"L'avenir du mécénat passe par les petites et moyennes entreprises"


Rédigé par Rédaction Angers Mag - Angers, le 23/05/2015 - 07:00 / modifié le 25/05/2015 - 01:17


Quel avenir pour le mécénat ? Chefs d'entreprises, responsables d'associations culturelles, sociales et sportives, fondations et représentants des collectivités locales... plus de 400 personnes ont échangé autour de cette question jeudi au Quai à Angers lors des premières Rencontres régionales du Mécénat. Stéphane Martinez, le président de la fondation Mécène-et-Loire et du Pôle Régional du Mécénat qui organisait l'événement, nous livre ses impressions.



Stéphane Martinez, président de la Fondation Mécène-et-Loire et du nouveau Pôle régional mécénat.
Stéphane Martinez, président de la Fondation Mécène-et-Loire et du nouveau Pôle régional mécénat.
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Quel était votre volonté en organisant ces premières Rencontres régionales du Mécénat ?

"Avec Mécène-et-Loire, nous avions déjà mis en place des rencontres en 2008 et 2010, mais comme nous venons de participer à la création d'un Pôle régional du mécénat, l'idée était d'élargir l'invitation et de faire échanger les porteurs de projets, les entreprises, les collectivités, tous ceux qui gravitent autour de la culture et du mécénat. A travers ces échanges, montrer aussi aux structures du type fondation locale qu'elles ne sont pas seules seules et veiller à ce qu'elles n'entrent pas en concurrence les unes avec les autres. Après, le but principal, c'était quand même de parler de mécénat et de faire en sorte que des entreprises puissent rejoindre le mouvement en s'appuyant sur des exemples et sur des initiatives, pour oeuvrer dans leurs secteurs."

Depuis la loi Aillagon de 2003, plus encore depuis la création de Mécène-et-Loire, quels changements observez-vous dans l'approche du mécénat ?

"Les approches ne sont plus focalisées sur le dispositif fiscal, on est vraiment dans l'optimisation des partenariats, la recherche de nouvelles relations. Je m'aperçois aussi, via notre expérience à Mécène-et-Loire, que la dimension collective du mécénat est très importante."

C'est à dire ?

"Je reviens à la genèse de notre fondation. Quand nous avons réfléchi à la sa création, nous nous sommes aperçus que le mécénat, c'était très parisien et centré sur de grandes entreprises. On a vu jeudi que 2% des entreprises mécènes généraient plus de 55% du mécénat en France. C'est comme ça. Mais les PME et TPE (très petites entreprises) ont un rôle à jouer. Si je parle de mon entreprise (Marty Sports), je mets 10 000€ par an : seul, qu'est-ce que je fait ? Je participe à une action ou je contribue à une aventure à 28 qui apporte 200 000€ par an sur 5 ans ? Ensemble, on est sur des projets beaucoup plus importants, beaucoup plus porteurs sur le territoire."

Précisément, quel sens accordez-vous à votre engagement à l'égard du territoire ?

"J'en suis convaincu, on est vraiment dans l'intérêt général. Bien sûr que nos entreprises savent mettre à profit le mécénat pour leur image ou leur stratégie, mais ça va au delà de ça. L'une des interventions qui m'a le plus intéressé jeudi, c'est la présentation d'exemples de jeunes entreprises qui se créent avec déjà dans leur stratégie, le mécénat. Je pense qu'on est à un tournant de certaines pratiques, celui des entreprises qui restent dans leur coin, sans considération pour leur environnement. Et réciproquement, je vois de plus en plus de porteurs de projets qui ne craignent plus l'entreprise."

Si on continue de raisonner à l'échelle angevine, quelles sont les marges de progression pour le mécénat selon vous ?

"Je pense qu'elles se situent au niveau des PME et des TPE, c'est ce qui provoquera un effet de masse. C'est notre tissu ici en Anjou, des entreprises familiales, patrimoniales, parfois sous-traitantes, à la différence de la région nantaise qui compte des sièges de grandes entreprises. Il faut savoir où on veut aller, mais je pense que des entreprises regroupées peuvent être un levier d'actions importantes pour le territoire où vivent leurs salariés."

L'intérêt général, c'est l'objet logiquement des pouvoirs publics et des collectivités locales : comment appréhendez-vous votre rapport avec eux ?

"D'abord, on ne peut pas dire que l'Etat se désengage. La loi Aillagon, c'est un engagement de sa part à hauteur de 60€ quand nous mettons 100€. Après, ce que l'on voit pointer un petit peu, de la part de certaines collectivités locales face aux difficultés budgétaires, c'est l'organisation d'un mécénat pour lequel elles ne demandent plus l'avis des entreprises. Là, je trouve cela dangereux car c'est dévoyer le sens du mécénat. Les entreprises doivent rester dans la gouvernance de ces fondations sinon, pour moi, on créé un nouvel impôt."
 












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