Maurice de la Pintière au Logis Royal : des ténèbres à la lumière


Rédigé par Margot PAGE - Angers, le Jeudi 9 Juillet 2015 à 11:16


Jusqu'au 18 septembre, le logis Royal du château d’Angers abrite une « rétrospective » de Maurice de la Pintière, artiste et illustrateur résistant originaire de Vendée. L'exposition retrace sa vie à travers ses œuvres, fortement marquées par sa déportation aux camps de Buchenwald, Dora et Bergen-Belsen. Une véritable percée dans le cheminement spirituel de l'artiste.



Maurice de la Pintière au Logis Royal : des ténèbres à la lumière
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Petit, Maurice de la Pintière se promenait toujours avec un crayon et une gomme autour du cou, "c’était un enfant réservé, discret, qui s’exprimait par le dessin », témoigne son fils, Bruno de la Pintière. Il dessine sa famille, son environnement, la campagne, les animaux, il a une vraie vocation de peintre animalier. En 1940, il prépare en cachette l’école nationale des Beaux-Arts de Paris, contre les envies de son père, qui rêve pour lui d'HEC. Reçu aux Beaux-Arts, il acquiert une base académique qui lui permettra d’explorer différents styles artistiques.

Des ténèbres à la lumière : voilà le fil conducteur de cette exposition. Voyager dans le temps, à travers les œuvres de Maurice de la Pintière, c'est voir comment la politique marque son esprit ou l'horreur des camps noircit ses traits, mais comprendre également comme l'espoir est toujours présent et rejaillit, flamboyant, sur ses tapisseries.

Dessinateur satirique, il n’y va pas de main morte. Reprenant les influences de sa plus tendre enfance, Hitler et Staline sont représentés en vautour, et Mussolini transformé en grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf… Il dresse des caricatures lucides et s'engage dans la Résistance ; il distribue des tracts et fabrique des fausses cartes. Déporté en 43, il va vivre l’enfer des camps, et survivra, ne perdant jamais espoir.
 
Jean Lurçat l'encourage à la tapisserie, et c'est dans cet art-là qu'il va s'exprimer.

A son retour, ses dessins s'assombrissent. Ils abordent sans tabou la souffrance et la mort, frappent par leur réalisme et leur précision. Mais l'artiste n'a jamais cultivé le négativisme, il n'en veut pas aux Allemands. "Ses dessins sont avant tout un témoignage pour que cela ne se reproduise pas", précise son fils.

Où l'on mesure la proximité esthétique de Maurice de la Pintière avec Jean Lurçat.
Où l'on mesure la proximité esthétique de Maurice de la Pintière avec Jean Lurçat.
En 1946, il devient illustrateur pour la presse jeunesse, et se plaît à représenter des scènes joyeuses et dynamiques pour les enfants, une "bouffée d'air pur" pour l'artiste. Mais la tuberculose l'empêche de poursuivre ce travail et, face à la maladie, il prend beaucoup de recul. Cessant ses représentations animalières et réalistes, il s'intéresse aux symboles et s'adonne à une pure réflexion sur l'amour et la liberté. Jean Lurçat l'encourage à la tapisserie, et c'est dans cet art-là qu'il va s'exprimer.

Son sujet de prédilection : l'Apocalypse. Il l'étudie comme artiste, comme déporté et d'un point de vue plus spirituel, en revenant aux textes fondateurs, dans lequel il trouve un réel épanouissement. Georges Braque le disait très bien : "l'art est une blessure qui devient lumière". Pas besoin d'explications au regard de ses "4 cavaliers" ou son "Mandala", tapisseries vives et parlantes.

Maurice de la Pintière a consacré sa vie à l'interprétation de ce qu'il a vécu pendant la guerre. Cette exposition, c'est le travail et l'expression d'un amoureux du dessin et de la réflexion ; un homme qui cherchait des solutions graphiques à la liberté, l'amour, et l'espérance.

Hommage à Maurice de la Pintière. Du 8 juillet au 4 septembre : 9h30-18h. Du 5 au 18 septembre : 10h-17h. Exposition réalisée conjointement par le Centre des Monuments Nationaux et l'Université Catholique de l'Ouest.












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