Le Pillow-paintings, vous connaissez ?


Rédigé par Sébastien ROCHARD - Angers, le Mercredi 16 Janvier 2013 à 16:26


Mélanie Pasquier présente à partir du samedi 19 janvier à la Tour Saint-Aubin une exposition consacrée à son travail de Pillow-paintings, des petits tableaux à l’huile rendant hommage au cinéma d’Ozu et de Tarkovski. Découverte.



Le Pillow-paintings, vous connaissez ?
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Depuis 1989, c’est une constante : le festival Premiers Plans agite chaque année le petit monde du 7e art, mais plus généralement les artistes réunis par leur amour du cinéma. 2013 ne déroge pas à la règle. Il y a le programme officiel, et puis le « off » : toutes ces initiatives artistiques qui gravitent, au moins de manière temporelle, dans l’univers du festival consacré aux premiers longs métrages.

Parmi elles, l’exposition proposée par Mélanie Pasquier - originaire de Vendée et récemment installée à Angers - ne devrait pas manquer de ravir cinéphiles et esthètes de tout crin. Du samedi 19 au dimanche 27 janvier, l’artiste – par ailleurs infographiste - de 28 ans, expose à la Tour Saint-Aubin un travail composé d’une quarantaine de tableaux et consacré en grande partie à l’œuvre de ses cinéastes fétiches, Ozu et Tarkovski.

« Il y a une esthétique admirable dans leurs films, un travail sur la lumière, sur la nature et une poésie qui me touchent », explique Mélanie. Cette émotion et cette volonté de la transmettre au public se sont depuis deux ans matérialisées dans la réalisation de « pillow-paintings », référence aux plans de coupe – les pillow-shots -de natures mortes ou de paysages vides très présents dans le cinéma d’Ozu. « Lui-même rendait hommage, à travers ces plans de coupe à une forme très ancienne mais très répandue de la poésie asiatique, les pillow-words ou Makura Kotoba. Les auteurs se référeraient ainsi à l'émotion d'un autre poète lorsqu'ils exprimaient leurs propres sentiments ou pensées ».

Émotions en cascade, de la littérature au cinéma, puis aujourd’hui du cinéma à la peinture. A découvrir seul ou en triptyque, les tableaux de Mélanie Pasquier sont des arrêts sur image traduisant plus une émotion qu’une représentation précise des plans choisis. « Tout cela traduit le temps qui passe et le pourrissement des choses », poursuit la jeune artiste, qui travaille à l’huile sur du papier aquarelle lui-même collé sur des planches de bois peintes en noir. « Il y a une première couche, puis j’y apporte, dans un second temps, une technique personnelle, granuleuse, qui donne une impression de grésillement, comme sur une pellicule ». Une autre manière d’aborder l’esthétique du cinéma, en somme, bien dans l’esprit de Premiers Plans.

Exposition à voir à la Tour Saint-Aubin, du samedi 19 janvier au dimanche 27 janvier. Ouvert tous les jours de 10 heures à 18 heures. Entrée libre.











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