"La Bretagne,un terreau commun, que chacun peut s’approprier et faire vivre à sa façon"


Rédigé par - Angers, le Mercredi 27 Janvier 2016 à 07:30


Chaque mois, on retrouve dans le mensuel Angers Mag son traditionnel "crobard", illustrant l'actualité locale ou nationale des jours précédents. Le dessinateur Fanch Juteau, dont les origines bretonnes n'échapperont à personne, signe un "Atlas-ig, petit Atlas illustré de la Bretagne", aux éditions Béluga. 16 cartes brillamment illustrées et détaillées au fil de textes documentés où il livre son point de vue sur l'histoire, le patrimoine, la culture ou encore les sports d'un bout de terre aux identités singulières. Il sera bientôt en dédicace dans les librairies Contact et Richer.



Fanch Juteau et son Atlas-sig.
Fanch Juteau et son Atlas-sig.
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Comment est née l’idée de ce « petit » Atlas de la Bretagne illustré ?
 
« C’est un projet très personnel, mais il est né dans un certain contexte. Début 2013, une école Diwan (celle de Questembert dans le Morbihan) m'a sollicité pour travailler sur un calendrier, dans le cadre d’un concours organisé chaque année. Il fallait trouver un thème en rapport avec la Bretagne. Tout de suite, je ne sais pas pourquoi, ça a fait « tilt » chez moi : La Bretagne dans son ensemble, c’est un sujet à soi seul ! »
 
Vous êtes vous-même d’origine bretonne ?
 
« Je suis né à Saint-Nazaire, j'ai vécu entre Le Croisic, Redon, Nantes... Cet ATLASig, c'est aussi une forme d’hommage familial. À mon grand-père maternel, à mes parents, qui ont toujours été très investis dans des activités culturelles traditionnelles (danse, chant, collectage...), leur partage et les échanges. C’est dans cet environnement que j'ai grandi.
 
Votre père lui, est angevin ?
 
« Eh oui, pour le patronyme Juteau , il faut chercher par ici ! Quand il a suivi sa famille à Saint-Nazaire, mon père a découvert les festoù-noz ! Il est tombé amoureux des danses bretonnes, puis de ma mère : je crois dans cet ordre-là ! Breton de cœur, quoi.
Moi je suis arrivé en terre angevine en 2008. Les Juteau font le yoyo.
 
Vous revendiquez votre identité bretonne ?
 
« Disons que je l'ai toujours appréciée. Il y a une forme d’admiration, et une fierté indéniable. Je n’ai pas emboîté le pas de mes parents, dans le sens où je n'ai jamais eu leur implication. Mais j’ai toujours gardé de l’intérêt pour le fonds breton parce que je le trouve riche et stimulant. »

L'une des cartes dévoilées dans L'Atlas-sig : La Bretagne, terre de vieilles pierres...
L'une des cartes dévoilées dans L'Atlas-sig : La Bretagne, terre de vieilles pierres...
Y’a-t-il une forme de militantisme dans cet « ATLASig » ?
 
La démarche dans ce que j'ai fait là, elle est affective et culturelle : à mon sens, ça suffit largement pour aimer la Bretagne et lui consacrer un ouvrage. Tenter de la décrire à travers ses nombreuses caractéristiques : nature, Histoire, ce qui s'y fait, le vivant... C'est de l'ordre, je ne sais pas... de la connaissance, du partage, de la conscience...
Je me méfie des récupérations identitaires avec d'autres buts derrière.
 
Que représente cet ouvrage dans votre parcours artistique ?
 
« Je voyais ce projet un peu comme un baroud d’honneur. Il m'est venu en tête à un moment où j’étais complètement dépité du milieu du dessin, et spécialement de mon parcours. J'ai été presque surpris d'avoir cette idée, d’être encore capable d'y aller à fond. Non seulement il y avait la dimension passionnée, mais jamais auparavant je n'avais senti un tel potentiel. De quoi faire un livre original et intéressant, que je pourrai vraisemblablement partager avec beaucoup de gens… Avec donc une chance de récolter les fruits de mes efforts.  Chose qui a aussi son importance. »
 
Ces efforts, justement : ce sont 16 cartes de Bretagne sur des thématiques différentes, avec un sens du détail étonnant. Mais également des pages entières de textes que vous avez vous-même écrites. Pourquoi ce choix ?
 
« C'est l'idée du baroud d’honneur : quitte à y mettre la dernière énergie, autant assouvir tous ses penchants ! Illustrations foisonnantes, rigolotes... Je me suis revu gamin. Ce sont les images qui m’ont amené à la connaissance. En plus du côté ludique, je voulais un minimum d'explications, qu'on ne reste pas sur sa faim. D'où les textes, un peu compacts certes, mais simples et fluides, didactiques, et comiques parfois.

Pas une musiques, mais des musiques : la Bretagne est un terreau fertile en la matière.
Pas une musiques, mais des musiques : la Bretagne est un terreau fertile en la matière.
Comment s’est déroulé votre travail : vous avez commencé par une recherche documentaire ?
 
« Tout du long ça a été un travail très empirique entre le dessin, la rédaction et la mise en page... La première carte sur laquelle j'ai bossé est celle sur l'Histoire. J'ai commencé à la remplir avec ce que je connaissais. Ou que je croyais connaître ! Ensuite est venue la recherche documentaire, pour compléter, exercer un regard critique, vérifier... La partie la plus prenante sans doute, que ce travail de documentation, et de synthèse ensuite.
 
Qu’avez-vous appris, au cours de ces deux années de travail ?
 
« Ce qu'il y a à découvrir en Bretagne, l'étendue de la culture bretonne : c'est infini, les amis...»
 
… Et comment la qualifieriez-vous, cette culture bretonne ?
 
« Ancienne, vivante, évolutive... Je ne sais pas. Je me garde surtout de la définir avec précision ! C’est juste un constat, celui d’un terreau commun, que chacun peut s’approprier et faire vivre à sa façon. Ca ne se limite surtout pas au passé et au folklore. La culture bretonne, c'est aussi la culture en Bretagne… Il y a, je crois, une valeur d’ouverture et une grande diversité dans tous les domaines...  J'espère être arrivé, dans ce « petit atlas », à en rendre compte un peu.
 
Fanch Juteau sera en dédicace à la Librairie Richer, le samedi 30 janvier, de 16h à 19h et à la Librairie Contact, le samedi 5 mars, de 15h à 18h.

CHRONIQUE : L’œil tendre de Fanch sur sa Bretagne
 
Bah ça alors ! Depuis 3 ans qu’il est notre dessinateur, Fanch Juteau nous avait caché qu’il était breton ! Le doute n’est désormais plus permis, puisqu’il vient de publier, aux éditions Beluga, « L’Atlasig, Petit atlas de Bretagne illustré », un concentré d’humour, d’amour et de connaissances sur « ce bout de terre avancé dans la mer ». Lorsque vous y ajoutez le coup de crayon impeccable du « gwaz », vous obtenez - sur 80 pages et 16 cartes illustrées revenant sur l’histoire, les traditions, les loisirs, les monuments et bien d’autres choses encore – un hommage singulier à cette terre aussi singulière. Bretons d’Anjou et du monde, ne cherchez pas ailleurs le cadeau idoine pour contenter vos proches !
 
« L’Atlasig, Petit Atlas de Bretagne illustré », éd. Beluga, 19,90 €




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par barreau le 28/01/2016 14:56 | Alerter
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j’apprécie les talents de dessinateur de Monsieur Juteau, mais je ne vois pas pourquoi Anjou Mag en fait la promotion puisque son livre ne concerne pas les bords de Loire et plus particulièrement l'Anjou.

De plus cette revendication identitaire systématique et permanente devient pénible.

quelques exemples:

-Une célèbre randonnée au fin fond du Massif central avec 1 millier de participants venant de TOUTE la France. Résultat, un seul énergumène déguisé en "homme sandwich" qui reste, par 8 °, avec...

2.Posté par Yannick Sourisseau le 28/01/2016 23:40 | Alerter
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Bonjour Monsieur Barreau.
Une réponse simple a votre commentaire : nous soutenons Fanch Juteau car il est le dessinateur attitré du mensuel Angers Mag ( et non pas Anjou Mag) depuis le début. Nous ne soutenons pas particulièrement la Bretagne, mais l'homme qui, comme beaucoup de dessinateurs à besoin tout simplement de vivre. Aidez les autres et notamment ceux qui ont des difficultés à se faire un nom dans leur métier fait partie des gènes d'Angers Mag.

Cordialement

3.Posté par Ju le 09/02/2016 08:32 (depuis mobile) | Alerter
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il est vrai que les bretons se sentent inférieur du fait de la negation culturelle et l''''''''assimilation imposer par la France en bretagne. cela explique aujourd''''''''hui certains breton qui on été totalement assimilés revendique le peu qu''''''''ils ont sû.








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