Olivier Supiot prend les rênes du Louvre


Rédigé par - Angers, le Jeudi 8 Décembre 2016 à 13:56


Le dessinateur angevin signe, avec "Le Cheval qui ne voulait pas être une œuvre d'art", un magnifique album d'initiation aux trésors du musée parisien, en même temps qu'une réflexion sur la quête d'identité.



Avec "Le cheval qui ne voulait pas être une œuvre d'art", Olivier Supiot inaugure une nouvelle collection, collaboration entre Delcourt et Le Louvre, destinée à la jeunesse. Il avait déjà inauguré en 2015, toujours chez Delcourt, la collection Les enfants gâtés, avec Pieter et le Lokken.
Avec "Le cheval qui ne voulait pas être une œuvre d'art", Olivier Supiot inaugure une nouvelle collection, collaboration entre Delcourt et Le Louvre, destinée à la jeunesse. Il avait déjà inauguré en 2015, toujours chez Delcourt, la collection Les enfants gâtés, avec Pieter et le Lokken.
la rédaction vous conseille
Il y a chez certains dessinateurs une capacité fascinante à regarder le monde avec des yeux d'enfants. Olivier Supiot fait partie de ceux-là. Aucune naïveté là-dedans, mais un pouvoir d'émerveillement à nul autre pareil, les yeux qui pétillent et la voix qui vibre à l'évocation du projet qui sort ces jours-ci chez Delcourt, en co-édition avec Le Louvre.
 
Installé dans l'atelier Kawa, qu'il partage avec Tehem et François Salembier, à Mazé, l'homme met la dernière touche -de peinture- à un projet qui paraîtra courant 2017, aux éditions de la Gouttière. Mais l'objet de toutes ses attentions, cette dernière année, tient bien en un magnifique ouvrage de 48 pages : Le cheval qui ne voulait plus être une œuvre d'art.
 
Dans cet album qui inaugure une nouvelle collection chez Delcourt, Olivier Supiot s'attaque à un monstre sacré, "un lieu magique, le plus grand musée du monde" : Le Louvre. A la manière, entre autres, d'Etienne Davodeau ("Le Chien qui louche") et Marc-Antoine Mathieu (Les Sous-sols du Révolu), chez Futuropolis, le dessinateur angevin s'est vu ouvrir en grand les portes du Palais pour y faire, à destination du jeune public... à peu près ce qu'il voulait.
"C'est une grande responsabilité : est-ce que je vais être à la hauteur ? Lors de mes visites au Louvre, pour préparer la BD, je me suis parfois assis dans une pièce où étaient exposés cinq tableaux : chacun était un monument de la peinture." 

"On n'est pas du tout sur un travail de commande, mais sur une carte blanche", explique-t-il. "A partir du moment ou Grégoire Seguin et Fabrice Douar, les deux co-directeurs de collection, m'ont fait confiance, j'ai pu travailler avec beaucoup de liberté"... et un enthousiasme sans limite. Car s'il est quelque chose qui passionne Olivier Supiot depuis l'enfance "et (ses) premiers essais sur des planches avec des pots de peinture récupérés", c'est la peinture. "J'ai eu la chance que mes parents m'emmènent voir des expositions ou des musées, notamment le Rijksuseum d'Amsterdam. Ce travail autour du Louvre, c'est beaucoup d'émotion, parce que c'est très lié à ma maman."

Inconditionnel de Van Gogh, de Gauguin, de Modigliani, de la vague impressionniste, Olivier Supiot n'a jamais manqué l'occasion, notamment dans la série Marie Frisson, d'adresser quelques clins d'œil à ces peintres adorés. Mais il n'avait jamais eu l'opportunité de travailler plus en profondeur sur ces œuvres d'art. "C'est une grande responsabilité : est-ce que je vais être à la hauteur ? Lors de mes visites au Louvre, pour préparer la BD, je me suis parfois assis dans une pièce où étaient exposés cinq tableaux : chacun était un monument de la peinture."

Carnet de notes et appareil photo à la main, Olivier Supiot a pourtant refusé de se "prendre au sérieux", en imaginant un conte autour d'un tableau de Théodore Géricault. "Pour la petite histoire, c'est une reproduction que j'ai dans mon salon, mais je ne savais pas qu'elle était au Louvre !" Tête de cheval blanc retient tout de suite son attention et lui permet d'imaginer une déambulation jubilatoire et réflexive dans les couloirs du musée.
 
"L'art et l'identité, ça va tellement bien ensemble : pour sa voir qui l'on est, l'histoire de l'art est fondamental, c'est ce qui fait de la destruction des œuvres d'art quelque chose de si violent."

"Il y a au Louvre énormément d'œuvres équestres et l'histoire du lieu-même en est imprégné. Et puis c'est un animal à la fois noble et sympathique, idéal pour créer le lien avec les enfants", détaille Olivier Supiot.
Sortant du cadre imaginé par Géricault, la tête de cheval se pare d'un corps transparent, sous les traits de Supiot, qui  va lui permettre d'échapper -au moins le croit-il- à sa condition d'œuvre d'art, en dialoguant avec d'autres œuvres, ouvrant une large part à l'imaginaire et à l'onirisme, jusqu'à la révélation finale ? "C'est l'histoire d'un personnage qui se cherche", résume l'auteur angevin. "L'art et l'identité, ça va tellement bien ensemble : pour sa voir qui l'on est, l'histoire de l'art est fondamental, c'est ce qui fait de la destruction des œuvres d'art quelque chose de si violent."

Le conte créé par Supiot, teinté d'humour et de poésie sur le fond, est transcendé par une forme toujours plus maîtrisée, et des couleurs directes qui accrochent l'œil instantanément. Le talent graphique de Supiot n'est plus un mystère depuis, entre autres, Le Dérisoire ou La Patrouille des Invisibles, mais il trouve ici un cadre idéal d'expression, apte à maintenir la capacité d'émerveillement de chacun... On ouvre grand nos yeux d'enfants ?
 
"Le cheval qui ne voulait plus être une œuvre d'art", ed. Delcourt (collection Delcourt/Le Louvre), 14,50 €.

A ne pas manquer : le 18e festival Angers BD se déroule cette année, les 17 et 18 décembre, au Centre des Congrès, avec une cinquantaine d'auteurs de tous horizons et trois expositions, dans l'agglomération. angersbd.fr

Olivier Supiot prend les rênes du Louvre
La case 303
 
On est rarement -voire jamais- déçu par les parutions de la revue d'arts, recherches et créations 303. Mais lorsqu'elle associe ses talents à ceux de La Bulle-Médiathèque de Mazé, pour parler de bandes dessinées sur plus de 250 pages, on jubile carrément.
Sous la direction éditoriale de François-Jean Goudeau, cet hors-série propose une (re)découverte passionnante des auteurs -figures tutélaires, incontournables ou jeunes plumes- qui font son dynamisme et sa liberté en Pays de la Loire. C'est intelligent, documenté, superbement illustré et original. Un superbe cadeau à mettre au pied du sapin.
 
303 - Bandes Dessinées -28 €




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








Angers Mag












Angers Mag : #Angers REPORT'CITÉ trace sa route @Angers @MinistereCC @KeolisAngers https://t.co/5jrXBWmmjE https://t.co/dULolkaDWK
Mercredi 21 Juin - 12:33
Angers Mag : #Angers Ouest eMedia Presse (@angersmaginfo) a été placée en liquidation judiciaire https://t.co/vMG2O392Qi https://t.co/N9IyhvEjS3
Mercredi 21 Juin - 12:23
Angers Mag : « En Indonésie, le tourisme engendre des transformations profondes » #Angers https://t.co/gJQfDIqgwP https://t.co/bn8ODsUAFu
Jeudi 15 Juin - 10:03
Angers Mag : JoeyStarr, les différents visages de l'éloquence: Sur la scène du Festival d'Anjou le 15... https://t.co/9fZW6XZ2i2 https://t.co/bB4ZKtREuR
Mercredi 14 Juin - 12:03