Mineurs étrangers isolés, de l'imbroglio au conflit


Rédigé par - Angers, le 11/06/2013 - 18:40 / modifié le 12/06/2013 - 08:21


Les responsables de leur collectif de soutien avaient pris rendez-vous avec Christophe Béchu ce mardi après-midi. Mais ils n'ont pas été reçus et se disent "attristés". Après la plainte dont il fait l'objet, le président du Conseil général estime lui que les conditions du dialogue ne sont pas réunies.



Vendredi dernier, trois migrants mineurs ont déposé plainte contre le président du Conseil général. Ce dernier considère désormais que le dialogue est rompu entre lui et le collectif de soutien.
Vendredi dernier, trois migrants mineurs ont déposé plainte contre le président du Conseil général. Ce dernier considère désormais que le dialogue est rompu entre lui et le collectif de soutien.
L'affaire tourne au conflit ouvert. Pour ne pas dire au vinaigre. Au centre du différend qui oppose, depuis plusieurs semaines, le Conseil général de Maine-et-Loire à un collectif d'associations (Cimade Anjou, Collectif des droits de l'enfant, Ligue des Droits de l'Homme, Pastorale des Migrants....), la situation de plusieurs jeunes migrants africains arrivés ces derniers mois à Angers et aujourd'hui dépourvus d'accompagnement social et d'hébergement stable.

Ils seraient une demi-douzaine, mineurs étrangers isolés selon leur désignation juridique, et à ce titre, devraient logiquement être placés sous la responsabilité des services de protection sociale de l'enfance de Maine-et-Loire. Sauf que Christophe Béchu, le président du département, a décidé en mars de mettre un frein à leur accueil, faute de place dans les structures d'hébergement spécialisées du département, et de moyens. Une position qu'il a justifié à plusieurs reprises, renvoyant l'Etat, en charge de la politique migratoire en France, à ses propres responsabilités.

Le Maine-et-Loire n'est pas le seul département où se pose le problème. Et il y a quelques jours, le ministère de la justice a annoncé la mise en œuvre d'une réforme visant à accompagner financièrement les Conseils généraux dans leur mission de prise en charge et à mieux réguler sur l'ensemble de la France l'accueil de ces mineurs. Seul hic, selon leur collectif de soutien, la situation des migrants concernés sur Angers n'a toujours pas bougé.

Qui pour débloquer la situation ?

"Plusieurs mineurs isolés étrangers demeurent à la rue à Angers depuis la mi-février dernier (4 mois). Ils ne sont pas dangereux, ils sont en danger" , insiste Bruno Magniny, le président de la Cimade Anjou, pour qui "le Conseil général du Maine-et-Loire ne remplit pas sa mission d’Aide Sociale à l’Enfance" et "ignore les décisions de justice (Juge des Enfants) qui le lui demandent".

Ce mardi après-midi, des représentants du collectif avaient rendez-vous avec Christophe Béchu, un entretien "confirmé à plusieurs reprises" selon eux. Mais ils ont trouvé porte close, "pour la seconde fois" après la journée du 29 mai où ils avaient tenté de confier les jeunes à l’ASE (Aide sociale à l'enfance) à la Cité Administrative, déplorent-ils, pointant "un manque de respect et d’esprit républicain, un dédain pour ces jeunes, enfants à la rue délaissés".

Mais au cabinet du président du Conseil Général, on ne voit pas les choses tout à fait sous le même angle. "Oui", un rendez-vous avait bien été fixé. Mais depuis la plainte déposée par les mineurs contre Christophe Béchu la semaine dernière, ce dernier estime que "les conditions du dialogue ne sont plus réunies". En clair, le patron du département refuse de négocier un pistolet sur la tempe. Toujours selon son cabinet, il en aurait informé la Cimade lundi par courrier.

Pas de dialogue donc. Et, par conséquent, toujours pas de solution pour les migrants concernés. Reste à savoir si le préfet de Maine-et-Loire, François Burdeyron, qui avait fait part récemment de son intention de désengorger les dispositifs d'accueil de migrants en Anjou, interviendra ou pas pour débloquer la situation. En toute logique, c'est aussi vers lui que se tournent désormais les regards des acteurs de ce dossier.



Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur















Angers Mag











Angers Mag : Séance critique : "Ma'Rosa" de Brillante Mendoza: Dans Séance critique, deux fois par... https://t.co/UXYZ0kjrdt https://t.co/JrsEK1vwBv
Samedi 10 Décembre - 11:00
Angers Mag : « Ces pédagogies ne sont pas ignorées »: Et l’Education Nationale ? Quel regard... https://t.co/JnPQWXILNL https://t.co/5glkXOM6T3
Samedi 10 Décembre - 07:45
Angers Mag : #JPEL "Contre le complotisme, on ne peut pas enrayer tout (...) Mais on peut entraîner les cerveaux." 👏👏JB Schmidt… https://t.co/6pn23fJUHD
Vendredi 9 Décembre - 15:01
Angers Mag : L'indépendance, un état d'esprit ? #Angers Mag bien chez soi à la journée de la presse en ligne à Paris. #JPEL https://t.co/EpAgR2dt6N
Vendredi 9 Décembre - 12:17



cookieassistant.com