Le Quatuor Moulinet en tête de gondole


Rédigé par - Angers, le 27/11/2011 - 10:39 / modifié le 27/11/2011 - 14:16


A trois reprises dans la même journée, le Quatuor Moulinet a fait irruption au beau milieu de la galerie marchande Rive Sud à Mûrs-Erigné. La formation n’a pas eu beaucoup de peine à illuminer ce samedi consacré à la fièvre acheteuse des consommateurs.



Le spectateur aura eu le temps d’apprécier la maestria d’un quatuor qui mélange avec une extrême maitrise musicale les genres.
Le spectateur aura eu le temps d’apprécier la maestria d’un quatuor qui mélange avec une extrême maitrise musicale les genres.
Voilà une délocalisation qui n’avait rien de commun avec celles qui rythment la triste actualité industrielle. Celle-là ne ressemblait pas à une fuite à destination de lointains pays lancés à la conquête de marchés occidentaux. Initiée par le centre culturel Jean-Carmet, elle avait pour objectif d’amener la musique à la rencontre du grand public sur son terrain de prédilection.

Première d’une série qui compte plusieurs rendez-vous étalés tout au long de la saison, la programmation décentralisée avait choisi la galerie commerciale Hyper U pour cadre de sa première délocalisation. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’initiative fut particulièrement appréciée. D’autant qu’elle a surpris nombre de personnes qui ne s’attendaient pas à cet entracte musical dans ce lieu dédié au commerce.

Queue de pie, nœud papillon et cravate pour ces messieurs, robe longue, veste à revers pour ces dames, poitrine brodée d’un « M » magenta pour tous : le Quatuor Moulinet dégage une élégance de bon aloi quand il se présente derrière les pupitres dressés devant un rideau noir, juste en face d’un parterre improvisé par quelques rangs de chaises. Deux hommes et deux femmes impeccables dans leur tenue de gala constituent le groupe : Guillemette, Josy, Monsieur Gold et Jean-Eugène Moulinet reçoivent pour une cérémonie musicale qu’ils vont mener de main de maître.

La scène a pour cadre l’allée centrale de la galerie devant les vitrines du coiffeur et de l’opticien, en plein milieu des sorties de caisses : impossible de la rater. Ainsi, mêmes les clients les plus effacés ne pourront s’empêcher de mettre à profit leur temps d’attente pour apprécier le moment. Les autres prêteront une oreille attentive à un répertoire qui popularise la musique classique en l’émaillant de subtiles facéties (chute de partitions, couacs…). Rien d’étonnant à trouver quelques espiègleries au milieu de la représentation quand on sait que ce groupe burlesque fait partie de la Compagnie Jo Bithume.

Trombones, saxophones, trompettes, clarinettes : les quatre artistes ont délibérément choisi les cuivres comme moyen d’expression. Mais pas seulement, car en plein milieu de concert, ils vont abandonner leurs instruments pour se dévoiler collectivement a capella dans un numéro de chant de haute volée, avec notamment le solo d’une chanteuse aux vocalises de diva. Musique de films, musique classique, jazz, tango argentin, ballade irlandaise : il y en aura eu pour tous les gouts au cours des trois interventions d’une trentaine de minutes chacune…



Michel Barini
Contributeur Angers Mag - pour le secteur des Ponts de Cé et Murs Erigné. Collabore à la rédaction... En savoir plus sur cet auteur















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