Michèle Cros, Dame Nature...


Rédigé par - Angers, le 30/12/2013 - 07:43 / modifié le 31/12/2013 - 18:27


Depuis près de 20 ans, Michèle Cros cultive son goût de la nature au sein des « Douces Angevines », entreprise artisanale de cosmétiques bio.



Michèle Cros dans son laboratoire à Soucelles
Michèle Cros dans son laboratoire à Soucelles
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C’est un trou de verdure où chante une rivière ». Qui mieux qu’Arthur Rimbaud, et son « Dormeur du Val », pour mettre des mots sur un paysage ? Celui-là se trouve à Soucelles, au cœur des Basses vallées angevines. Il y a une quinzaine d’années, c’est ici que Michèle Cros a choisi de poser ses valises, dans une maison surplombant le Loir : « C’est un paysage magnifique en toutes saisons, même l’hiver, lorsque l’eau recouvre les vallées environnantes, à perte de vue ».

Oui, qui mieux que le poète maudit pour mettre en musique la vie de cette fille de la Méditerranée ? « La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom »... Michèle Cros a emprunté au génie littéraire le nom – Aube d’été – du premier produit qu’elle a créé, il y a plus de 20 ans. Les Douces Angevines, entreprise de cosmétiques bio, sont nées en 1994, reliant enfin la sensibilité de Michèle Cros à son destin professionnel.

Institutrice, professeur de français – elle est titulaire d’une maîtrise de lettres modernes – sa carrière enseignante est riche, mais le mot se fait rare à l’heure d’y revenir. « C’est une autre vie, quelque chose que je n’aimais pas forcément », commente juste Michèle, beaucoup plus loquace à l’évocation de son enfance méditerranéenne. « Mes parents étaient instituteurs en Algérie, j’ai passé ma petite enfance dans l’est algérien, à Sedrata, puis à Annaba, au milieu des collines de jujubiers ».

« Passionnée, tout feu, tout flamme ».

Odeurs d’épice et de soleil, toujours, lors des vacances dans la famille, en pays cathare. « Ce sont mes grands-mères qui m’ont initiée aux plantes médicinales. Je me souviens de la lavande et de la lavande aspic avec lesquelles elles fabriquaient du vinaigre et de l’alcool. A partir de cette époque, toutes les senteurs qu’on peut trouver dans la nature, me passionnent ». De là à en faire un métier ? « Non, mon rêve d’enfant puis d’adolescente était d’être danseuse ».

La réalité, c’est le retour en France, à Angers, une fois le bac passé, puis des études de lettres et une première vie professionnelle peu épanouie. Le déclic, c’est la reprise d’études d’herboriste et ce désir latent de « comprendre de mieux en mieux la relation très particulière au monde du végétal ».

« J’ai toujours évolué dans un univers naturel, on faisait attention aux plantes, attention à ce que l’on mangeait », témoigne Julie, la fille de Michèle qui est aussi en charge des relations publiques des Douces Angevines. « Ma mère a un tempérament passionné, tout feu tout flamme, un côté motivant et entraînant pour tous. Elle est beaucoup plus à l’aise dans son laboratoire que sur les salons professionnels... »

Pionnière de la bio-cosmétique au début des années 1990, Michèle Cros reste, 20 ans plus tard, « une sorte d’ovni ». à Soucelles, tout est artisanal, de la création d’un produit – qui peut demander jusqu’à un an – à sa fabrication puis à sa commercialisation. En 2013, plus de 30 000 flacons auront quitté les bords du Loir pour rejoindre les biocoops, instituts de beauté ou magasins spécialisés de nombreux pays.

Un engagement que la Douce Angevine en chef – l’entreprise emploie aujourd’hui six salariés – érige en philosophie. Au-delà de la qualité de ses produits et du triptyque « stabilité, efficacité, plaisir », Michèle porte les vertus profondes des plantes. « C’est un champ inépuisable. Dans ce petit trou du bord de Loir, je peux faire faire le tour du monde à mes clients, de la Vallée des Roses au Maroc, en passant par le Japon, l’Amazonie... ou le safran de Brissarthe ».

De l’Antiquité égyptienne ou hindoue aux techniques actuelles, l’herboriste ne cesse d’explorer les connaissances pour en livrer la substantifique mœlle à ses clients. « La cosmétique n’est pas superficielle, ça tient du rapport à soi. Il faut que les gens se libèrent du marketing pour aller vers quelque chose de plus profond ».

Michèle Cros, Dame Nature...
BIO-EXPRESS

1953. Naissance à Carcassonne. Enfance et adolescence en Algérie.

1970. Arrivée en Anjou. Maîtrise de Lettres modernes.

1994. Création des Douces Angevines, à Angers, avant un déménagement à Soucelles.

2013. Oléa Antica, baume des origines, est la 45e création des Douces Angevines.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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