Retraite sportive : « Pas une petite mort, mais une seconde vie »


Rédigé par - Angers, le 09/10/2014 - 08:42 / modifié le 09/10/2014 - 10:29


Devenir un dieu du stade, les plus jeunes en rêvent. Mais imaginent-ils la fin d’une carrière sportive, intense et courte, où la performance compte plus que le reste ? D’où la nécessité de se faire accompagner pour éviter une sortie brutale, thème de la conférence organisée mardi soir à l’ESSCA à Angers. Ex-athlètes, cadres sportifs et entreprises ont apporté leur témoignage, intéressant et parfois émouvant.



Les intervenants à la conférence organisée par Sport et Citoyenneté
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La différence fondamentale, c'est que « le sport n’est pas considéré comme un travail, mais plutôt comme un loisir », affirmait mardi soir Jean-Claude Dupuis, professeur travaillant sur un observatoire de la reconversion des sportifs, lors de la conférence organisée par le « think tank » Sport et Citoyenneté, sur le thème de l’accompagnement et la reconversion des sportifs de haut niveau.

Un propos appuyé plus tard par Karine Desgages, DRH de la société Scania à Angers, une entreprise suédoise qui vient de recruter un hockeyeur des Ducs d’Angers, laquelle rappelait que « le mot travail tire ses origines du mot latin tripalium qui veut dire contraindre ».

Ainsi, ceux qui ont choisi, grâce à leurs aptitudes physiques, d’embrasser une carrière sportive ne sont donc pas des travailleurs de la piste ou du gazon, mais bien des êtres à part, qui vivent pour le sport et rien que pour le sport, au rythme des entrainements et des compétitions. Une passion à laquelle s’ajoutent la gloire et parfois beaucoup d’argent, lorsqu’ils pratiquent une discipline très médiatisée.

Une situation privilégiée donc, qui pose quelques difficultés à ceux qui, élevés au rang de star, prennent leurs distances avec le reste de la société. « On se considère vite comme un dieu du stade qui pense plus avec ses muscles qu’avec sa tête », expliquait l’ancien rugbyman professionnel Raphaël Poulain.

« J’étais un gamin dans un corps de grand, avec un coup de pied de mammouth », poursuit Raphaël Poulain qui appréciant sa vie de star n’a pas vu arriver à grands pas la sortie, le grand vide et une longue traversée du désert. « Le plus dur c’est d’oser se regarder en face, d’oublier son égo, et se responsabiliser. Je me suis dit que j’étais quelqu’un de bien, comme les autres, et aujourd’hui je n’ai de cesse de le prouver ».

"Avoir le sens de l’effort dans le sport comme dans le travail"

Raphaël Poulain (au centre) ancien joueur professionnel de rugby à XV français (1998-2008), devenu comédien, entre  Karine Desgages (Scania Angers) à gauche et Géraldine Pons, journaliste à Eurosport à droite
Raphaël Poulain (au centre) ancien joueur professionnel de rugby à XV français (1998-2008), devenu comédien, entre Karine Desgages (Scania Angers) à gauche et Géraldine Pons, journaliste à Eurosport à droite
Mais tous n’abordent pas le sport de haut niveau de la même façon, notamment ceux qui pratiquent des disciplines demandant autant d’abnégation, voire plus, mais dont il semble impossible d’en vivre. C’est le cas de Jean-Damascène Habarurema , un marathonien d’origine rwandaise, installé à Angers. Sportif le jour, gardien la nuit, il suit même des études supérieures à la fac d’Angers.

« J’ai fait des choix, je les assume et maintenant je n’ai plus le choix », expliquait l’athlète angevin qui se prépare pour les JO de Rio. « Il faut avoir le sens de l’effort dans le sport comme dans les études ou le travail, c’est ma philosophie ». Une modestie et une sincérité applaudies par le public, encore plus quand le sportif s’est levé, avant la fin de la conférence, pour partir travailler.

Si chacun s’est attaché au cours de la soirée à faire part des difficultés rencontrées à la sortie d’une carrière parfois brutalement interrompue par une chute de performance ou un accident, force est de constater qu’il s’agit bien d’une vraie réinsertion, comme si, le temps de leur séjour au plus haut niveau, ils s’étaient coupés du monde.

Heureusement les exemples d’une bonne gestion de fin de carrière ne manquent pas. C’est le cas d’Olivier Pickeu, ancien joueur de football professionnel aujourd’hui manager général d’Angers SCO. « J’ai eu envie dès le départ d’être manager sportif. J’y suis arrivé, j’ai eu de la chance ». Ou encore de Nathalie Dechy, ancienne professionnelle de tennis (11e rang mondial en janvier 2006), aujourd’hui installée au comité de pilotage de Roland-Garros avec Guy Forget. « La retraite sportive ce n’est pas une petite mort comme on l’affirme, mais une seconde vie qui commence ». Dans une moindre mesure pour l’ancienne nageuse Claire Supiot (Neuf fois championne de France et sélectionnée aux jeux de Séoul), qui avoue « avoir sortie la tête de l’eau grâce à l’actuel maire d’Angers ».

Pour autant, avec 7000 sportifs de haut niveau en France, dont la moitié fait des études supérieures, cela ne fait pas des salariés capables de s’intégrer dans une entreprise. « Il y a du ressort chez les sportifs, mais pas de transfert systématique de compétence. Après le talent dont ils ont fait preuve sur le terrain, il faudra montrer leurs réelles compétences dans l'entreprise », concluait Alain Arvin-Bérod, vice-Président de « Entreprendre et sport » et administrateur de Sport et Citoyenneté aux trois cents sportifs, coaches, directeurs sportifs et chefs d’entreprises présents dans la salle.




Yannick Sourisseau
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