Le cœur des Pays de la Loire (re)penche à droite


Rédigé par - Angers, le 14/12/2015 - 17:33 / modifié le 15/12/2015 - 13:31


En remportant les élections régionales aux dépens du premier vice-président socialiste sortant, Christophe Clergeau, le Républicain Bruno Retailleau fait revenir la collectivité dans le giron de la droite. Un retour à la normale, une conséquence inéluctable du national ? Sans doute en partie, même si elle n'exonère pas la gauche régionale de toute responsabilité.



Christophe Clergeau, l'actuel premier vice-président de la Région, deviendra vendredi le chef de l'opposition face au nouveau président élu, Bruno Retailleau.
Christophe Clergeau, l'actuel premier vice-président de la Région, deviendra vendredi le chef de l'opposition face au nouveau président élu, Bruno Retailleau.
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Droite-gauche ; rural-urbain ; national-local : le commentaire politique raisonne bien souvent de manière binaire, à tort ou à raison. Et s'il convient d'apporter un peu de nuance dans l'analyse des résultats de ce second tour des élections régionales dans les Pays de la Loire, force est de constater qu'ils révèlent un contraste assez marqué entre Bruno Retailleau et Christophe Clergeau, les deux principaux candidats de cette triangulaire (le dernier étant le candidat frontiste Pascal Gannat).
 
Mais restons dans un premier temps sur la nouvelle géographie politique issue de ces élections : vendredi matin, lors de la session d'installation du Conseil régional, la majorité réunie autour de Bruno Retailleau occupera 54 des 93 sièges de l'assemblée. Une forte présence qui, au-delà du retour en force de la droite, 11 ans après avoir abandonné la région au socialiste Jacques Auxiette (élu en 2004 puis largement réélu en 2010), lui assure une large majorité, pour les 6 ans à venir. Le reste des sièges se partage entre l'Union de la gauche et des écologistes (26 sièges) et le Front national (13 sièges), qui fait son retour sur l'île de Nantes, après 17 ans d'absence.
 
Un succès d'ampleur pour la droite, d'ailleurs reconnu comme tel dès avant 20 heures par Christophe Clergeau, qui constitue une petite surprise au regard de ce que laissaient augurer les résultats, au soir du premier tour. En tête au tableau d'affichage, Bruno Retailleau ne semblait ainsi pas avoir assez creusé l'écart pour se garantir un second tour de scrutin "tranquille". L'explication ? Une plus grande réserve de voix du côté de la gauche, et au-delà de la fusion des listes de Christophe Clergeau et Sophie Bringuy (EELV), dès le lendemain du premier tour.
Et l'échec de la gauche, au niveau local et régional -ou est-ce la victoire de la droite ?- se situe bien dans ces territoires ruraux où le votre Front national a pris ancrage, que ce soit lors des dernières élections départementales ou au premier tour des régionales.

Las ! Pour les "forces de progrès" -comme persistent encore à les appeler certains élus socialistes du Maine-et-Loire, le report de voix mécanique et réel n'aura pas suffit. La faute à une mobilisation citoyenne, constatée dans la région comme partout en France, qui a très largement profité à Bruno Retailleau.

Le cœur des Pays de la Loire (re)penche à droite
Dans les couloirs de l'Hôtel de Région, quelques chiffres circulaient dès 19 h 30, qui livraient un verdict sans appel : 45 % pour Retailleau - 35 % pour Clergeau et 20 pour Gannat. Bref, une large victoire qui s'est confirmée rapidement, même si l'ampleur du score a été atténuée en fin de soirée par les résultats définitifs des principales villes de la région (Angers, Nantes et La Roche sur Yon notamment).

Car qu'on le veuille ou non, ces élections marquent bien, en Pays de la Loire, une réelle différence entre le "vote des villes" et le "vote des champs". Caricatural ? L'analyse, par nature, force le trait, mais appuie souvent là où ça fait mal. Et l'échec de la gauche, au niveau local et régional -ou est-ce la victoire de la droite ?- se situe bien dans ces territoires ruraux où le votre Front national a pris ancrage, que ce soit lors des dernières élections départementales ou au premier tour des régionales.

En Vendée, dont il a été le président du Conseil général, en Mayenne ou dans le Maine-et-Loire, Bruno Retailleau a su gagner un grand nombre d'électeurs, porté "par sa personnalité et ce qu'il est" assuraient plusieurs leaders de la droite régionale, dimanche soir. On ne peut évidemment pas balayer d'un revers de main l'argument du contexte national, mis en avant par Christophe Clergeau et ses équipes, au soir de la défaite : 7 régions ont basculé à droite, à la faveur de cette élection. Mais chez le voisin breton, cela n'a pas empêché Jean-Yves Le Drian, l'actuel ministre de la Défense, d'être réélu haut la main, ni le Sud-Ouest de rester dans le giron de la gauche.

Manque d'assise nationale, tropisme nantais mal vécu, gestion cahoteuse de l'emblématique dossier de Notre Dame des Landes... ? Au-delà de la dynamique nationale, Christophe Clergeau et la majorité sortante ne peuvent sans doute pas faire l'économie d'une remise en question, comme la nouvelle majorité ne peut pas oublier le terreau sur lequel elle a été élue. Au risque de voir le balancier se dérégler. 

Christophe Clergeau et Christophe Béchu, le 13 juillet dernier, lors de la signature de l'accord cadre entre les deux collectivités.
Christophe Clergeau et Christophe Béchu, le 13 juillet dernier, lors de la signature de l'accord cadre entre les deux collectivités.
Mémoire courte ?
Très politique, la réaction du sénateur-maire d'Angers, Christophe Béchu (LR), à l'élection de Bruno Retailleau a été l'une des plus offensives vis-à-vis de la majorité sortante. Candidat battu lors du dernier scrutin régional en 2010, l'élu, "en tant que maire de la seconde ville des Pays de la Loire", indique se réjouir "de la victoire de Bruno Retailleau. C'est une immense satisfaction qu'une majorité de Ligériens et d'Angevins partage". Avant de poursuivre : "Désormais, Angers et son agglomération, qui depuis deux ans souffraient de l'indifférence voire du mépris de l'ancienne équipe régionale pour des raisons partisanes, auront au Conseil régional des Pays de la Loire une majorité plus attentive aux dossiers qui les concernent et qu'elles défendent".

Offensif, donc, mais avec un brin de mauvaise foi : il y a tout juste 5 mois, le président de l'agglo qu'il est signait avec... Christophe Clergeau, premier vice-président du Conseil régional, le tout premier accord-cadre définissant "une stratégie commune en faveur de l’économie, l’emploi et la formation". Christophe Béchu voyait alors, « dans cet engagement réciproque, un changement de culture profond ». Et les deux élus de conclure alors : « C’est la démonstration que l’on sait travailler ensemble sur un socle de qualité ». Dont acte.

Lire notre article "Economie : Région et Agglo unies comme les 5 doigts de la main ?" (13/07/2015)




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur















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