Opération "collège mort" à Jean-Vilar : le ras-le-bol des enseignants


Rédigé par - Angers, le 17/02/2014 - 13:12 / modifié le 18/02/2014 - 07:36


Les profs du collège Jean-Vilar, situé en zone d’éducation prioritaire dans le quartier de La Roseraie à Angers, ont organisé lundi une opération "collège mort"». Leur but : dénoncer une situation éducative qui se détériore de plus en plus.



Opération "collège mort" lundi, dans l'établissement Jean-Vilar, quartier de La Roseraie, à Angers.
Opération "collège mort" lundi, dans l'établissement Jean-Vilar, quartier de La Roseraie, à Angers.
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Ça ressemble, à s’y méprendre, à une thérapie de groupe. Dans la salle des professeurs du collège Jean-Vilar, lundi matin, une vingtaine d’enseignants et de personnels éducatifs sont réunis en cercle.

Pas un bruit dans les couloirs, ni dans la classe, pas plus que sur la cour. Logique : ce lundi, Jean-Vilar est un « collège mort ». L’initiative d’une équipe enseignante "à bout de souffle", qui dénonce, en substance, le décalage entre le discours administratif et ministériel sur l’éducation prioritaire et la réalité du terrain.

S’intéresser à Jean-Vilar, en plein cœur du quartier de La Roseraie à Angers, c’est bien saisir, d’abord, le quotidien des profs. "Enseigner ici, c’est un autre métier", tranche l’une d’elles. Tous resteront anonymes, par crainte de sanctions académiques claires ou insidieuses. "J’ai travaillé dans d’autres établissements, mais je n’ai jamais vu une situation pareille".

Enseigner à Jean-Vilar, c'est un "autre métier"

"Petit" collège, Jean-Vilar accueille, de la 6e à la 3e –avec en plus une section d’enseignement spécialisée (SEGPA)- 275 élèves. La spécificité de l’établissement, c’est le public accueilli. "Ici, c’est le terminus", imagent plusieurs enseignants. Comprendre "le collège où se retrouvent ceux dont on ne veut pas (ou plus) ailleurs".

Dans un courrier adressé au Directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen), l’équipe éducative rappelle d’ailleurs pourquoi l’établissement a été placé en zone d’éducation prioritaire, et le restera : "80 % de nos élèves sont boursiers, ils superposent et concentrent toutes les difficultés sociales, scolaires et culturelles". 10 % de l’effectif est ainsi allophone – leur langue maternelle n’est pas le français - avec une grande partie de primo-arrivants.

Plus encore, les professeurs s’inquiètent du climat délétère qui s’installe au sein même des salles de classes. "Il y a de plus en plus chez les élèves un refus catégorique de travailler. Ça n’est pas forcément nouveau, mais c’est de plus en plus fréquent, assumé et affiché". Le nombre d’incivilités est également en nette augmentation, quand le taux de réussite au brevet est en chute libre.

A Jean-Vilar, 25 ou 27 élèves par classe, ça change tout pour un professeur. Et c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. A l’issue d’un conseil d’administration, les équipes ont appris que les classes seraient encore peu plus chargées à la rentrée. "L’administration parie sur notre dévouement mais nous sommes au bout de ce qui est possible", commente l’une des enseignantes, au nom d’une communauté éducative unie dans le combat.

Une logique de "bras de fer"

Privés de principal adjoint depuis la rentrée 2013, obligés de composer avec un directeur de SEGPA absent depuis début janvier –"la nomination d’un remplaçant est la priorité des priorités"- les enseignantes sont rentrés "dans une logique de bras de fer" avec l’administration, "dans la droite ligne de l’opération collège mort qui a eu lieu à Mermoz la semaine passée".

En Ile-de-France, plusieurs collèges en ZEP se sont mobilisés ces derniers jours, sur cette même question de moyens. Une délégation ira chercher quelques réponses lundi soir auprès de l’Inspection académique. Pour sortir de l’ornière.




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