Rythmes scolaires : la roue tourne, la fronde demeure


Rédigé par - Angers, le 26/06/2014 - 07:33 / modifié le 18/08/2014 - 21:51


Premier accroc majeur pour la nouvelle municipalité d’Angers : le scénario proposé pour les écoles à la rentrée de septembre continue de rencontrer de vives oppositions. Après les enseignants, ce sont les parents d’élèves qui se manifestent… et n’entendent pas baisser les bras.



Les parents d'élève de l'école Charles Bénier se sont mobilisés lundi et mercredi pour protester contre la nouvelle semaine des rythmes scolaires "imposée" par la municipalité angevine.
Les parents d'élève de l'école Charles Bénier se sont mobilisés lundi et mercredi pour protester contre la nouvelle semaine des rythmes scolaires "imposée" par la municipalité angevine.
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Bon, OK, c’est un brin vicieux, mais tellement tentant ! La rédaction d’Angers Mag vous propose une devinette : A qui attribuez-vous les propos suivants, tenus par voie de communiqué le 24 septembre 2013 ?

« La municipalité d’Angers a imposé sans attendre et sans véritable concertation cette réforme (…) Au final, qui paie la note ? Nos enfants, les parents, les enseignants, les agents municipaux et les associations qui, de bonne foi, ont accepté de jouer le jeu et qui aujourd’hui se sentent légitimement flouées ».

Attention, pour les férus de jeu, la suite est un spoiler ! La réponse est : Caroline Fel, l’actuelle adjointe au maire d’Angers en charge de l’enfance et, plus spécifiquement, de l’épineux dossier des rythmes scolaires. Savoureux, lorsque l’on considère que les reproches qui lui sont adressés aujourd’hui sont peu ou prou les mêmes qu’il y a… un an !

Gaudriole à part, l’organisation de la semaine scolaire constitue le premier accroc du mandat de Christophe Béchu. Ni lui, ni son équipe ne s’attendaient à une sinécure, en annonçant durant la campagne la tenue d’un Grenelle des rythmes scolaires. Mais tout de même : après un mois de concertation, la réunion de conseils d’écoles extraordinaires et l’annonce des scénarios retenus pour la rentrée de septembre prochain, ils n’escomptaient sans doute pas une fronde pareille.

Les enseignants puis les parents

Caroline Fel, l'adjointe au maire d'Angers en charge de l'enfance.
Caroline Fel, l'adjointe au maire d'Angers en charge de l'enfance.
Passe encore que le SNUipp-FSU (majoritaire) et FO, tous deux syndicats enseignants, relèvent le gant, mobilisant même au-delà de leurs troupes pour trois jours de grève. « Même pas peur », semblait leur répondre une Caroline Fel droite dans ses bottes et dans sa réforme, arguant que « c’était uniquement l’intérêt de l’enfant qui avait présidé à la mise en place des scénarios ».

Force est de constater que le mouvement enseignant s’essouffle depuis le début de la semaine. « Trois jours de grève, ça n’est pas anodin sur le salaire d’un professeur des écoles », avance le co-secrétaire départemental du SNUipp, Christophe Rabin, qui envisage désormais « des actions ponctuelles pour montrer notre désaccord », et donne d’ores et déjà rendez-vous « à la rentrée scolaire. Il y a une grande méconnaissance – et c’est normal ! - de cette nouvelle semaine scolaire chez les parents. Beaucoup constateront à la rentrée les problèmes d’organisation qu’elle pose ».

Une partie d’entre eux s’est déjà fait son opinion sur le sujet qui, depuis le début de la semaine, a en quelque sorte pris le relais du mouvement enseignant. Desnos, Fratellini, Bois de Mollieres, Rousseau, Benier, Raspail et bien d’autres écoles encore ont été occupées depuis lundi par des parents en colère, tracts à la main et vent debout contre « le simulacre de concertation proposé par la nouvelle municipalité ».

Ni manipulés, ni instrumentalisés

Au Bois de Mollieres, la mobilisation a été forte, dès lundi matin.
Au Bois de Mollieres, la mobilisation a été forte, dès lundi matin.
Au bas mot, un quart des 60 groupes scolaires angevins ont été touchés par ce mouvement de contestation, plus problématique pour la municipalité en place. Car elle a beau fustiger « l’instrumentalisation des parents par les syndicats », leur mobilisation a des racines bien plus profondes.

« Manipulés, nous ? Vous voulez nous faire passer pour nos enfants ? », s’offusque Nicolas, parent d’élèves à l’école Charles Bénier, qui occupait « administrativement » les lieux lundi et mercredi. « On n’a pas attendu que les enseignants viennent nous voir pour constater le mépris et la méconnaissance totale du représentant de la mairie (Roch Brancour en l’occurrence) lors du conseil d’école extraordinaire ».

Même son de cloche du côté du Lac de Maine, au Bois de Mollieres, où Laëtitia avoue « ne même pas connaître le nom du syndicat enseignant ! Ce qui nous agace, c’est que la concertation n’a pas plus eu lieu cette année que l’année passée », poursuit la jeune femme.

Chacun maintient le cap

Retour à Charles Bénier, où parents et enseignants « font cause commune », commente la directrice de l’école (et syndiquée SNUipp-FSU), Stéphanie Thuleau. « Que des enseignants et des parents échangent sur l’avenir des enfants, c’est naturel et plutôt rassurant, non ? », interroge avec un brin de malice Christophe Rabin. « Le scénario de cette année est loin d’être la panacée », reprend Yann, un autre parent mobilisé, "mais celui qu’on nous a imposé est bien pire encore ! »

Ici, certains parents mobilisés sont hostiles à l’idée même de la réforme, d’autres non. « Ce qui nous intéressent, c’est la manière dont elle est concrètement mise en place à Angers. »
Pas de lissage, pas de décloisonnement, une organisation méridienne ingérable, des problèmes de place dans les cantines ou les dortoirs… les arguments qui reviennent sont souvent les mêmes dans les écoles occupées. « On nous dit que les scénarios ont été faits dans l’intérêt de l’enfant, mais quand on demande des explications sur l’allongement de la pause méridienne ou du temps de repos pour les maternelles, on nous sort un argument financier ! », relève Laëtitia.

Le silence pesant de la municipalité depuis la fin de la semaine passée augurerait-il d’une volte-face dans les jours qui viennent. « Absolument pas », assure-t-on dans l’entourage de Christophe Béchu. « Nous maintiendrons le cap. La municipalité a fait sa part du travail », poursuit-on, arguant que « l’Inspection académique est désormais à pied d’œuvre sur sa partie ». Dont acte.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Lafon Marie-Rose le 13/07/2014 18:19 | Alerter
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Sauf à être passée à côté d'une réponse précise de Mme Fel, la question que j'avais posée lors de la consultation en ligne demeure : à quel rythme seront soumis les enfants des classes mixtes "grande section de maternelle - CP" ? Il n'est pas imaginable d'organiser une même classe sur des rythmes aussi différents que ceux qui seront mis en place en maternelle et en élémentaire !















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