Mitterrand et Béatse, les deux Frédéric dans la cour de récréation


Rédigé par - Angers, le 16/11/2013 - 10:09 / modifié le 16/11/2013 - 11:39


« La récréation », c’est le dernier pavé du neveu du défunt président de la République François Mitterrand. L’ex-ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, y égrène au fil de ses journées au gouvernement, portraits, impressions et confidences. Et parmi ces rencontres celles avec le Maire d’Angers, Frédéric Béatse.



Frédéric Béatse et Frédéric Mitterrand autour de la récréation
Frédéric Béatse et Frédéric Mitterrand autour de la récréation
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Il faut aimer l’intimité des salons ministériels pour lire un tel bloc de papier. 726 pages écrites par Frédéric Mitterrand, c'est déjà un moment de bravoure. Surtout que mine de rien, un ministre de la Culture, ça en voit passer des vernissages, spectacles, cocktails mondains, et autres rencontres : artistes, hommes d’État et même des maires comme celui d’Angers, à peine élu et déjà empêtré dans une affaire avec le CNDC (Centre National de Danse Contemporaine) dont la municipalité ne souhaite pas renouveler le contrat avec la directrice Emmanuelle Huynh.

Dans ce livre on peut y lire que Frédéric Béatse qui remplace Jean-Claude Antonini depuis le 26 janvier 2012, aurait attiré l’attention du ministre de la Culture, le 25 avril 2012. Frédéric Mitterrand qui prend connaissance des problèmes culturels d’Angers note à la page 714 qu’il découvre « un véritable complot visant à évincer dans mon dos Emmanuelle Huynh, la directrice du CNDC d’Angers ».

Et de poursuivre : « La mairie d’Angers et le délégué à la danse du ministère sont les intrigants de cette « vraie saloperie ». Tous ceux qui suivent l’actualité culturelle d’Angers se rappellent de cette affaire qui avait fait la Une de la presse locale et de la presse spécialisée.

Lui-même remercié lors du changement de Président de la République, Frédéric Mitterrand n’a jamais eu la considération du Parti Socialiste, il le note a plusieurs reprises dans son ouvrage. Sa nomination par un Président de droite a fait elle aussi la une des journaux. Les relations avec le maire PS d’Angers ne pouvaient donc pas être des plus cordiales.

Le 30 avril, l’ex-ministre note en page 716 : « Le maire d’Angers est bien le type le plus antipathique auquel je m’attendais. Rien à voir avec son prédécesseur, également socialiste, mais vif, ouvert, amusant ». Le courant ne passe pas entre les deux hommes.

« Celui-là est sentencieux, borné, décidé à avoir la peau d’Emmanuelle Huynh », poursuit Frédéric Mitterrand l’accusant même de « ne pas avoir la moindre idée du travail qu’elle a accompli » et mieux, « de ne rien connaître à la danse ». Pour le ministre de l’époque, Frédéric Béatse « veut à tout prix marquer son territoire tout neuf ».

Frédéric Mitterrand note même : « je lui ai dit que j’ai les moyens de l’en empêcher, car le ministère assume une bonne part de la subvention et que je ne m’en priverai pas. Il hausse les épaules, son œil vague fixé sur le compteur ». Visiblement pas très cordiale la rencontre…

L’histoire ne lui donnera pas raison puisqu’il quittera le ministère de la Culture le 16 mai 2012, remplacé par une « vraie » socialiste, Aurélie Filippetti. Quant à Emmanuelle Huynh elle quittera le paquebot du Quai où est installé le CNDC à l'été 2012, remplacée par Robert Swinston, l’ancien directeur de la compagnie de Merce Cunningham.




Yannick Sourisseau
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1.Posté par Valentin M. le 16/11/2013 14:27 | Alerter
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Frédéric Mitterrand ne fait qu'écrire ce que beaucoup d'autres - dont Jean-Luc Rotureau - ont pu expérimenter à leurs dépens : la bonhommie affichée par Frédéric Béatse en public dissimule un vrai sectarisme.















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