L'agglo d'Angers et sa nouvelle devise : sans yen, l'emprunt est plus zen !


Rédigé par - Angers, le 10/02/2015 - 08:50 / modifié le 10/02/2015 - 08:50


Les conseillers communautaires ont autorisé lundi soir le président de l'agglo, Christophe Béchu, à revendre l'ensemble des prêts en yen -l'équivalent de 24,5M€- de la collectivité, pour faire baisser de manière significative le poids global de la dette à risque. L'agglo n'en a pourtant pas fini avec le sujet : 16M€ en franc suisse restent à solder (prêts en devise), ainsi que près de 100M€ de prêts structurés, très risqués pour la majorité d'entre eux.



Les rangs étaient clairsemés, lundi soir, lors du débat d'orientation budgétaire de l'agglo, qui a surtout vu les conseillers "sécuriser" deux des prêts en devise contractés lors de la précédente mandature.
Les rangs étaient clairsemés, lundi soir, lors du débat d'orientation budgétaire de l'agglo, qui a surtout vu les conseillers "sécuriser" deux des prêts en devise contractés lors de la précédente mandature.
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"Je ne peux pas dire aux contribuables que la collectivité a perdu de l'argent parce qu'on s'est planté sur le marché des changes"... Lundi soir, lors du débat d'orientation budgétaire (DOB) d'Angers Loire Métropole, la question des emprunts à risques contractés lors de la dernière mandature a une nouvelle fois été évoquée.

Et comme il s'y était engagé à la fin de l'année 2014, le président de l'agglomération, Christophe Béchu, a demandé l'autorisation au conseil communautaire, à l'appui d'un rapport sur table, de valider une orientation prise une semaine avant, avec tous les maires de l'agglo : d'ici quelques heures (ou quelques jours ?) la collectivité ne comptera plus de yen dans la structure de ses emprunts. En clair, l'agglo va changer en euros l'équivalent de 24,5 M€ de deux prêts en devise qu'elle avait contractés en 2009,  pour le financement de la 1re ligne de tram. 

Une décision rendue possible par le fait que le cours du yen est aujourd'hui proche de celui qu'il était lors de la contraction de ces prêts et qui, selon Christophe Béchu, a l'avantage de "transformer un taux variable en taux fixe. Ça n'est pas anodin, car on parle là d'emprunts qui courent sur 25 ans" (jusqu'en 2039 exactement NDLR). Le rapport sur table remis lundi soir aux conseillers communautaires indique même qu'un "gain de change est même attendu autour de 300 000 €". Le taux d'intérêt fixe "ne dépassera pas 1,65 %", poursuit le vice-président en charge des finances, Marc Laffineur.

J'estime que ce n'est pas à la collectivité de prendre des risques. Nous n'avons pas de revenus en yen, il n'y a aucune raison pour que nous ayons des prêts dans cette devise"

Plus avant, le président de l'agglo insiste : "Nous avons tous eu un gros coup de chaud avec le franc suisse il y a quelques semaines... J'estime que ce n'est pas à la collectivité de prendre des risques. Nous n'avons pas de revenus en yen, il n'y a aucune raison pour que nous ayons des prêts dans cette devise". CQFD ?

Sujet récurrent depuis la révélation sur notre site des quelque 140M€ d'emprunts à risque de l'agglo, la dette a éclipsé le débat -il n'y en a pas eu- d'orientation budgétaire de la collectivité. Si les conseillers communautaires ont acté, avec cette décision, un signe fort de consolidation de la dette, il reste du travail pour arriver à remplir l'objectif affiché par Christophe Béchu en la matière : "Nous avons pris l'engagement de limiter à 25 % le poids de des prêts à risque dans la structure de la dette (365,7M€ au total NDLR)".

Le risque pèsera, si l'autorisation de lundi soir est suivie d'effets, "autour de 30 %" du total de la dette, répartis entre des prêts en devises (franc suisse), à hauteur de 16M€ et des prêts structurés (99,1M€ pour 13 emprunts signés de 2002 à 2011), dont plus de 54M€ sont "hors charte" et considérés comme très risqués. On les retrouve non seulement sur le budget principal, mais également, assez présents, sur les budgets annexes de l'eau, de l'assainissement ou des transports.

"Une étude est en cours sur ces emprunts pour les renégocier", avance Marc Laffineur. De plus, "les banques françaises ont envie de sortir de ces emprunts" et "l'Etat a mis en place un fonds de soutien dont nous souhaitons profiter". Les services de l'agglo gardent ainsi un œil attentif sur l'actualité financière, et le budget proposé lundi soir lors du débat d'orientation indique une provision de 1,5M€ "pour faire face aux dégradations potentielles des marchés" (Christophe Béchu).

Bref, on n'a pas fini de deviser sur le sujet...




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Daniel Fleury le 10/02/2015 19:41 | Alerter
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Monsieur Béchu en 2007 fut administrateur chez Dexia et du coup doit avoir une certaine expertise en matière de dettes des collectivités locales non ? Se retrouver ensuite à constater les dégâts de la finance qui plaça des prêts véreux à tous les étages est un retour des choses... On avait pourtant vanté la qualité exemplaire de la dette lors des élections de 2014, de tous côtés. On ne nous dirait pas tout ?















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