Michael Lonsdale : l’amour (de Dieu), la poésie


Rédigé par Tristan LOUISE - Angers, le Mercredi 27 Janvier 2016 à 08:18


On peut s’inspirer d’un grand poète (Paul Eluard) pour évoquer un grand homme du cinéma et du théâtre. L’homme de foi est à l’honneur de Premiers Plans et du Quai. Rencontre avec un sage un peu désespéré.



Michael Lonsdale, mardi matin à Angers
Michael Lonsdale, mardi matin à Angers
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Il faut s’y résoudre. La loi des médias est ainsi faite : priorité à la télé, stress des « encadrants », durée de vie pour des interviews de médias locaux très limitée. Cette loi vaut pour la présence de grandes figures de l’art, avec silence de monastère et tension dans l’espace dévolu à la rencontre comme amendements.

Avec Michael Lonsdale, on tombe sous le coup de cette loi. L’homme, pas vieux comme Mathusalem mais d’un âge honorable, a tout d’un grand qui force le respect et l’attention. Tout résumé de sa vie et de son oeuvre apparaît vain - les encyclopédistes le feront mieux que nous. C’est donc à son rythme que l’on s’installe dans l’échange. Au rythme de sa voix si particulière (une gravité pointue) et de ses souvenirs. Un premier émoi cinématographique ? « Très jeune, à Londres, avant la guerre. C’était encore avec la manivelle (rire). C’était un Chaplin et je me rappelle avoir bien rigolé ». Ses premiers désirs de jeu ? « Depuis toujours, j’ai envie qu’on me raconte une histoire. Tous les enfants aiment avoir peur, être émus. Chaque enfant qui ne connaît pas ça perd quelque chose. L’amour se transmet et l’amour fait vivre. Et, être comédien, c’est raconter une histoire ».
« Depuis toujours, j’ai envie qu’on me raconte une histoire. Tous les enfants aiment avoir peur, être émus. Chaque enfant qui ne connaît pas ça perd quelque chose. L’amour se transmet et l’amour fait vivre. Et, être comédien, c’est raconter une histoire »

Et Michael Lonsdale va plus loin : « J’ai été un enfant adultérin. On a caché mon existence pendant un an. Vous savez, les bébés ressentent tout ! Si l’art peut divertir, peut être plaisant, je pense qu’il a une raison plus profonde : c’est la part que l’enfant réclame. Jouer, c’est faire comme les enfants ».

Un début dans le métier ? « J’ai fait des choses alimentaires, tourné dans des films où ma seule réplique était : « Yes sir ». Cet argent m’a permis de m’acheter un rasoir électrique… c’était bien déjà. Et puis Jean-Pierre Mocky et François Truffaut sont venus me voir au théâtre, dans « Pour le meilleur et pour le pire ». Ils m’ont offert mes premiers vrais rôles et, à la suite de ça, j’ai pu avoir un agent et choisir ce que je voulais faire ». Et comme tous les grands hommes, Michael Lonsdale a l’anecdote qui tue : « C’était à l’époque où je jouais au théâtre avec Laurent Terzieff. Un soir, j’ai un mot de la concierge espagnole qui ne parlait pas très bien le français. elle me dit que je dois rappeler en urgence un certain Wils. Je le fais et quelqu’un me dit, au bout du fil : « I’m Orson Welles ». J’ai d’abord cru à une blague. Avec du recul, j’avais été étonné qu’Anthony Perkins soit présent dans le petit théâtre où l’on jouait avec Laurent. J’ai compris qu’il était l’émissaire de Welles. Ce monstre du cinéma cherchait un acteur français parlant anglais. C’était pour « Le Procès » de Kafka »

Voilà… La suite, c’est l’évocation du rôle de frère Luc dans Des hommes et des dieux  de Xavier Beauvois, « plus qu’un rôle… un modèle absolu », l’importance de la poésie, ces « fleurs de la parole, témoins de l’invisible », qu’il se met en bouche avec Titi Robin dans le spectacle « L’Ombre d’une source » et avec Charles Péguy qu’il met en voix dans « Entre ciel et terre », tous deux présentés au Quai cette semaine.
Et puis… et puis… le vieux sage, nostalgique d’un temps de droiture, d’honnêteté (on ne sait quelle époque ?), pourfendeur d’une modernité de « pourriture politique », annonce l’invasion des Africains puis des Chinois, tous très fertiles, n’est-ce pas ? On ne vous en veut pas, mister Lonsdale. La vieillesse fait parfois divaguer. Et avant que quelqu’un possède votre histoire et votre carrière, on sera nous-mêmes très très vieux.

Michael Lonsdale présente "Entre ciel et terre", une mise en voix de Charles Péguy, au Quai, ce mercredi et jeudi soir, à 19 h 30. Billetterie Le Quai : 02 41 22 20 20

Deux hommes et des mots
 
Lundi soir, dans un T 900 du Quai comble, le gadjo angevin Thierry « Titi » Robin et le comédien Michael Lonsdale ont offert un récital poétique, ou une lecture musicale, selon l’appréhension de chacun, joliment baptisée « L’ombre d’une source ». Et tout n’était que (grand) calme, (vrai) luxe et (réelle) volupté. Titi Robin est dans son écrin créatif : les cordes oud, guitare et bouzouq réinventent (c’est de l’impro maîtrisée) un espace gitano-oriental, souvent envoûtant, parfois fiévreux. Michael Lonsdale s’immisce dans cet univers avec humilité et gravité. On ne vous cachera pas que le monsieur marche péniblement, « entend haut », semble parfois dormir. Cela donne à l’ensemble un petit côté hors du temps, hors de tout. La poésie de Robin est simple et jolie ; souple et fugace. Ombre : le mot est bien choisi quand on y réfléchit.












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