Nicolas Briançon : "Encore un an pour restructurer" le festival d'Anjou


Rédigé par Cédric SOULIÉ - Angers, le 10/06/2013 - 13:09 / modifié le 10/06/2013 - 13:22


Le 64e festival d'Anjou s'ouvre demain au château du Plessis-Macé. Pour Angers-Mag, Nicolas Briançon, son directeur artistique, revient sur la création du Concours des Compagnies, son bébé en qui il voit « une belle réussite ». Après dix ans de direction, il évoque aussi sa succession, ses projets et ses regrets concernant l'implication la ville d'Angers



Nicolas Briançon, directeur artistique du festival d'Anjou depuis 10 ans. Il pourrait passer la main l'année prochaine. D'ici là, il lance un appel à la ville d'Angers. (©  Sarah Laure Estragnat)
Nicolas Briançon, directeur artistique du festival d'Anjou depuis 10 ans. Il pourrait passer la main l'année prochaine. D'ici là, il lance un appel à la ville d'Angers. (© Sarah Laure Estragnat)
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Pourquoi un concours des compagnies ?
"Pour deux raisons : venir en aide – financièrement – aux compagnies qui ne bénéficient d’aucune aide ou subvention de l’Etat. Et donner un coup de projecteur sur des spectacles ou pièces méconnus du grand public mais qui en valent la peine. Ce concours a aussi la vocation à présenter de jeunes compagnies qui malheureusement ne mangent pas toujours à leur faim. C'est un réel coup de pouce pour elles".

Comment sélectionnez-vous les spectacles ?
"C’est un peu le fait du prince ! Je sélectionne chaque année plusieurs spectacles que j’ai pu voir ici et là. Cela repose sur mes envies mais aussi sur l’enthousiasme, la poésie et l’écriture de la pièce. Depuis la création du concours, j'ai toujours essayé de mélanger les genres, de proposer plusieurs facettes théâtrales. Et je ne pense pas m'être beaucoup trompé dans mes choix".

Quel est votre coup de cœur parmi vos choix ?
"Sans aucun doute le prix du jury et du public, en 2008, décerné à la compagnie allemande Familie Flöz pour Teatro Delusio. Cette année-là, il joue devant 350 personnes. Et la saison suivante, je les reprogramme et ils pètent la baraque devant 850 personnes à guichet fermé ! C'est aussi ça la magie du concours des compagnies. La magie de la découverte qui engendre parfois le succès public."

Vous êtes à la direction artistique du festival d'Anjou depuis 10 ans. Est-ce le moment propice pour passer la main ?
"J'y pense en effet. J'ai vécu des moments merveilleux durant ces 10 ans et je crois qu'il est temps de passer à autre chose. Mais je m'accorde encore un an pour restructurer le festival et proposer de nouvelles collaborations".

Concrètement ?
" Et bien, je ne désespère pas que la ville d'Angers soutienne "concrètement" le festival d'Anjou. C'est une aberration à mes yeux qu'elle ne soit pas plus partie prenante dans son organisation. Nous avons tenté d'associer la ville à maintes et maintes reprises, notamment dans l'organisation de spectacles au Quai par le biais de Frédéric Bélier-Garcia – avec qui, au passage, je m'entends très bien –, mais rien n'a jamais pu se faire. C'est d'autant plus désolant quand on sait qu'historiquement le festival d'Anjou s'appelait le festival d'Angers. Enfin, ne nous plaignons pas ! Cette année, la ville nous a ouvert les portes du Grand théâtre, le 25 juin, pour la pièce de Gérard de Nerval "L'Opéra d'un fou" (sic)".

Comment expliquez-vous ce manque de soutien de la ville d'Angers ?
"Je n'en sais rien même si j'ai ma petite idée. Il est sans doute lié à l'histoire. C'est un peu comme ces vieilles querelles corses : "On est fâché mais on sait plus pourquoi !". C'est vraiment dommage pour une ville comme Angers."


Les nommés 2013 sont…
Les compagnies en lice cette année pour le concours sont : Mises en capsules avec leur spectacle « Le Porteur d’histoire », les Dramaticules avec « Richard III », les Carbonis avec « Le Pays des galéjeurs », la Cie Orten avec « Le Cercle de craie caucasien » et la Cie des Sans Cou avec « Masques et nez ». Et face à elles, le jury composé de la directrice du théâtre de la Pépinière, des comédiennes Caroline Verdu, Florence Pernel et Ana Girardot, de la journaliste Tristane Banon et du comédien Niels Schneider. La remise des prix (entre 1 000 et 20 000 euros) aura lieu le samedi 6 juillet.

Relire la présentation de l'édition 2013 du festival d'Anjou sur Angers Mag Info.

Tout le programme sur le site du festival d'Anjou.



















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