Premier mai : quand le front républicain se défile


Rédigé par - Angers, le 02/05/2017 - 07:35 / modifié le 03/05/2017 - 08:19


La traditionnelle manifestation du 1er-mai a pris, plus qu’aucun autre, une couleur particulière, lundi matin, à Angers. Entre-deux tours des élection présidentielles oblige, la politique était au centre des discussions, au cœur de deux rassemblements distincts : l’un appelait en priorité à faire barrage au Front national de Marine Le Pen, le 7 mai ; l’autre à la lutte sociale, avant tout. Le 1er mai 2002 paraît bien loin…



Place du Ralliement, le mot d'ordre est clair, lors de ce 1er mai : "Voter Macron, pour faire barrage à Le Pen".
Place du Ralliement, le mot d'ordre est clair, lors de ce 1er mai : "Voter Macron, pour faire barrage à Le Pen".
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Un 1er mai en rangs dispersés. C’est ce que l’on retiendra des manifestations qui se sont tenues lundi matin, à Angers comme dans le reste de la France.
Loin, très loin de l’unité et du front républicain affichée le 1er mai 2002, en une occurrence similaire : là encore, le Front national était au second tour, et la Fête du travail situé à peine une semaine avant le second scrutin. La comparaison s’arrête ici.
 
La France est divisée ? Le mouvement syndical aussi, y compris lorsqu’il défile dans le même cortège…
10 h 30, place du Ralliement, la CFDT installe ses oriflammes orange à deux pas du Grand Théâtre. A leurs côtés, des drapeaux de l’UNSA, de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), de la Fé2A (fédération étudiante). Egalement, la Ligue des droits de l’Hommes, la Licra et les deux association LGBT angevines : bienvenue au rassemblement citoyen, qui restera sur place.
Ici, on a défini clairement sa priorité en cette Fête du Travail : battre le Front national, au second tour des élections présidentielles.  « Le 8 mai, au lendemain du vote, il sera temps de reprendre les combats sociaux que l’on connaît. Même si chacun ne se retrouve pas dans ses propos ou son programme, la seule solution pour battre Le Pen, c’est de glisser un bulletin Macron dans l’urne », souligne Antoine Lelarge, le secrétaire départemental de la CFDT. « Il ne faut pas noyer le message, et il est clair : c’est la défense de la démocratie. »
"Même si chacun ne se retrouve pas dans ses propos ou son programme, la seule solution pour battre Le Pen, c’est de glisser un bulletin Macron dans l’urne »
 
Au cœur du millier de manifestants –dans lequel on compte un nombre important d’élus de gauche et socialistes- on ne dit pas autre chose. Véronique, Chantal et Joël ne sont pas des habitués du 1er-mai. Mais l’inquiétude de voir Marine Le Pen faire un gros score au soir du 7 mai les a conduits place du Ralliement. « Je suis là pour uniquement pour exprimer mon désaccord avec les idées du Front national », confirme Véronique. « J’ai peur de la banalisation de ce parti, qui n’est pas un parti comme les autres ». Joël, engagé dans la campagne d’En Marche !, à l’échelon du Maine-et-Loire, redoute lui « la radicalité des propos et propositions entendus lors des tractages. Le vote FN se fait s’assume aujourd’hui sans hésitation. Et je ne comprends pas les positions des personnes qui ont voté Mélenchon eu premier tour et mettent sur le même plan le FN et Emmanuel Macron… »
Même analyse pour Chantal, professeure d’histoire, qui va plus loin : « Tous ceux qui votent pour le FN ont été en cours d’histoire. Il doit y avoir des failles béantes dans le système pour en arriver là. Ça va mal en ce moment, au point que les problèmes économiques et sociaux soient plus forts que l’éducation. Je ne veux pas de ce monde là pour mes enfants de 16 et 24 ans. »

Depuis la place Imbach, un second rassemblement, suivi d'un défilé, rappelle les combats sociaux en cours, notamment autour de la loi Travail.
Depuis la place Imbach, un second rassemblement, suivi d'un défilé, rappelle les combats sociaux en cours, notamment autour de la loi Travail.
Dans les rangs de ce rassemblement citoyen, on compte également des représentants des communautés religieuses : Mohamed El-Hourch, pour l’Association des musulmans d’Angers (AMA) se tient aux côtés de Pierre Lazarus, figure de la communauté juive d’Angers, pour entendre le discours de la Fé2A, appelant à « se rappeler les enjeux des élections » et la jurisprudence américaine : « Personne ne croyait que Trump pourrait être élu… »
Avant que le Chant des partisans ne retentisse, une dernière promesse : « Ça n’est pas un renoncement à l’indépendance que d’appeler à voter Macron », appuie l’UNSA.
 
A quelques centaines de mètres de là, place Imbach, devant la Bourse du Travail, on pense tout le contraire, ou presque. Parmi les quelque 800 personnes réunis là –et qui se préparent à défiler en remontant le boulevard Foch- le souvenir de la loi Travail est encore trop frai, trop vivace, pour qu’une quelconque confiance soit accordé à celui qui était alors le ministre de l’Economie de François Hollande. Il y a là des Insoumis, des anarchistes, Lutte Ouvrière, le NPA et plusieurs syndicats –FO, CGT, Solidaires, Sud ou les étudiants de l'Unef.
Les stigmates du combat contre la loi Travail sont encore très présents

Et à l’intérieur même de ce cortège, les avis divergent. « Non à l’ubérisation, ne touchez pas au Code du Travail », crache un mégaphone ; un autre : « Le Pen-Macron, c’est le camp des patrons » ; « Aucune hésitation, non à la fascisation », soutient dans le même temps la sono du syndicat étudiant Unef, alors que tournent les paroles de la Compagnie Jolie Môme, « Ne te trompe pas de colère ».
 
Clairs ou pas, les messages des centrales syndicales ne sont guère audibles par les militants, tiraillés entre le refus absolu du FN et la perspective de voter Macron. « Regarde moi la tête du barrage contre le FN », sourit un brin désabusé Guillaume, un manifestant. Lui ne voulait pas « voter Macron, mais ce couill.. est tellement c.. que je vais me résoudre à le faire… »
 
Hétérogènes, inquiètes, perdues, en recherche de sens, les manifestations du 1er mai, à Angers, n’en adressent pas moins un message clair au président bientôt élu : la rue reparlera.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur




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