Premiers plans : Karim Moussaoui, paré pour les jours d’après ?


Rédigé par - Angers, le Dimanche 18 Janvier 2015 à 08:12


Lauréat du Grand prix du Jury/court-métrage français, pour « Les Jours d’avant », lors du Festival Premiers Plans en 2014, Karim Moussaoui est un enfant de la mondialisation de l’événement en même temps que du cinéma. Découverte.



Le cinéaste algérien Karim Moussaoui revient cette année au festival Premiers Plans.
Le cinéaste algérien Karim Moussaoui revient cette année au festival Premiers Plans.
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C’est tombé comme ça, sans crier gare. Des sélections qui s’accumulent, puis les prix, un à un, saluant ce que l’adolescent de la Décennie noire avait à dire de cette Algérie-là, 20 ans après.
 
« Les Jours d’avant », de Karim Moussaoui, a connu un succès considérable en festival, amenant le jeune cinéaste algérien à aborder un peu différemment… les jours d’après. « Je vis toujours principalement en Algérie, mais depuis la sortie du projet, je partage mon temps entre mon pays et Paris… », avoue Karim, pas tout à fait 40 ans.
 
L’histoire, c’est la sienne -« parce qu’on écrit sur les choses que l’on connaît, qu’on a vécues »- mais aussi celle d’une génération, incarnée par les personnages de Djaber et Yamina. Une plongée dans l’intime, tournée sur les lieux de son enfance, croisant les regards des deux adolescents sur la violence tantôt brute, tantôt sous-jacente, mais toujours présente de ces années de plomb.
 
A Angers, c’est le Grand prix du court-métrage français qui a récompensé « Les Jours d’avant » de l’Algérien Moussaoui, la « faute » à une rencontre avec la scénariste et productrice Virginie Legeay, lors d’une résidence d’écriture au Maroc. « Je travaillais sur un projet de long métrage et l’exercice consistait à travailler en binôme sur un scénario plus court, qui mettrait en scène les personnages du long », se souvient Karim.
 
« Je rêvais de faire des films depuis l’adolescence. Mais rien autour de moi ne me laissait penser que ça allait devenir possible » - Karim Moussaoui

La suite, c’est un feeling et une urgence qui s’imposent, « l’impression que l’on tenait quelque chose », une aventure de six mois et le succès que l’on sait, jusqu’à une présélection toute récente aux Césars. C’est surtout, pour le cinéaste algérien, un projet de long métrage qui avance, prenant ancrage dans les traits de Djaber et Yamina, portrait « de l’Algérie contemporaine du pétrole et de l’après-terrorisme.  Je prends mon temps car je sens que je manque encore d’expérience sur ce format-là », indique Karim, qui se sait aussi attendu au tournant. Même s’il se dit « rassuré par la réception » de son travail et des films algériens en France. « J’avais de sérieux préjugés : je craignais que l’on s’intéresse plus à une thématique racoleuse qu’à la qualité de la réalisation », glisse-t-il, presque gêné.
 
Ouvert aux autres, au monde, Karim Moussaoui fait son petit bonhomme de chemin, en toute humilité, soucieux de rester le gamin qui « rêvait de faire des films depuis l’adolescence. Mais rien autour de moi ne me laissait penser que ça allait devenir possible ». Il veut rester celui qui créa il y a bientôt 15 ans, « avec une bande de potes », Chrysalide, association culturelle où il a découvert les grands cinéastes et s’est formé « sans le savoir. Nous avons monté des pièces de théâtre, des spectacles de marionnettes, des cafés littéraires. Plein de choses qui m’ont aidé par la suite ».

En à peine plus de 10 ans, depuis 2003 et ces moments « magnifiques » où il assiste au tournage d’un film de Nadir Moknèche ou filme ses premiers plans avec un appareil photo, installé sur une chaise roulante, Karim Moussaoui a dépassé son complexe d’écriture, adapté Prévert puis Bukowski, bouffé de la pellicule et nourri son rêve de gosse.

Oui, décidément, on parierait bien sur ce gars-là pour demain. Vous savez, tous ces jours d’après…

Premiers plans : Karim Moussaoui, paré pour les jours d’après ?
« Entrer dans la famille Premiers Plans »
 
Auditeur libre lors des Ateliers Jeanne Moreau 2013, Karim Moussaoui a donc rejoint Angers pour une semaine, en janvier 2014, pour la compétition officielle. « Ce qui m’a impressionné, c’est l’engagement du festival envers les jeunes : c’est une des choses qu’il faudrait faire un jour en Algérie… C’est aussi l’endroit où le débat a été le plus riche, après projection, avec le public. Et d’un point de vue plus personnel, j’ai vraiment eu le sentiment d’être accueilli au festival, d’entrer dans une famille ».

Karim Moussaoui est de retour à Angers pour cette édition 2015, avec une autre casquette : il présentera un programme de courts métrages réalisés par des cinéastes algériens ce dimanche à 15h30 au 400 Coups. « Un cinéma pas encore émergent, mais où il se passe et pourrait se passer plein de choses dès 2015 », s’enthousiasme-t-il. 

Le programme en détails (au 400 Coups à 15h30) :
Au Real Estate de Neïl Beloufa 2012 (10’)
L’îIe Amin de Sidi-Boumediène 2012 (35’)
Tarzan, Don Quichotte et nous d'Hassen Ferhani 2013 (18’)
Earth full of ghosts de Djamel Kerkar 2014 (23’)
Passage à niveau d'Anis Djaad 2014 (23’)




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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