L’horticulture angevine à la recherche d’un nouveau souffle

[DOSSIER] Economie angevine : "Ça s'aggrave Docteur ?" (2/5)


Rédigé par Patrick TOUCHAIS - Angers, le 14/10/2014 - 07:49 / modifié le 16/10/2014 - 21:47


Comme une grosse tempête, les derniers mois ont secoué des fleurons de l’horticulture angevine. Des entreprises familiales, à l’image et la notoriété bien enracinées. Au-delà, c’est toute une filière qui doit rebondir.



Aux Ponts-de-Cé, l'entreprise Gaignard Fleurs est touchée aussi par les difficultés qui affectent son secteur.
Aux Ponts-de-Cé, l'entreprise Gaignard Fleurs est touchée aussi par les difficultés qui affectent son secteur.
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Que se passe-t-il dans l’horticulture ? Ce pan de l’économie angevine, dont on pensait – et nous l’écrivions il y a deux ans – qu’il était solide, et représentait à la fois une force, une reconnaissance et un gisement d’emplois pour le territoire. A l’image d’autres secteurs, la crise économique du moment a révélé les failles d’une filière qui n’a sans doute pas su s’adapter assez vite aux évolutions de comportement des consommateurs, et à une concurrence acharnée des voisins européens : Hollandais, Allemands, Italiens, Espagnols…

Tour à tour, Chauvin Horticulture (Montjean-sur-Loire), André Briant Jeunes Plants (Saint-Barthélemy), Gaignard fleurs (Les Ponts-de-Cé, procédure de sauvegarde) et les Pépinières Levavasseur (Brain-sur-l’Authion) ont été placées en redressement judiciaire ces derniers mois. Pas franchement une surprise pour Claudine Oger, président de l’Union horticole de l’Anjou, le syndicat des entreprises du secteur. “Cela fait deux ans qu’on tire la sonnette d’alarme auprès des pouvoir publics, mais on n’a pas été entendus. On paie aujourd’hui les deux années difficiles qu’on vient de vivre”. Selon une étude de FranceAgriMer, la santé économique de près de la moitié des entreprises du secteur en 2012 était jugée “sensible, voire fragile”.

2012 et 2013 ont été marquées par des printemps maussades. Généralement, les consommateurs se précipitent dans les jardineries dès les premiers rayons de soleil de mars. Pas de soleil, pas de vente. “On doit faire sa saison entre le 15 mars et le 15 mai. Si on loupe cette période, c’est très difficile”, précise Patrick Brémaud, directeur adjoint de la CAPL (Coopérative agricole des Pays de la Loire). Le groupe coopératif fournit les entreprises horticoles en produits divers, et compte aussi dans son portefeuille, 22 magasins de libre-service agricole (Agriloire ou Point Vert). “Au-delà de la météo, il y aussi tout simplement des effets de la crise économique”. Le végétal n’étant pas un produit de première nécessité… Même chose du côté des municipalités, qui ont rogné ces dernières années sur le budget des espaces verts. En France, les ventes de végétaux ont chuté en volume de 9 % entre 2011 et 2012, puis de 4 % entre 2012 et 2013. Sur le premier trimestre 2014, les ventes affichent 3 % de baisse.

La crise n'explique pas tout

Mais la crise est multifactorielle. "On a subi une augmentation de TVA, qui est passée de 5,5 à 10 %. Quand on connait la bataille sur les prix face à nos concurrents, ça ne nous a pas aidés, complète Patrick Brémaud, C’est un sujet récurrent, mais il faut redire qu’une bonne partie de notre coût de production est due à la main d’œuvre, qui est plus élevée que chez nos voisins et concurrents. Sans oublier les augmentations de toutes nos fournitures, les pots, les intrants…”

Cholet, RN249, 22 octobre 2013. Peu habitués à manifester,  des représentants de la filière horticole angevine s'étaient associés aux agriculteurs pour protester contre l'écotaxe. "Je ne suis pas loin de penser qu'on est peut-être à la veille de ce que vit la Bretagne avec l'agro-alimentaire" disait alors Pascal Levavasseur (à droite sur la photo, à côté de Claudine Oger).
Cholet, RN249, 22 octobre 2013. Peu habitués à manifester, des représentants de la filière horticole angevine s'étaient associés aux agriculteurs pour protester contre l'écotaxe. "Je ne suis pas loin de penser qu'on est peut-être à la veille de ce que vit la Bretagne avec l'agro-alimentaire" disait alors Pascal Levavasseur (à droite sur la photo, à côté de Claudine Oger).
Et c’est sans compter les ardoises des distributeurs. Les grandes enseignes de jardinerie sont en difficulté à l’image de Jardiland, la plus célèbre, qui a été reprise par un fonds d’investissement, et qui a demandé récemment à ses franchisés de mettre la main au portefeuille pour investir dans la maison mère. Jardiland est notamment propriétaire d’André Briant Jeunes Plants, pour laquelle il cherche un repreneur.

Reste que la crise n’explique pas tout. “Sans mauvais jeu de mots, certains ont dormi sur leurs lauriers, persuadés que leur notoriété et la qualité de leurs produits suffisaient”, confie un acteur du secteur. Pour rebondir, pas le choix, il faut s’adapter pour rester en phase avec les consommateurs. “On peut jouer sur une large palette de végétaux. Mais ce n’est pas simple. Quand on lance des végétaux en production, on ne sait pas si on les vendra. Il faut aussi dire à nos consommateurs, de regarder la provenance. S’ils achètent des végétaux français, ils contribuent à faire vivre les entreprises locales et les emplois”, détaille Claudine Oger.

Gino Boismorin, directeur de Végépolys : "Pas une crise, un tournant"

L’horticulture angevine à la recherche d’un nouveau souffle
“Au-delà des grosses entreprises en difficulté, il y a aussi des sociétés qui vont bien. Le marché français est encore porteur, et il y a des développements possibles à l’étranger. On connaît nos faiblesses : manque de compétitivité lié au coût du travail, une spécialisation trop faible des acteurs, un manque de mutualisation de la logistique, de la commercialisation, un manque d’innovation par manque de moyens.

On a aussi beaucoup de forces. On a la chance d’être sur un bassin de production complet, avec des entreprises, des centres de formation, de la recherche, un pôle de compétitivité. Il faut qu’on parvienne à accélérer le transfert entre la recherche et l’entreprise. Pour cela, il faut que les établissements financiers jouent le jeu. A court terme sur la trésorerie, et à moyen terme sur l’investissement. Il y a des vrais potentiels à condition de s’adapter aux nouvelles exigences du consommateur.

Aujourd’hui, on construit sur des espaces réduits. On veut des haies qui poussent vite quand elles sont jeunes, mais qui ne poussent plus ensuite pour éviter la taille, on veut des plantes pérennes pour ne pas replanter tous les ans. Les collectivités recherchent des végétaux qui demandent moins d’entretien et moins d’eau pour faire des économies. Au-delà des plantes, on peut imaginer de nouvelles formes de distribution, par le web ou par d’autres distributeurs – Ikea s’est lancé à Clermont-Ferrand dans le végétal.

On pourrait créer une entreprise de location de végétaux intérieurs, comme aujourd’hui on loue des œuvres d’art pour quelques semaines. Il y a aussi des applis à créer pour nous aider à choisir et à entretenir les plantes. Bref, il y a un chantier de 2 à 3 ans devant nous”
.









1.Posté par gilardeau le 15/10/2014 12:47 | Alerter
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Il fallait s'y attendre, depuis des années la production horticole (végétale plus globalement) française et notamment angevine destinée a l'export est en chute libre, pour finalement se contenter d'un marché Français de plus en plus étroit et qui plus est, impacté par la crise que nous traversons.
La chute a l'export traduit mieux nos difficultés : -
nous ne sommes pas suffisamment compétitif ( cout de la main d'œuvre), pas suffisamment accessible (Supply Chain), et pas suffisamment lisible (c...








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