Premiers Plans Angers : La 28e édition s’ouvre politique et poétique


Rédigé par Tristan Louise - Angers, le Samedi 23 Janvier 2016 à 15:37


La grand messe angevine du jeune cinéma européen a levé le rideau, vendredi soir au Centre de congrès. C’est parti pour neuf jours de toiles ardentes.



Claude-Eric Poiroux le Délégué général et Directeur Artistique de Premiers Plans (Photo Mario Fournier)
Claude-Eric Poiroux le Délégué général et Directeur Artistique de Premiers Plans (Photo Mario Fournier)
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Rondement menée cette soirée d’inauguration ! On ne reprochera pas aux différents intervenants leur concision. Une nouvelle fois, le maire Christophe Béchu s’est montré très à l’aise au micro… et, par allusions plus ou moins marquées, très politique. Rappelant la difficulté d’équilibrer les budgets en ces temps de crise, il soulignait les efforts des instances publiques (et notamment celle de « son ami » Christian Gillet, son successeur à la tête du Département) pour soutenir toujours autant le festival. L’état d’exception a ses limites que le cinéma et la culture en général outrepassent légitimement, selon un Christophe Béchu jamais avare de piques pour le parti au pouvoir. Plus léger, il se réjouissait d’accueillir Laetitia Casta, nouvelle ambassadrice de la marque Cointreau. Un peu de glamour et de promotion du « made in Anjou »ne font jamais de mal.

« On vous remercie, Monsieur Béchu, de vous engager dans les actes et pas seulement dans les paroles, poursuivait le président du festival, Jérôme Clément. Le pays a besoin de culture et les collectivités locales jouent un rôle désormais plus important que l’Etat ».
Claude-Eric Poiroux, Monsieur Premiers Plans, pouvait dès lors décliner, en ce Centre de congrès transformé en « palais de la découverte », un aperçu des richesses de la programmation, symbole de « profonde diversité du cinéma ». La 28e édition accueille vint-cinq pays et propose 238 projections. Parmi elles, les quatre longs métrages du cinéaste russe Andreï Zviaguintsev, présent vendredi dans l’auditorium.

Un autre cinéaste, belge lui, était aussi de la fête. Et c’est notre partie poétique (voir ci-dessous). Bouli Lanners était à l’honneur avec son nouveau film, « Les Premiers les derniers », projeté en avant-première juste après la cérémonie. Visiblement fatigué par un mois et demi de promotion (et quatre ans de réflexion), le charmant Bouli était ravi de pouvoir montrer son oeuvre sur un tel écran et devant une telle assistance. L’alchimie chère à Christophe Béchu a fonctionné ; le cinéma « utile à l’âme, au coeur et à l’intelligence » (Jérôme Clément) était à l’écran. Cette 28e édition a réussi son éclosion.

« C’est mon film le plus important »

Bouli Lanners metteur en scène et acteur du film "Les Premiers, les derniers" qui sortira en salle le 27 janvier prochain (Photo Mario Fournier)
Bouli Lanners metteur en scène et acteur du film "Les Premiers, les derniers" qui sortira en salle le 27 janvier prochain (Photo Mario Fournier)
Bouli Lanners peut dire, à l’instar de Flaubert : « Gilou, c’est moi ». Gilou, c’est ce chasseur de primes malade du coeur - le cinéaste-acteur belge a vécu cette douleur - parti dans une quête improbable de téléphone portable avec son binôme Cochise (impeccable Albert Dupontel). L’intrigue est accessoire, son traitement beaucoup moins. Les paysages désertiques de la Bauce, toile de fond fertile en tableaux - « la peinture est la source première de mon inspiration » -, la présence de méchants (un peu bêtes) et de gentils cabossés et la noirceur dans laquelle brille, petitement puis poétiquement une lueur humaniste font de cette fresque désenchantée un western surréaliste et mystique. « C’est à ce jour le film le plus important de ma vie. je m’y suis totalement mis à nu. C’est essentiel selon moi de faire une oeuvre sombre. Cela correspond à une étape dans une vie de réalisateur. Et puis il fallait que ce film, du fait de sa noirceur, soit formellement beau ».

A entendre Bouli Lanners, on imagine la dérive psychologisante. Pas du tout : « Je n’aime pas le cinéma verbeux. Je trouve les silences plus éloquents. Mes personnages sont des taiseux et des pudiques ». L’humour ici ne vient pas des mots mais des visages, des corps, des attitudes, des situations. Cette approche de la narration, ce besoin de dégager un maximum d’humain avec un minimum de théorie nécessite une subtile et pleine incarnation. Et Bouli Lanners s’est offert un cadeau qu’on lui envie en réunissant des seconds rôles précieux - Suzanne Clément, Serge Riaboukine, Lionel Abelanski - et les monstres sacrés Michael Lonsdale et Max Von Sydow. « Je fais toujours très attention aux rôles dits seconds. C’est la grande force du cinéma français d’avoir d’excellents seconds rôles que je trouve d’ailleurs sous-utilisés. Quant à tourner une scène avec Lonsdale et Von Sydow, c’est juste un rêve ! ».

Au terme d’une « aventure humaine merveilleuse » mais de quatre ans d’un travail harassant, Bouli Lanners livre avec « Les Premiers les derniers » une petite pépite noire et sensible. A voir le 27 janvier sur les écrans.


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