Notre Dame des Landes : les opposants veulent gagner la bataille de l’opinion publique


Rédigé par - Angers, le 12/12/2012 - 16:51 / modifié le 13/12/2012 - 11:23


Depuis le dernier grand rassemblement des opposants, le projet d’aéroport du Grand Ouest, à Notre Dame des Landes suscite le débat sur l’ensemble de l’hexagone. Le nombre de comités d’opposition augmente au fil des jours et les réunions permettant de sensibiliser l’opinion publique se poursuivent. La dernière en date, mardi soir à Angers, a fait salle comble.



Les intervenants du débat d'hier soir : de G. à D. Julien Durand, Benjamin Hoggomat,  Françoise Verchère et Dorian Piette
Les intervenants du débat d'hier soir : de G. à D. Julien Durand, Benjamin Hoggomat, Françoise Verchère et Dorian Piette
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Il ne se passe pas un jour sans que l’on soit amené à parler de la petite bourgade de Notre Dame des Landes (44), commune où la société Vinci Airports, spécialisée dans la construction d’équipements aéroportuaires, entend construire, avec le soutien de l’État et des collectivités territoriales, le très contesté aéroport du Grand Ouest.

Depuis la démonstration de force du 18 novembre dernier et l’intervention musclée des forces de police la semaine suivante pour déloger les occupants du site - lesquels sont depuis hier considérés de nouveau "expulsables" par la justice -, des comités d’opposants très actifs se sont constitués partout en France et notamment dans la région des Pays de la Loire, territoire directement impacté par ce nouvel équipement.

Le Maine-et-Loire en compte déjà trois, dont un à Angers. Trois autres sont en cours de constitution. C’est précisément le comité angevin, lequel s’est illustré dimanche sur de nombreux médias en rebaptisant le boulevard Ayrault, en impasse Notre Dame des Landes, qui organisait hier soir une réunion publique ouverte à tous.

L’objectif de cette réunion, à laquelle participaient 350 personnes, salle Thiers-Boisnet, avait pour objectif, ça va de soi, de donner des informations différentes de celles que diffusent les promoteurs du projet et surtout rallier à leur cause un nombre croissant d’opposants.

« Nous ne voulons plus discuter, nous voulons l’arrêt du projet »

Un public dense et particulièrement attentif participait à ce débat
Un public dense et particulièrement attentif participait à ce débat
Participaient à ce débat, Julien Durand, porte-parole de l’ACIPA (Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport) et leader charismatique de la contestation locale, Françoise Verchère, conseillère générale de Loire Atlantique (PG) du canton de Rezé et ancien maire de Bouguenais, commune sur laquelle est installé l’actuel aéroport de Nantes, ainsi que deux juristes, Benjamin Hoggomat de France Nature Environnement et Dorian Piette d’Europe Écologie les verts.

Après avoir présenté des tableaux comparatifs entre les coûts de l’aéroport existant et le nouveau ainsi que l’impact sur l’environnement notamment dans ce secteur constitué de zones humides et de terres cultivables, les intervenants ont dénoncé le principe des réunions de dialogue, à toutes les étapes du projet, proposé par le premier ministre.

« Nous ne voulons plus discuter, nous voulons l’arrêt du projet », s’enflammait Julien Durand. « L’ACIPA compte aujourd’hui plus de 4000 adhérents. Nous avons vu naitre un formidable élan de solidarité et un mélange intergérationnel avec les « Zadistes », les jeunes qui défendent le site. En face on pariait sur une division entre les différents groupes. Nous sommes toujours là plus unis que jamais ».

Propos repris par Françoise Verchère qui soutient également les jeunes opposants. « On a voulu sensibiliser l’opinion publique en parlant de casseurs cagoulés commettant des actes de guérilla rurale. Nous avons découvert que ces actions provenaient de gardes mobiles infiltrés visant à décrédibiliser la résistance qui s’est installée. Ce sont des méthodes de barbouzes. Retirez les forces de l’ordre et il n’y aura pas de casse à Notre Dame des Landes ».

« On connaît mieux le dossier que les porteurs de projet »

Pour Françoise Verchère, tout le dossier est faux depuis le début. « L’inventaire de la faune a été effectué à la mauvaise saison pour démontrer que certaines espèces n’existaient pas. Les expertises environnementales ont été réalisées par des cabinets payés par le porteur de projet ».

Ce qui révolte les opposants locaux et notamment Julien Durand c’est que ce projet intéresse certains agriculteurs, « des vautours » qui attendent que tous les paysans en place soient expulsés pour récupérer les terres (celles qui ne seront pas utilisées). « La plupart des syndicats sont contre, mais sur le terrain, il n’y a guère que la Confédération Paysanne et quelques indépendants. Quant à la Chambre d’Agriculture qui devrait nous défendre, elle a touché un gros chèque de Vinci pour suivre le dossier ».

Présent dans la salle, Vincent Dulong, l’élu régional écologiste (EELV) et adjoint au Maire d’Angers, s’est fait interpeller, certains demandant que les écologistes démissionnent afin de réduire la marge de manœuvre de la majorité au Conseil Régional. « La question se pose, mais si l’on part, le PS conservera tout de même la majorité relative. Je pense qu’il vaut mieux rester membre du Conseil pour pouvoir développer des argumentaires sur les projets de territoire et notamment pour Angers-Marcé ».

Ce que les participants à ce débat auront retenu, c’est que dans cette affaire, c’est l'expertise citoyenne qui est mise en avant. « On connaît mieux le dossier que les porteurs de projet, puisqu’on y travaille depuis plus longtemps », constatait Françoise Verchère. « C'est ensemble que l'on construit la vie que l'on veut mener ».

Félicitant le comité angevin pour sa dernière action, très médiatisée, Julien Durand a appelé à gagner en sympathie avec l'opinion publique par des actions symboliques menées sans agressivité. « Ne gâchons pas la bataille de l'opinion publique ». Il a également appelé chacun a renvoyer sa carte d’électeur au Président de la République, l’envoi étant gratuit pour l'Élysée, avec le logo de l’opposition dessus afin de signifier le désaccord.




Yannick Sourisseau
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1.Posté par Anjou le 12/12/2012 19:29 | Alerter
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Les écologistes du gouvernement sont totalement inactifs en son sein.
L'argument qui consiste à dire "on reste, comme ça on peut faire changer les choses " est un mensonge.Ils n'ont jamais été actifs ( sauf au moment des élections).

Je n'ai pas de souvenir de leur combat contre ce pacte budgétaire européen et la règle d'or.... mais peut-être que ça ne ne concerne pas les écologistes ...
Je défendrai l'écologie et NDDL sans eux.
Merci à "Angers Mag Info" de nous avoir rapporté,avec justesse, cett...








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