Peut-on faire confiance au médicament ?


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 16/10/2009 - 17:38 / modifié le 18/10/2009 - 09:56


La santé intéresse au plus haut point les français, pour preuve la conférence sur « la confiance dans le médicament » a fait salle comble, hier soir à Angers. Organisée par les entreprises du médicament, dans le cadre de la semaine de dialogue et d’échange avec le grand public, cette opération était surtout une démarche de communication.



Laurent Cabrol à droite et sur l'écran, et les professionnels de santé
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Selon les entreprises du médicament, lesquelles regroupent les principaux laboratoires agissant sur l’hexagone, 200 000 médecins assurent les prescriptions et 55 126 pharmaciens assurent la distribution des produits de santé fabriqués par 100 000 personnes employées dans l’industrie pharmaceutique, le tout, à l’attention de 50 millions de français, consommateurs de médicaments au moins une fois dans l’année. Alors les français, et dans le cas présent les angevins ont-ils confiance dans les médicaments qu'on leurs prescrit ?

A voir le nombre de personnes intéressées par le sujet, toutes n’ont pas trouvé place dans l’auditorium de l’ENSAM (Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers) d’Angers, la santé ne laisse personne indifférent. Pour les responsables des laboratoires Roche, Pfizer et Dexo, invités de cette soirée, il y avait donc matière à échanger et faire passer des messages. « Aujourd’hui l’accès à l’information n’a jamais été aussi facile. Les médias, Internet, publient des informations sur les médicaments. Certains échangent mêmes des expériences sur les forums. N’importe qui peut écrire n’importe quoi » affirmait Sophie KORNOWSKI-BONNET présidente des Laboratoires ROCHE, ajoutant que le domaine de la santé est très pointu et laisse peu de place à l'approximation.

« Les sites web traitant du médical sont les plus consultés par les internautes » précisait à son tour M. NIBEAUDEAU représentant Orange Healthcare. « Il serait utile de mettre en place un site labellisé par des professionnels experts de la santé ».

Conduit par Laurent CABROL, journaliste et animateur TV et radio, le débat s’est appuyé sur des reportages vidéos réalisés par le chaîne France 5, sur des sujets aussi variés que l’opération de la cataracte, la visite des médecins par la CNAM ou la pollution du Rhône par des résidus médicamenteux. « Le décor est planté » disait l’animateur de l’émission Europe Santé sur Europe 1, lequel avouait « que d’ordinaire dans son émission il fustigeait souvent l’industrie pharmaceutique ». Pour le coup, tout en se faisant l’avocat du diable, il était plutôt là pour aider les professionnels à se refaire … une santé, auprès d’un public qui, s’il avoue avoir confiance dans les médicaments, ne sait pas toujours où et comment trouver la bonne information.

Au cours du débat les spectateurs ont appris que le vaccin contre la grippe saisonnière faisait plus recette que celui concernant le virus H1N1. Malgré l’incitation à se faire vacciner du Professeur IFRAH, chef de service des maladies du sang au CHU d’Angers, les angevins, comme une majorité de français, se sont montrés réticents à cette vaccination. Et pourtant, selon les labos, celui que l'on utilisera pour la grippe saisonnière de l'an prochain, sera celui que l'on va utiliser cette année pour la grippe A. " La France est le pays de l'eau miraculeuse. Les français n'ont pas confiance dans les innovations " ajoutait le Pr IFRAH.

La recherche concernant les maladies orphelines a intéressé plusieurs spectateurs, ces derniers accusant l’industrie pharmaceutique de se concentrer sur les médicaments les plus rentables. « Lorsque nous travaillons sur une nouvelle molécule, nous ne savons pas à l’avance sur quelle type de médicament nous allons déboucher. Une chose est sûre, les maladies rares ne sont pas exclues » répondirent à l’unisson les représentants des laboratoires.

« Malgré ce que j'ai entendu ce soir, je ne suis toujours par rassurée lorsque je prends des médicaments.» disait en sortant, une dame peu convaincue semble-t-il par les interventions des professionnels de santé. Pour ces derniers, il reste peut-être encore beaucoup de chemin à faire pour maintenir la confiance du patient, acteur principal, du débat.


LES TAGS : débat, médicament, santé


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