Séance critique : "Mal de Pierres"


Rédigé par Florence VASCA - Angers, le Samedi 29 Octobre 2016 à 14:51


Dans Séance critique, deux fois par mois, Florence Vasca nous fait partager son regard sur un film à l'affiche. Aujourd'hui : "Mal de Pierres", de Nicole Garcia, le portrait d'une femme libre adaptée d'un roman de Miléna Angus et campée par Marion Cotillard.



Marion Cotillard campe le personnage de Gabrielle, dans "Mal de pierres", le dernier film de Nicole Garcia. Crédit photo : Studio Canal
Marion Cotillard campe le personnage de Gabrielle, dans "Mal de pierres", le dernier film de Nicole Garcia. Crédit photo : Studio Canal
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Dans la campagne française des années cinquante, Gabrielle, fougueuse jeune femme en mal d'amour, étouffe dans le microcosme d'un domaine agricole. Devenue ingérable pour sa famille, sa mère la pousse à un mariage de raison après l'avoir marchandée à José, un ouvrier espagnol. Se refusant à lui, elle part bientôt en cure thermale soigner ses calculs rénaux. Sa rencontre avec André, un officier blessé en Indochine, va réveiller sa quête du grand amour.
Adaptant librement le roman éponyme de l'italienne Miléna Angus, Nicole Garcia transpose l'histoire au cœur de la Provence et de ses champs de lavande dans une reconstitution stylisée.

Dans la société normative de l'époque où la femme ne trouve son salut que dans le rôle de l'épouse respectable, Gabrielle n'est pas conforme aux attentes de son entourage. Cette femme désirante et insoumise se consume peu à peu au point de souffrir de coliques néphrétiques. Mais son mal semble bien plus obscur. Poussée par un trop-plein d'amour, elle poursuit de ses assiduités son professeur de littérature qui n'aura qu'un livre à lui offrir en retour : « Les Hauts de Hurlevent », une histoire d'amour absolu s'il en est. La scène se rejouera un peu plus tard avec le souffreteux André.
Marion Cotillard exprime comme personne les tourments amoureux de cette héroïne déraisonnable en proie à l'érotomanie

Alors que son mari, bien ancré dans le réel (il travaille la pierre), lui construit une magnifique maison en bord de mer, l'héroïne indifférente à son environnement nourrit son mal-être à travers l'écriture et la musique. Faisant fi de toute réalité, son amour imaginaire soigne son désarroi affectif. Son obsessionnelle quête amoureuse n'est pas sans rappeler celle du personnage d'« Adèle H », de Truffaut, quand bien même l'affiche du film évoque plutôt le cinéma romanesque de l'âge d'or américain.
Dans le cadre majestueux des Alpes, Nicole Garcia restitue à merveille l'atmosphère d'un sanatorium de l'époque en sublimant le paysage alentour. A renfort de flash-backs, elle nous offre de surcroît un retournement final plutôt inattendu. De toutes les scènes, Marion Cotillard est à la fois vibrante et sensuelle. Elle exprime comme personne les tourments amoureux de cette héroïne déraisonnable en proie à l'érotomanie.

« Mal de pierres » est d'abord un portrait de femme très maîtrisé. D'une facture classique, (d'autres diront académique), ce mélodrame finit par emporter l'adhésion grâce au lyrisme omniprésent et à la qualité de l'interprétation.

Un film à retrouver au cinéma Les 400 Coups.













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