Le théâtre du Champ de Bataille en paix avec son histoire


Rédigé par - Angers, le Jeudi 15 Mai 2014 à 08:28


Installé dans les Hauts de Saint-Aubin, le Champ de Bataille concilie depuis 20 ans exigence littéraire et ouverture culturelle. Du boulot de pro sous un vernis artisanal qui fait son charme. Samedi, le festival "A tout bout de Champ" clôt sa saison.



Philippe Charozé, régisseur, Emma Climent, stagiaire « es » A Tout Bout d'Champ, et Florent Goulette, administrateur  et programmateur du Champ de Bataille.
Philippe Charozé, régisseur, Emma Climent, stagiaire « es » A Tout Bout d'Champ, et Florent Goulette, administrateur et programmateur du Champ de Bataille.
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Ah, cette guérite ! Combien de spectateurs ou de simples visiteurs du théâtre du Champ de Bataille se sont esbaudis devant le charme désuet de cet héritage du Pax, le cinéma de quartier qui a squatté les lieux au milieu du siècle dernier ? Son office n’a pas changé : aujourd’hui encore, c’est à travers sa vitre que l’on récupère auprès de Marie-Pascale, Madame Billetterie – qui ne pense pas que du bien de cette guérite qui l’oblige à se contorsionner pour voir la personne qui lui fait face – le précieux sésame qui permet d’accéder à la salle de spectacle attenante.

Là encore, tradition oblige, les portes ne s’ouvrent qu’au dernier moment. « Il y a un côté artisanal et associatif dans ces différentes pratiques », concède avec un brin de fierté le programmateur des lieux, Florent Goulette. Lui a rejoint l’aventure du Champ de Bataille au milieu des années 2000, « pour mener une vraie réflexion sur le public et mettre en place un budget programmation ». Sans faire table rase du passé, bien au contraire.

Idées claires, parole libérée, c’est d’ailleurs lui qui retrace pas à pas l’histoire du théâtre. Longtemps lieu d’éducation populaire, la vocation théâtrale du Champ de Bataille naît au tout début des années 1990. « Les artistes angevins n’avaient pas de lieu pour travailler ou effectuer des résidences. La Ville leur a mis à disposition les lieux », explique Florent.

"Nous revendiquons une chose auprès des collectivités, un budget de programmation qui assure, en plus du coût plateau, un minimum garanti pour les compagnies qui se produisent ici."

Pas de gradin – ils n’arriveront que dans les années 2000, donnés par le Nouveau Théâtre d’Angers – ni de scène : le Champ de Bataille, placé dès 1992 sous la responsabilité du Théâtre de la Mémoire (Philippe Mathé, Hélène Gay et consorts), n’est qu’une salle de répétition, « un lieu de travail où s’écrivent les projets artistiques des compagnies angevines ».

La ligne est tracée. Elle ne déviera qu’à la marge. Malgré la dissolution du Théâtre de la Mémoire en 1996, l’association La Parole D.E.L.I.E.E (Dire, Ecrire, Lire, Interpréter, Ecouter, Editer), qui a repris l’administration trois ans plus tôt, maintient le cap, bon an mal an. « La base, depuis l’origine, est de soutenir les auteurs contemporains, rappelle Florent Goulette. Le texte, l’écrit sont fondamentaux. Au cœur du projet, il y a les compagnies régionales émergentes que nous accompagnons au début de leur progression. Depuis 3-4 ans, nous connaissons une vraie hausse de la fréquentation et nous avons amélioré sensiblement la qualité de l’accueil, avec une reconnaissance institutionnelle… tout en réaffirmant notre engagement sur les auteurs contemporains et les compagnies émergentes ».

Au Champ de Bataille, on est exigeant. Et élitiste ? « Le lieu est de moins en moins vécu comme tel, affirme Florent Goulette, il est plus ouvert qu’avant ». La preuve, c’est la multiplication des actions en direction des scolaires et du jeune public, mais également la résidence pluriannuelle avec la compagnie angevine PaQ’la Lune. Un des spectacles créés durant la résidence, « Au Dancing des gens heureux », sera jouée au cœur du quartier des Hauts de Saint-Aubin, en programmation décentralisée.

Acteur de son environnement, le Champ de Bataille conserve une identité forte. Portail rouge à l’entrée, logo bleu (créé par les graphistes de Lucie Lom) rehaussé d’un corbeau – référence aux nombreux moulins qui tournaient au vent durant l’Ancien régime – ce théâtre a une âme et un charme singuliers. Qu’il s’agit de défendre becs et ongles : « Nous revendiquons une chose auprès des collectivités, un budget de programmation qui garantisse, en plus du coût plateau, un minimum garanti pour les compagnies qui se produisent ici », assume Florent Goulette.

Le maintien du festival kermesse « A tout bout d’Champ » (voir ci-après) nécessitera lui de trouver 20 000 euros. Une chose est sûre : au Champ de Bataille, on n’abandonnera pas le combat.

Contact : ici

Le théâtre du Champ de Bataille en paix avec son histoire
“La Femme Squelette” : petite sirène inuite

Ce samedi 17 mai, de 14 heures à minuit, dans le cadre d'A tout bout d'Champ 2014, journée marathon où s'entremêleront onze propositions artistiques pour tous les âges, le Champ de Bataille accueillera à 22 heures, en extérieur et dans un lieu inédit, « La Femme Squelette ». Une création dûe aux Monstrueuses, jeune compagnie angevine, qui sera présentée ensuite notamment à Namur et dans divers festivals de théatre de rue.
Rodée depuis quelque deux ans par la scénographe Roberta Pracchia et sa troupe, la pièce s'articule autour de l'abandon d'une fillette par son père en pleine mer. Dévorée par les poissons, elle se transforme en squelette. Pendant une heure, rythmée par les compositions de Vincent Erdeven (Zenzile), un corbeau narrera la métamorphose de la jeune fille.
Une sorte de conte initiatique aux influences burtoniennes et... inuites. « Chez ce peuple, indique Roberta, le corbeau est une divinité qui survole toutes les histoires, les transmet tel un griot ». Sagesse + expérience scénique faite de décors hors-normes et d'impressionnants costumes ? Soit. Reste à espérer que la météo soit de la partie. Une vilaine nuée et c'est « La Femme squelette » qui prendrait vraiment l'eau. Et serait annulée. Maraboutons dès maintenant les mauvais esprits et envolons-nous pour cet onirisme déjanté.

Cyrille GUERIN

Tarif : 5 euros. Pour tous les autres spectacles du festival, forfait unique : 5€ aussi.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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