps pour me poser et digérer tout ça, les vacances ont été utiles. Côté professionnel, j'ai réactivé une auto-entreprise de consultant en conseil aux collectivités. C'est beaucoup de prospection pour le moment mais j'ai déjà quelques journées d'intervention et ça me rend très, très heureux, reconnaît l'ex-candidat, Mais ce qui m'aide, plus que tout aujourd'hui, c'est le sentiment d'avoir fait ce qu'on devait faire." S'affranchir du Parti Socialiste au risque de la division, dénoncer les orientations budgétaires et les pratiques politiques de ses ex-camarades, refuser le ralliement entre les deux tours des municipales, sans donner de consigne de vote... Non, il ne regrette rien. "Notre équipe a eu raison de se lancer dans cette aventure parce qu'il y avait des vérités à dire, en référence à nos idéaux. Est-ce qu'on a eu raison de parler de dérive budgétaire quand on voit le résultat de l'audit financier réalisé à la Ville ? Mais oui, il fallait le dire !" analyse Jean-Luc Rotureau

"Je n'ai aucune amertume, ni aucune animosité envers qui que ce soit" insiste-t-il comme pour mieux convaincre que la page est tournée et qu'il a su prendre de la hauteur. Et que voit-il de là-haut ? Le ton devient subitement plus grave : "Ce qui se passe au niveau national comme à Angers montre que les grands appareils politiques se sont auto-sclérosés. Qu'ils sont devenus des machines électorales bien plus préoccupées par le sort de leurs dirigeants que d'autre chose. Ce fonctionnement n'est plus possible parce que les gens ne sont plus dupes et ils ont compris que le changement viendra de moins en moins par le haut."

Un nouveau parti mais "pas d'obsession électorale"

La parole semble se libérer un peu plus encore. Jean-Luc Rotureau cite Jeremy Rifkin, l'essayiste américain dont il a lu et apprécié le dernier ouvrage - La nouvelle société du coût marginal zéro (Ed. Les liens qui libèrent) -, projection d'un monde en rupture avec le capitalisme actuel. Il en a conclu que le discours de François Hollande sur la croissance, "c'est un non sens". "S'il devait y avoir un discours nouveau aujourd'hui, ce serait de se demander quel genre de société, on veut vraiment. On ne peut plus s'aveugler avec la croissance".  Le dire, c'est une chose mais le défendre ?
 
Cantonales, vers un accord avec le Parti Socialiste ?

Jean-Luc Rotureau n'en a pas fini avec la politique. "J'ai envie de continuer" nous avait-il confié fin mars au lendemain des élections municipales, indiquant alors ne pas savoir qu'elle forme prendrait cette envie partagée avec un bon nombre de ses co-listiers. Depuis plusieurs semaines, il est le président d'une association qui a le statut de parti politique. Son nom : "Nouvel Elan, pour une citoyenneté active". Une quarantaine de ses 55 co-listiers y ont adhéré, dont les ex-conseillers municipaux d'Angers, Rachida Ouattara, Sophie-Briand Boucher, Christian Cazauba et le numéro 2 de sa liste, Claude Eas. Mais d'autres l'on rejoint comme l'ex-maire de Bouchemaine, Anne-Sophie Hocquet de Lajartre. "Il n'est pas question de préoccupation électorale pour le moment, c'est un lieu qui entend permettre aux gens de participer au débat d'idées, de faire des propositions pour sortir la politique de ses mauvaises habitudes. On débute" s'empresse de préciser Jean-Luc Rotureau. Au total, précise-t-il, le parti compte aujourd'hui près de 90 adhérents.

Mais, objecte-t-on, les prochaines élections, c'est pour bientôt ? "Nouvel Elan" présentera-t-il des candidats aux cantonales (22 et 29 mars) ? Rien n'est manifestement arrêté. Mais dans la Charte du mouvement où les mots "citoyenneté", "justice", "intégrité", "bienveillance" et "partage équitable des richesses" voisinent parmi les valeurs fondatrices, il est bien stipulé que le mouvement portera ses solutions "devant les citoyens et notamment à l'occasion des différents suffrages". Seul élu du nouveau parti - il est conseiller général d'Angers-Nord -, Jean-Luc Rotureau devrait donc être au rendez-vous dans un canton dont les contours, remaniés, le feront fusionner en partie avec son voisin Angers-Nord-Ouest, terre élective d'un certain... Christophe Béchu, englobant notamment la commune d'Avrillé et le quartier Verneau-Capucins. Rappelons qu'au Conseil général de Maine-et-Loire, c'est la centriste Michelle Moreau qui a succédé au nouveau maire d'Angers depuis son élection.

Reste à savoir avec qui Jean-Luc Rotureau devra chercher à s'associer pour être réélu car, sur des cantons désormais agrandis, les candidats devront se présenter en binôme homme-femme pour ces élections. Sept mois après les municipales, l'intéressé ne se fait pas d'illusion : "Si l'UMP et le PS présentent chacun un candidat, je n'ai aucune chance." De quoi s'obliger, quelque soit l'intégrité et les différences revendiquées, à quelques discussions entre ex-amis de gauche.

 


 




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1.Posté par LECTEURSSIDU le 11/11/2014 12:30 | Alerter
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Il me rappelle , dans ses discours, un certain amateur de tracteur, du côté de Pau....!
Trop gentil....?

2.Posté par augustin le 12/11/2014 16:28 | Alerter
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Celui qui a fait perdre la gauche à Angers, veut s'allier avec elle 6 mois aprés. Ben voyons...
Et s'il perd, il pourra toujours demander au sénateur d'Angers un poste de médiateur comme son ami Hervé. Pourquoi pas?
La politique telle qu'on l'aime!

3.Posté par Paul bismuth le 17/11/2014 19:00 | Alerter
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Exactement comme Augustin, celui qui a fait perdre la gauche; monsieur Beatse s'est empressé après sa cuisante défaite de devenir le nouvel attaché parlementaire du sénateur Ps copain et coquin raoult.
La politique comme on l'aime.















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