Les Ardoisières d'Angers annoncent leur fermeture


Rédigé par - Angers, le 25/11/2013 - 18:00 / modifié le 26/11/2013 - 12:58


La direction des Ardoisières d'Angers a annoncé lundi l'arrêt à venir de ses activités, faute de gisement suffisant pour assurer son développement. Les représentants des salariés contestent l'argument et entendent s'opposer à la fermeture. 153 emplois sont en jeu.



Le site des Grands Carreaux à Trélazé restera-t-il le dernier site de production des Ardoisières d'Angers ?
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La mauvaise santé financière de l'entreprise n'était plus un mystère pour personne. La perspective même d'une restructuration non plus, parmi les ouvriers et employés du site des Grand Carreaux à Trélazé, régulièrement contraints au chômage partiel depuis plusieurs mois. Il n'empêche, l'annonce lundi du projet d'arrêt des activités des Ardoisières d'Angers a sonné comme un coup de tonnerre dans le ciel économique angevin qui n'avait pas vraiment besoin de cela.

Cette annonce s'est faite d'abord en interne, au sein du comité d'entreprise. Avant d'être relayée par la presse, via un communiqué officiel. Rappelant les moyens engagés depuis 10 ans à Trélazé pour explorer de nouvelles sources d'ardoise, susceptibles d'assurer son avenir, la direction de l'entreprise part d'abord d'un constat d'échec : "Ces recherches étant restées infructueuses, la Société ne dispose plus, désormais, des matières premières nécessaires au maintien de son activité."

Elle insiste ensuite sur sa situation financière dégradée : "Alors que le chiffre d'affaires des 10 premiers mois de 2013 s'est élevé à 10 millions d'euros, la société a généré une perte d'exploitation estimée à près de 4 millions d'euros (...). Cette situation ne pouvant se prolonger, la direction a fait part à ce jour, à ses instances représentatives du personnel du projet d'arrêt de ses activités."

Même les élus locaux ont semblé sonnés, à l'image de Jean-Claude Antonini, évoquant "un jour de grande tristesse pour l’agglomération angevine" ou de Marc Goua, le député-maire de Trélazé parlant, sans retenue, d'un "drame humain, social, économique et surtout patrimonial". "Humain", car ce sont d'abord 153 emplois qui sont en jeu dont près de 80% d'ouvriers, mineurs du fond et employés de l'atelier de production.

Des employés pour lesquels la direction des Ardoisières a dors et déjà fait part d'une batterie de mesures d'accompagnement, à commencer par une proposition de reclassement en interne, pour chacun, au sein du groupe Imerys, dont elle est une filiale à 100%. "Il y aura des aides à la création d'entreprise, des mesures de formation et l'entreprise compte s'engager fortement dans le plan de revitalisation du site", détaille Philippe Dufour, le directeur général des Ardoisières d'Angers, évoquant déjà, "la création d'une zone artisanale" sur le site même de l'entreprise à Trélazé.

La CGT défend un "contre-projet"

Seulement, avant que de pouvoir dérouler cette stratégie de sortie, la direction des Ardoisières d'Angers va devoir gérer une forte opposition manifeste au sein de son personnel. Dès lundi matin, les représentants CGT - syndicat ultra-majoritaire - des salariés au sein du comité d'entreprise, ont signifié leur opposition totale au projet de fermeture. Une position validée ensuite en assemblée générale dans l'après-midi sur le site des Grands Carreaux, où l'ambiance n'était pas à l'abattement mais à la mobilisation.

Michel Fenard (délégue mineurs) Eric Ripulles, secrétaire du comité d'entreprise, et Hervé Sabba, responable du syndicat CGT des Ardoisières, veulent se battre contre le projet.
Michel Fenard (délégue mineurs) Eric Ripulles, secrétaire du comité d'entreprise, et Hervé Sabba, responable du syndicat CGT des Ardoisières, veulent se battre contre le projet.
"L'argument de l'épuisement de la ressource ne tient pas pour nous, explique Hervé Sabba, le patron du syndicat, En dessous le gisement que nous exploitons actuellement, 4 sondages sur 5 ont identifié une zone de pierres de bonne qualité et en en quantité." Selon la CGT, exploiter plus en profondeur l'ardoise est une question de "volonté politique" et de "moyens".

Ce contre-projet, puisqu'il le dénomme ainsi, est "faisable", selon le syndicat, qui pointe les bénéfices du groupe Imerys et avance d'autres zones d'exploitation possibles, ne serait-ce que transitoire : "la descenderie des Fresnaies, qui n'a pas été fermée pour épuisement" ou encore le site de Grand-Maison, fermé en 1986 et géré alors par une autre société. Que valent réellement ces contre-propositions ? Qui les entendra ? Qui les soutiendra ?

Faute de réponse, une partie de bras de fer risque fort de s'engager dans les jours et mois qui viennent. "On utilisera tous les leviers, tous les jours et chaque heure pour s'opposer à la fermeture" indique Hervé Sabba. Entreprise et élus sont prévenus.

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Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Camille Zèbre le 26/11/2013 16:07 | Alerter
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Eh bien messieurs les syndicalistes, employés, ouvriers, vous n'avez plus qu'à faire comme la briqueterie Bouyer Leroux de la Seguinière. Une scoop.















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