Séance critique : "Julieta" de Pedro Almodovar


Rédigé par Florence VASCA - Angers, le Samedi 28 Mai 2016 à 11:00


Dans Séance critique, deux fois par mois, Florence Vasca nous fait partager son regard sur un film à l'affiche. Aujourd'hui, le 20e et dernier film de Pedro Almodovar, "Julieta", avec Emma Suarez et Adriana Ugarte. Une oeuvre sur l'absence et le passage du temps qui a touché notre chroniqueuse.



Emma Suárez et Michelle Jenner (photo El Deseo - Manolo Pavón).
Emma Suárez et Michelle Jenner (photo El Deseo - Manolo Pavón).
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Professeur de littérature, Julieta la cinquantaine vit à Madrid. Sur le point de quitter la ville pour suivre son compagnon à l'étranger, elle croise par hasard l'amie d'enfance de Antia sa fille dont elle est sans nouvelles depuis 12 ans. Surgit alors tout un pan de son passé qui la fait renoncer à son départ. S'adressant à sa fille, elle entreprend sous forme de confessions un long travail d'écriture. 

Pour son 20ème film, Pédro Almodovar adapte plusieurs nouvelles d'une auteure canadienne pour en faire une œuvre très personnelle. On y retrouve ses thèmes de prédilection à savoir la figure maternelle, la transmission, le secret de famille. Bien que « Julieta » soit une fois encore un portrait de femme(s), la tonalité du film est très différente cette fois-ci. L'exubérance, voire l'outrance laissent la place à la gravité d'un drame au cœur d'une relation mère-fille.

Construite sur un mode narratif, l'histoire s'articule autour de longues séquences de flash-back superbement amenées grâce à des trouvailles de mise en scène. Dès l'ouverture du film, on  retrouve la présence de la couleur rouge chère au réalisateur. Les scènes dans le train représentent une passerelle un peu irréelle entre le passé et le présent. Le paysage qui défile la nuit rappelle un écran de cinéma où la vision d'un cerf évoque un songe.
« Ton absence a rempli ma vie et l'a détruite »
En s'emparant de thèmes universels, Pédro Almodovar aborde le passage du temps, l'absence, la perte. Le réalisateur nous interroge sur la fragilité des liens familiaux faits de non-dits et d'une double culpabilité, celle de la mère et de la fille. Le soin apporté à la lumière,  la qualité des cadres et  la variété des lieux de tournage participent à la qualité de l'ensemble. Bien que totalement dénué d'humour, le film n'est jamais pesant grâce à la force de l'intrigue.

La sobriété des acteurs et principalement celle d'Emma Suarez (Julieta) contribue à ce que le spectateur s'identifie aisément aux personnages ; à noter Rossy de Palma dans un contre-emploi inattendu. On pourrait résumer le film à une phrase qu'écrit l'héroine : « Ton absence a rempli ma vie et l'a détruite ».

« Julieta » est à la fois un film grave et lumineux tant par son intensité romanesque que par son esthétisme. Plus politiquement correct que ses films précédents, Almodovar se renouvelle en offrant un portrait de femme inédit alliant la pudeur à l'émotion pure.












1.Posté par Patricia Durelle-Caillard le 28/05/2016 23:36 | Alerter
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Comment Pedro Almodovar a-t-il pu de façon si juste traduire le désespoir et le désarroi d'une mère dont la fille, pourtant devenue mère à son tour, persiste à refuser tout lien avec elle. Cela dans un contexte d'enfance où l'amour a toujours été là, mais marqué par un terrible traumatisme familial qui a fait ses ravages peu à peu. Aidés par quelques mots de tiers culpabilisants, leur donnant toute leur intensité face à, sans doute, trop peu de paroles d'une mère anesthésiée par l'évènement t...








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