Régionales : des élus angevins entre espoir et langue de bois


Rédigé par Tiphaine CRÉZÉ et Sébastien ROCHARD - Angers, le 07/12/2015 - 16:43 / modifié le 09/12/2015 - 16:05


Au soir du premier tour des élections régionales, on n'était pas ou peu dans le temps de l'analyse, parmi les principaux responsables politiques du département. Comme souvent en pareille circonstance, chacun a surtout essayé de capitaliser sur ses succès ou de retirer les principaux motifs d'espoir des résultats du jour. Florilège.



Frédéric Béatse et Stella Dupont, les deux leaders de la liste de Christophe Clergeau dans le département, Paul Jeanneteau, n°1 de la liste de Bruno Retailleau dans le Maine-et-Loire et Aymeric Merlaud, tête de liste FN en Maine-et-Loire.
Frédéric Béatse et Stella Dupont, les deux leaders de la liste de Christophe Clergeau dans le département, Paul Jeanneteau, n°1 de la liste de Bruno Retailleau dans le Maine-et-Loire et Aymeric Merlaud, tête de liste FN en Maine-et-Loire.
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C'est désormais quasiment une tradition républicaine : chaque soir d'élection, les salons de la préfecture de Maine-et-Loire, qui accueillent l'ensemble des médias et des personnels politiques locaux, se transforment en une gigantesque "Ecole des fans" : un 10 pour tout le monde.

Caricatural ? Sans doute un peu, mais force est de constater que, dans un camp comme dans l'autre, la satisfaction - ou s'agirait-il d'un optimisme à toute épreuve ? - était de mise au soir du premier tour. A droite, la tête de liste départementale Paul Jeanneteau se félicitait que « L’Union de la droite et du centre » réalise son meilleur score national en Pays de la Loire. Un score qui ouvre la voie, selon le patron des Républicains dans le Maine-et-Loire, Marc Laffineur, "à un grand rassemblement pour le second tour. La possibilité est là de changer profondément la politique régionale, avec une économie plus forte pour lutter notamment contre le chômage".

Guère de surprise, finalement, dans les éléments de langage des soutiens de la droite et du centre. Le mot d'ordre ? "La seule alternance possible, c'est Bruno Retailleau", avisent en chœur le sénateur maire d'Angers, Christophe Béchu (LR) et sa collègue à la Haute assemblée, Catherine Deroche.
"La possibilité est là de changer profondément la politique régionale, avec une économie plus forte pour lutter notamment contre le chômage" Marc Laffineur

Troisième à la sortie des urnes, le Front national occupe une place centrale dans le discours du soir, quel que soit le positionnement sur l'échiquier politique. S'il se félicite lui aussi du score réalisé par Bruno Retailleau, l'UDI Laurent Gérault se dit "heureux d'être Ligérien" : oui, le résultat du FN est élevé en Pays de la Loire, "mais il est beaucoup plus bas qu'ailleurs".

Alors que beaucoup, à droite comme à gauche, appellent à la mobilisation pour le second tour, le député UDI Michel Piron propose déjà un diagnostic de la réalité des urnes et de l'installation du Front national : "La montée FN continue de toucher d'abord et avant tout le milieu rural et les petites communes, qui ont le sentiment d'être abandonnées par l'Etat et plus encore, le sentiment que l'Etat est là pour leur compliquer la vie : c'est vrai par exemple pour les petits entrepreneurs, les agriculteurs, mais aussi les élus locaux ! Il va falloir finir par entendre ce message de désarroi et d'exaspération, mais il faut aussi que les électeurs comprennent bien qu'il faut confier les clés de la Région à des gens sérieux et qu'ils n'oublient pas les enjeux de ce scrutin", conclut le parlementaire et pardon de l'UDI 49. "Je peux comprendre cette exaspération des électeurs au 1er tour, mais ils ne doivent pas se tromper au second", résume Marc Laffineur.

Christophe Béchu, sénateur-maire d'Angers.
Christophe Béchu, sénateur-maire d'Angers.
L'analyse est bien évidemment diamétralement opposée dans les rangs du Front national, où la tête de liste départementale, Aymeric Merlaud se réjouit que le FN « reste le premier parti de France puisque la liste menée par Bruno Retailleau allie Les Républicains et le centre ». Et d’ajouter : « Être au second tour est une très grande victoire. En 2010, nous avions réuni 7% des suffrages, nous aurons donc triplé nos points lors de cette nouvelle élection. Il faut poursuivre cette dynamique au second tour pour envoyer le maximum de nos conseillers au conseil régional ».

Si personne ne conteste la dynamique du parti frontiste, il convient toutefois de la mesurer, notamment à l'échelle du Maine-et-Loire. Présent lundi soir à la Préfecture, l'impétrant déçu à la tête de liste départementale, Benoît Lépine, n'hésitait pas à avouer "qu'un score inférieur à celui réalisé lors du premier tour des élections départementales serait une forme d'échec"... ce qui est le cas.
 
Reste que le FN atteint un niveau historique dans la région, ce qui "étonne" le sénateur socialiste Daniel Raoul, sur "une terre de solidarité, de valeurs de respect". Pas d'étonnement par contre, chez le député socialiste Marc Goua, qui parle d'un "raz-de-marée prévisible". Pas de quoi entamer, pourtant, la foi du parlementaire : "Je suis encore un peu optimiste : l’électrochoc va peut-être permettre de réviser tout cela. »
"Je suis encore un peu optimiste : l’électrochoc va peut-être permettre de réviser tout cela" Marc Goua

Méthode Coué ou espoir chevillé au corps ? La question se pose ; reste qu'à gauche, on est loin d'avoir abdiqué, jouant sur le même thème que la droite républicaine, celui du rassemblement. "On savait que ce scrutin était compliqué", commente la tête de liste socialiste dans le Maine-et-Loire, Stella Dupont. "Nous partions de loin et nous avons fait une belle remontée. Il faut continuer sur cette lancée. Quand on cumule les voix de gauche, on reste devant : tout est possible. » Même son de cloche chez Frédéric Béatse, pour qui "les conditions de la victoire sont réunies".

Une victoire qui passe, pour le secrétaire général du PS 49, Grégory Blanc, par une condition : "Il faut faire vivre d'ici le débat régional : nous ne sommes pas dans une campagne présidentielle ! Il ne faut pas se tromper et mobiliser les électeurs, des communistes au centre, pour confirmer que le bloc de gauche est bien en tête à l'issue de ce premier tour. De ce point de vue, un accord est indispensable, et possible entre des gens qui travaillent ensemble depuis 10 ans."
 
Pour cela, la liste conduite par Christophe Clergeau devra composer avec Europe Ecologie les Verts "sur un programme construit en commun et pas une simple fusion d'appareil", prévient la n°1 d'EELV pour ce scrutin en Maine-et-Loire, Christelle Cardet. Du point de vue purement comptable, elle regrette "que le score des écologistes ne soit pas plus élevé face aux enjeux auxquels on doit faire face".



















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