Secteur culturel et créatif, quel développement sur Angers ?


Rédigé par - Angers, le 23/01/2013 - 07:30 / modifié le 23/01/2013 - 09:08


Frédéric Béatse y croit dur comme fer. Avec l'avènement du numérique, l'économie culturelle et créative est aujourd'hui, peut-être plus encore qu'hier, un enjeu de développement et d'image fondamental pour Angers. Il l'a redit hier devant près de 200 acteurs du secteur réunis lors d'une table-ronde au Centre de Congrès. Petite annonce à la clef.



Secteur culturel et créatif, quel développement sur Angers ?
Commençons donc par la fin. En conclusion de la table-ronde organisée hier après-midi, en marge du festival Premiers Plans, Frédéric Béatse, le maire d'Angers, a fait part à l'audience du lancement imminent d'un appel à projets artistiques et créatifs dans le cadre du grand plan d'aménagement des berges de Maine.

Cinq bourses de 35 000€ chacune seront attribuées au terme de cet appel que supervisera la société publique Rives Nouvelles qui pilote le projet. "Les choses ne sont pas encore complètement calées mais le principe est arrêté. L'appel couvrira des champs pluridisciplinaires de création" nous a précisé Frédéric Béatse.

Autre point d'horizon, la tenue d'un grand festival de musiques actuelles en 2014 a été de nouveau confirmée par le maire d'Angers, en présence de Christophe Davy, le patron de la société Radical Production, chargé d'en assurer la coordination artistique. Manière pour Frédéric Béatse de montrer qu'en terme de soutien à l'économie culturelle et créative, il n'entendait pas en rester au stade des intentions et de la communication.

L'impact sur l'économie et l'image d'une ville

Quelqu'un en doute-t-il seulement ? Avec 16% de son budget de fonctionnement consacré à la culture, comme l'a rappelé Monique Ramognino, sa 1ere adjointe, Angers, fait déjà et depuis longtemps beaucoup pour le secteur. Pas assez, ou pas comme il faut, sans doute pour certains., "Trop pour d'autres" n'a pas caché Rachel Capron, l'autre adjointe, déléguée aux musiques actuelles et au spectacle vivant, présente sur scène aux côtés de plusieurs entrepreneurs angevins.

Sans aucun doute, les deux élues auront-elles trouvé plus que du réconfort dans l'exposé introductif de Dominique Sagot-Duvauroux, professeur d'économie à l'université d'Angers. Mais n'était-il pas là pour ça ? Habilement, en s'appuyant sur des études nationales et internationales, celui-ci a montré qu'au delà des 4 000 emplois directs induits, l'économie culturelle et créative, c'était aussi une "valeur vaporeuse" qui impactait le développement économique et le dynamisme d'une ville.

Des exemples ? Pour 45 000 emplois directs, on estime que les monuments historiques français induisent 176 000 autres emplois; plus proche de nous, une étude de la Chambre de commerce d'Angers en 2007 (et dont une version réactualisée devrait être prochainement rendue publique) avait estimé que 1€ d'argent public investi dans le festival Premiers Plans, enclenchait 4€ de retombées économiques pour le territoire. [ La valeur vaporeuse, c'est aussi, l'impact sur l'image d'une ville et sur sa fréquentation touristique.

Innovation, générosité, mutualisation

De fait, la question sous-jacente de la table-ronde n'était pas tant de se demander si intérêt il y avait à poursuivre ce soutien public au secteur, que de savoir comment celui-ci pouvait faire pour mieux se développer encore ?

Quitte à enfoncer des portes ouvertes, on a retenu que "l'innovation", "la générosité" et l'exigence étaient de puissants carburants, à l'image des projets lancés par Jean-Christophe Petiteau, un ancien chef opérateur d'Angers 7, et de Jérôme Houadec, un graphiste et plasticien. Le premier, avec une partie de ses indemnités de licenciement, a lancé une boîte de production, L'Art en Boîte, spécialisée précisément dans la mise en valeur par l'image du travail créatif qu'il soit artistique, artisanal ou industriel. Le deuxième a créé de toute pièce et sans compter son temps une nouvelle école de designer-graphiste sur Angers, L'Atelier d'Arts Appliqués, en misant pour chaque étudiant, insiste-t-il, sur un parcours de formation "sur mesure".

Faire mieux, c'est de toute évidence aussi activer les réseaux, s'associer et mutualiser ses compétences, comme l'ont fait les six entreprises culturelles réunies au sein du collectif du 9, rue Claveau, qui pèsent ensemble aujourd'hui 13 millions d'euros de chiffre d'affaires et 62 emplois. Un projet qui, a bien précisé Germain Kpakou, l'un de ses acteurs, n'a eu besoin d'aucune grande réflexion théorique pour se monter : "On a simplement expérimenté ensemble le fait que ça marchait concrètement."

Ne reste plus aux créateurs qu'à passer à l'action... Dans la salle, une auditrice, probablement venue pour Premiers Plans, s'est levée pour demander benoîtement s'il existait une société de production de cinéma à Angers. Le blanc qui a accueilli sa question, nous fait dire qu'il reste manifestement encore des champs à explorer.



Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur















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