Le Paradis des bêtes : l’enfer au grand jour !


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Samedi 24 Mars 2012 à 14:07


Une famille détruite par la violence d’un homme envers sa femme : après avoir éloigné ses enfants de leur mère, il tente de reconstruire un monde. Un monde plein de mensonges et d’illusions, pour garder l’amour de ses enfants.



Malgré le comportement de son père, Clarisse continue de l’aimer sans condition.
Malgré le comportement de son père, Clarisse continue de l’aimer sans condition.
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En apparence, la vie de famille de Dominique (Stefano Cassetti) et Cathy Lenikart (Géraldine Pailhas) a tout pour être parfaite : une maison au cœur des montagnes, deux adorables enfants, Clarisse (Valentine Klingberg) et Ferdinand, et une bonne situation pour Dominique qui dirige avec sa sœur Stéphane (Muriel Robin) un magasin animalier, le Paradis des bêtes. Seulement, ce père qui semble mener sa vie avec succès est également un homme violent. Des accès de colère fréquents, de la tromperie et une brutalité inouïe envers Cathy conduisent celle-ci à quitter le domicile conjugal, avec leurs enfants.

Alors que ceux-ci sont à l’école, leur père vient les chercher pour les emmener à l’écart, dans une station de ski. C’est là qu’il essaiera de créer un monde d’illusions afin de préserver leur amour, en essayant de les tenir à distance de leur mère, qui ne cesse de les rechercher.

Dans ce premier long-métrage d’Estelle Larrivaz, il est question de violence, mais aussi d’amour. Les deux enfants se retrouvent au centre des problèmes de leurs parents et ne savent pas vers qui se tourner. Il est difficile pour eux de renier leur père pour ses erreurs, puisqu’étant leur père, il est supposé être leur modèle. Celui-ci montre un double visage, car il passe de l’homme charmant en public au bourreau en privé.

La brutalité des scènes auxquelles nous sommes confrontés, telle que la dernière altercation entre Dominique et Cathy, nous transmet des émotions fortes. Elles sont intensifiées par un jeu remarquable des trois acteurs principaux. Ils incarnent chacun avec justesse leur personnage respectif.

Avec le titre donné à son long-métrage, on s’interroge si Estelle Larrivaz n’a pas voulu nous montrer par une métaphore avec quelle facilité des situations comme celle que subit Cathy peuvent se produire, à cause d’hommes comme Dominique, vivant parfaitement leur vie, sans remise en question. Les bêtes ont alors un double-sens puisqu’elles peuvent à la fois représenter les animaux du magasin, mais également les personnes comme Dominique.

L’isolement dans lequel cet homme enferme ses enfants est accentué par le décor des montagnes, à la fois imposantes et oppressantes. Le jeu des lumières est également bien pensé : des couleurs chaudes pour l’ambiance familiale et rassurante du début, puis le blanc (infini) des montagnes, qui renvoient à une atmosphère plus froide et inquiétante. Les plans d’ensemble avec les montagnes et les personnages montrent bien leur enfermement. Les gros plans eux arrivent à nous faire entrer dans l’intimité des personnages et ce qu’ils ressentent.

Nous sommes essentiellement placés du point de vue de la jeune fille, Clarisse, qui voit son monde partir en lambeaux mais qui doit veiller sur son frère, trop jeune pour réellement comprendre ce qui est en jeu. Nous sommes dans un conte où se mêlent des scènes aux allures enfantines et d’autres beaucoup plus sérieuses pour nous confronter au sujet du film. On note une similitude entre le plan de la première et celui de la dernière scène du film, mais à la différence qu’entre ces deux plans de manèges, les enfants n’ont pas eu d’autres choix que de grandir prématurément.

Un film dur pour les esprits, mais dont on ressort rempli d’émotions !

Justine.














Angers Mag