Na Grani : au-delà des frontières... du hip-hop


Rédigé par Florence Macquarez - Angers, le 17/04/2011 - 09:29 / modifié le 19/04/2011 - 08:21


On peut tout faire avec son corps : bouger, sauter, danser, et même voler… C’est ce qu’ont dévoilé avec brio les danseurs de la compagnie S’Poart dans leur spectacle Na Grani donné jeudi dernier au Quai, dans le cadre de la programmation du CNDC. Cette troupe regroupant cinq danseurs russes et autant de français séduit par son talent autant que par ses performances.



Na Grani : au-delà des frontières... du hip-hop
A l’origine de ce spectacle, le voyage du chorégraphe Mickaël Le Mer à Ekaterinbourg, en Russie, et la rencontre de cinq danseurs russes qui intègreront sa troupe. Centre industriel situé à la frontière de l’Europe et de l’Asie, la ville d’Ekaterinbourg a inspiré le chorégraphe par ses multiples facettes. Facettes que l’on retrouve dans les lumières du spectacle Na Grani (frontière en Russe) oscillant entre le blanc métallique, le bleu de l’aube, et le violet crépusculaire.

A la limite de l'équilibre

Autour de grands cubes de forme trapézoïdale plantés dans le décor (du moins c’est ce que l’on croit au départ), les danseurs marchent d’un pas rapide, se croisent, s’épient ou s’ignorent, sous le halo de néons blancs. Jusque là un rien classique, le spectacle prend son envol avec les lueurs de l’aube, légèrement bleutées. Vêtus de tenues citadines, de noir ou d’ocre sombre, ils se mêlent pour former des duos ou des trios parfois à la limite de l’équilibre. L’interférence des corps est palpable, notamment dans les duos aux allures combatives : nul vainqueur, nul vaincu, mais un formidable équilibre entre les corps qui se rejettent et se retiennent.

Et puis, il y a le hip-hop, danse urbaine sur laquelle la compagnie S’Poart a forgé son histoire en 1996. Par petites touches d’abord, puis très largement, au rythme de la très belle musique accompagnant le spectacle (mix entre Philippe Glass et J.M. Jarre). Un hip-hop comme celui-ci, on en veut bien tous les jours, dans les rues d’Angers ou de Pellouailles-les-Vignes, car il est unique. Bien sûr, les danseurs tournent sur leur tête, manient bras et jambes comme de vrais pros à New York. Mais en plus, ils osent le léger, l’aérien, retournent nos fameux cubes (qui ne sont donc pas, ou plus des immeubles), les escaladent en un saut pour former un ballet époustouflant depuis le toit du monde.

Le spectateur retient son souffle, gère son regard du mieux qu’il peut pour observer l’espace qui s’élargit d’instant en instant. Les danseurs sont partout, sur toute la scène, en haut, en bas, à gauche, à droite, sportifs et fluides à la fois. En basket ou pieds nus. En pantalon de ville, ou jupe légère. Un temps généreusement éclairés, ils deviennent silhouettes, puis ombres chinoises... Mais leur souffle demeure. Tels des survivants qui s’agitent encore après les derniers soubresauts de la ville. Pas forcément gai, mais très beau et profondément humain.
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