"Melody Nelson", la belle "claque" des lycéens de Joachim du Bellay


Rédigé par Cyrille GUERIN - Angers, le Jeudi 3 Avril 2014 à 08:58


Mardi soir, au Chabada, l'orchestre du lycée Joachim du Bellay donnait sa version de l’évidemment inimitable "Melody Nelson" gainsbourien. Pendant une demi-heure pourtant, devant un public king size, on a intérieurement jubilé. Et versé une petite larme. Des gamins rassemblés, dans une France qui a perdu toute forme de magie, on en redemande. Avec eux, "le monde est un bel endroit..."



"Melody Nelson", la belle "claque" des lycéens de Joachim du Bellay
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Mardi soir, vers 22h, en revenant du Chabada, nous nous sommes branchés direct sur les chaînes d'info en continu. On s'était pourtant bien dit, promis, juré qu'on lâcherait l'affaire politicienne, politicarde ses reniements, ses déceptions, ses manœuvres aussi basses que viles. Mais non, l'actu, surtout en période trouble et de soubresauts dignes de la saison une de "Prison Break", nous rattrape nous pauvres êtres de la chose journalistique dévaluée et décotée. C'est notre came.

Alors, mardi on a encore écouté, zappé, entendu les uns et les autres spéculer, circonvolutionner, avaler des couleuvres -total respect à cet égard à Sandrine Mazettier. Et puis, à la faveur d'une coupure pub - comme quoi -, on s'est branché sur Hanouna Channel. A l'écran, "Seven" de Fincher. Un long-métrage multi-diffusé, certes. Mais, à l'instar d'un "Usual suspects", tout cinéphile qui se respecte ne peut se permettre de faire la fine bouche. Dans son deuxième film, le réal de "Zodiac" va, via un fil narratif implacable, une mécanique dépassant clairement le génie, jusqu'au bout de l'infâme. De la perversité. Le piège est tel qu'à chaque fois, on se laisse avoir.

Ainsi, mardi soir, oui j'ai à nouveau crié devant ma téloche à Brad Pitt de ne surtout pas tuer John Doe. Sans quoi ce dernier gagnerait. Rassurant puisque Morgan Freeman en faisait de même -c'est toujours mieux à deux. Alors oui, comme un gros naze, j'ai exhorté l'inspecteur Mills à ne pas tirer. A dépasser sa soif compréhensible de vengeance. Espérant que cette fois-ci, il allait m'entendre. Et bien non, une fois de plus, il a tiré le coup fatal. Passant ainsi d'innocent, dans tous les sens du terme, à coupable. Comment se termine "Seven", cette symphonie macabre plongeant dans les abysses les plus abjectes de l’âme humaine ? Par cette phrase lâchée par Freeman : "Ernest Hemingway a dit : "Le monde est un bel endroit qui mérite qu'on se batte pour lui"". Et d'ajouter : "J'adhère à la seconde partie". Nous aussi, plus que jamais.

Un futur Glee club à Joachim ?

Quel rapport entre "Seven", exemple d'absolutisme et la reprise par 60 lycéens de Joachim du Bellay -30 musiciens et 30 choristes auxquels on ajoutera les 20 élèves en charge de l'artwork - mardi au Chabada ? Dans les deux cas, on connaît sur le bout des doigts et des lèvres, les dites œuvres. L'une comme l'autre sont bâties sur une histoire -en 71, lorsque Gainsbourg et Jean-Jacques Vannier enregistrent ce Talisman de la pop française, imbibée d'un léger psychédélisme made in UK, ils parlent de concept album. Soit un disque entièrement basé sur un récit, une trame. Depuis, l'exercice a fait florès. Le Floyd ou Radiohead, même Djauni avec "Hamlet", s'y sont essayés. Et dans les deux cas, cette citation d'Hemingway résonne.

Contextualisons un peu. Mardi, inutile de se mentir ou de relativiser, on a pris une claque. Certains ces derniers jours aussi en ont pris une. Or, il y a claque et raclée... Claque car il n'aura fallu que cinq mois, soit une quinzaine de répétions - ce qui est peu - pour accoucher de cette imitation parfaite et vraiment impressionnante de "L'Histoire de Melody Nelson". Pierre Lebas, ex-Ruda, avait lors de diverses interviews rappelé, insisté qu'il ne fallait pas s'attendre, grosso modo, à une révolution ou à une relecture. La modestie de celui qui a, pour l'occasion, endossé le rôle de l'homme à tête de chou, a payé. Avec le chef d'orchestre Alexandre Boutet, il a opté pour la pure reproduction. Il aurait pu se planter, se ramasser.

Lebas et Boutet ont choisi l'humilité. Ils y ont ajouté la jeunesse, la fougue, la candeur et la magie de celle-ci. Quand 80 gamins qui feront le monde de demain (les plus anciens auront compris la référence) puisque nous, on s'est ramassé; quand ils réussissent à réunir familles, potes, profs mais aussi des curieux, quelque 600 spectateurs au total; quand ces mêmes gamins distillent une telle dose, une telle proportionnelle de magie en pleine face à une heure critique où une nation est tellement, dangereusement clivée, fracturée, on se dit qu'il y a encore des chances d'y croire. Et que chez Pierre Lebas, il y a un peu de Will Schuster. Un futur Glee club à Joachim ? "Don't stop believing!".












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