Quelle(s) féministe(s) au Panthéon ?

EURÊKA ! #4


Rédigé par Christine BARD, Professeure d'histoire contemporaine à l'Université d'Angers ; Directrice du programme GEDI (Genre et discriminations sexistes et homophobes) - Angers, le 27/10/2016 - 07:45 / modifié le 26/10/2016 - 15:25


Avec cette rubrique bimensuelle, la rédaction d’Angers Mag et l’Université d’Angers (UA) s’associent pour éclairer autrement le débat public et les questions de notre temps, en confiant la plume à quelques-uns des 560 enseignants-chercheurs et 518 doctorants de l’institution, qui travaillent au sein des 28 laboratoires de l'UA. C'est Christine Bard, Professeure d'histoire contemporaine à l'Université d'Angers et Directrice du programme GEDI (Genre et discriminations sexistes et homophobes) qui prend la parole ce jeudi, à l'occasion de l'installation du buste de l'une des grandes figures du féminisme, Olympe de Gouges, dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Une première...



Olympe de Gouges est la première femme à trôner à l'Assemblée nationale, dans la très courue salle des Quatre-Colonnes.
Olympe de Gouges est la première femme à trôner à l'Assemblée nationale, dans la très courue salle des Quatre-Colonnes.
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Pour la Nuit européenne des chercheurs (30 septembre 2016) et la Fête de la science (15-16 octobre 2016), le programme GEDI  (pour Genre et Discriminations sexistes et homophobes) a invité le public angevin à voter pour la panthéonisation d'une féministe. C'était l'occasion de présenter les recherches qui se font à l'Université d'Angers sur l'histoire des féministes. Ces recherches s'appuient, entre autres, sur une ressource documentaire unique en France, le Centre des archives du féminisme, installé à la Bibliothèque universitaire de Belle-Beille depuis 2001.

Fruit d'un travail collectif et de recherches nouvelles menées, notamment, dans le cadre de thèses d'histoire, de sociologie et de science politique, un Dictionnaire des féministes (France XVIIIe-XXIe siècle) réalisé sous l'égide du programme GEDI paraîtra dans trois mois aux Presses universitaires de France. Il comprend plus de 550 notices biographiques et thématiques, écrites par 195 auteurs.
La mémorialisation est un des usages possibles de ce dictionnaire.
"La femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit avoir celui de monter à la tribune" Article de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges

Partout on peut constater l'oubli des femmes, et plus singulièrement des féministes, dans la mémoire collective. Qui connaît le nom de la première suffragiste/"suffragette" française, Hubertine Auclert (1848-1914) ? Elle arrive en dernière position dans le vote organisé par GEDI lors duquel elle n'a recueilli qu'une seule voix. La première, avec un quart des suffrages sur son nom, est Olympe de Gouges (1748-1793). Viennent ensuite Simone de Beauvoir (1908-1986), Louise Michel (1830-1905) et George Sand (1804-1876). Simone Iff (1924-2014), ancienne présidente du Planning familial, une association centrale pour la deuxième vague féministe, a été découverte et appréciée par le public qui associe surtout le nom de Simone Veil à ce combat.

Christine Bard est Professeure d'histoire contemporaine à l'Université d'Angers et Directrice du programme GEDI (Genre et discriminations sexistes et homophobes).
Christine Bard est Professeure d'histoire contemporaine à l'Université d'Angers et Directrice du programme GEDI (Genre et discriminations sexistes et homophobes).
Dans ce "Panthéon des féministes", Olympe de Gouges s'impose, en tant que pionnière du féminisme. Elle a l'idée géniale, en 1791 de répliquer à la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 par une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, en 1791. C'est par l'écriture et le théâtre qu'elle s'engage pour les femmes mais aussi pour les Noirs (elle condamne le commerce des esclaves). Olympe de Gouges connaîtra un sort tragique : la peine de mort pour avoir défendu ses idées, en particulier son opposition au régicide. Résonne fortement cet article de sa Déclaration : "La femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit avoir celui de monter à la tribune".

Depuis 1989, des féministes, menées par l'historienne Catherine Marand-Fouquet, réclament la panthéonisation d'Olympe de Gouges. Le jour anniversaire de sa mort, le 3 novembre, un rassemblement a lieu devant le Panthéon pour demander qu'une place lui soit faite parmi les "grands hommes" : hommage à son courage et à ce qu'elle a semé dans les consciences pour faire valoir les principes de liberté pour les femmes et d'égalité entre les sexes. La décision prise par le président de la République en 2015 de panthéoniser quatre résistants, deux hommes et deux femmes, va prolonger l'attente.
Le buste de l'autrice de la Déclaration des droits de la femme vient toutefois d'être inauguré le 19 octobre dernier, salle des Quatre-Colonnes, à l'Assemblée nationale*. Gageons qu'Olympe de Gouges, figure centrale du matrimoine féministe, ne finira pas là sa carrière mémorielle.

Lire aussi l'article consacré à cette actualité sur le site de la Chaine Parlementaire.
 
Dernier ouvrage paru : Christine Bard dir., Les féministes de la première vague, Rennes, Presses universitaires de Rennes, collection Archives du féminisme, 2015.
 








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