La Constantinière : culture au logis


Rédigé par Tiphaine CREZE - Angers, le Jeudi 15 Septembre 2016 à 07:00


Tombés amoureux de cet ancien logis rural en 1993, Roger Couffin et sa famille l’ont sauvé des ruines pour un faire un lieu de culture et d’ouverture. La preuve les 16 et 17 septembre, à l’occasion des Nuits du Patrimoine, organisées en amont et en marge des Journées du même nom.



« La Constantinière ne veut pas et ne peut pas être un musée », milite son propriétaire Roger Couffin, qui plaide pour « tricoter le passé, le présent et le futur. »
« La Constantinière ne veut pas et ne peut pas être un musée », milite son propriétaire Roger Couffin, qui plaide pour « tricoter le passé, le présent et le futur. »
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« Si nous avions dû attendre l’estimation de l’intégralité des travaux avant de les entamer, je serais parti en courant. » Voilà effectivement 23 ans que Roger Couffin et sa famille ont lancé un chantier gigantesque : rénover le logis de La Constantinière à Soulaines-sur-Aubance. « Nous avons été subjugué par le lieu. Pour rénover La Constantinière, il fallait une part d’initiative et une part d’insouciance. » Et l’heureux propriétaire de citer Marcel Pagnol : « Tout le monde savait que c'était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l'a fait.» Car quand, en octobre 1993, la famille Couffin tombe amoureuse de La Constantinère, celle-ci est en ruines.

Cet ancien logis rural du XVIIe siècle est, à l’époque, construit pour servir de résidence d’été à Gilles Lespagneul de la Plante, receveur de taille, et à son épouse qui vivent le reste de l’année aux Ponts-de-Cé. « A l’époque, il n’y avait pas de tout-à-l’égout dans les villes et, il était préférable d’aller se ressourcer à la campagne pendant l’été : ce que l’on appelait « faire campagne » », explique Roger Couffin. En France, toute cette architecture rurale va disparaître, au fil des années, lorsqu’il va s’agir de faire entrer les machines motorisées dans les bâtiments. « Je dis souvent que les premiers conservateurs de La Constantinière sont les membres de la famille Thiou, qui ont souhaité conserver les bâtiments dans leur intégralité au cours du XXe siècle. »
 
"Pour rénover La Constantinière, il fallait une part d’initiative et une part d’insouciance"

Quand il entame la rénovation des lieux, il y a donc 23 ans, Roger Couffin a un double-objectif : « Sauver cette propriété de la ruine et en faire un lieu de culture et d’ouverture. » La Constantinière est inscrite au titre des Monuments historiques en 1994 et l’entreprise de restauration qui suit est le fruit d’une collaboration qui unit l’architecte en chef des monuments historiques, celui des Monuments de France, la Direction régionale des affaires culturelles et les entreprises : « Nous étions tous animés par la même envie, restaurer avec le savoir-faire français. » 

Autre chantier de taille : celui de la rénovation des jardins dont il ne restait plus aucune trace d’origine. Heureux hasard, Roger Couffin rencontre rapidement Pierre-André Lablaude, architecte en chef et inspecteur général des Monuments historiques, également architecte en chef des Parcs et jardins du domaine de Versailles entre 1990 et 2012. « Cela fait désormais quinze ans que Pierre-André Lablaude gère personnellement le chantier des jardins de La Constantinière, dans l’esprit des traités d’architecture rurale du XVIIe siècle », se targue Roger Couffin. 

Depuis, en accord avec son ambition initiale, Roger Couffin a commencé à accueillir des artistes en résidence et projette de transformer la grange en studio d’enregistrement. Avec une idée fixe : « Faire venir un public qui n’est pas forcément celui des monuments historiques ». Et dépoussiérer tout ça. 23 ans après les premiers coups de pelle, le logis de La Constantinière est rénové « à 90 % », mais n’attendra certainement pas la centaine pour revivre pleinement.

​Danser la nuit à La Constantinière

« La Constantinière ne veut pas et ne peut pas être un musée », milite Roger Couffin, qui plaide pour « tricoter le passé, le présent et le futur. » Preuve sera faite lors des Nuits du Patrimoine des 16 et 17 septembre, lors desquelles le lieu se transformera en scène de danse à ciel ouvert, en partenariat avec le Centre national de danse contemporaine (CNDC) d’Angers. « Event au Logis » (ou Eventology) - du nom de la forme fétiche du chorégraphe Merce Cunningham, auprès duquel Robert Swinston, actuel directeur du CNDC, a passé trente ans – mêlera donc chorégraphies de Merce Cunningham et impromptus hip-hop – proposées par le danseur et chorégraphe Amala Dianor – sur des compositions du pianiste Alain Kremski, à l’origine de cette proposition. « Cette volonté d’amener le patrimoine dans les pièces et la danse contemporaine vers le patrimoine correspond tout à fait à Robert Swinston », s’enthousiasme Arnaud Hie, directeur de la production, de la diffusion et en charge de la communication du CNDC. Au détour d’un bosquet, dans une allée et même au-dessus d’un bassin, la danse investira chaque recoin du site pour une soirée entre passé et présent, en attendant le futur.

Les 16 et 17 septembre à La Constantinère (Soulaines-sur-Aubance), de 21 heures à 0h30. Entrée libre.








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