Sport de Filles : l’univers impitoyable du dressage

Festival Premiers Plans Angers 2012


Rédigé par - Angers, le 21/01/2012 - 15:04 / modifié le 31/01/2012 - 17:13


Présenté lors de la cérémonie d’ouverture du Festival Premiers Plans d’Angers, « Sport de Filles », le dernier film de Patricia Mazuy a plongé les spectateurs angevins dans l’univers équestre fait de domination et d’humiliation. Si vous aimez les chevaux, ce film vous enthousiasmera. Les autres découvriront, au travers d'une fiction, une activité équestre peu reconnue en France : le dressage



Patricia MAZUY, la réalisatrice de Sport de Filles
Patricia MAZUY, la réalisatrice de Sport de Filles
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Patricia MAZUY, réalisatrice de « Peau de vache », un film sur le monde paysan, nominé aux César de la meilleure Première œuvre en 1990 aime saisir des ambiances particulières, à la limite du documentaire. C’est le cas de « Sport de Filles », un film sur l’univers du dressage des chevaux. « En France le dressage est très confidentiel. Il est beaucoup plus populaire en Allemagne », explique la réalisatrice. « C’est un univers que j’ai croisé par hasard, lors d’un précédent tournage. Il m’a fallu quinze ans pour m’en imprégner ».

Le film est inspiré de l’histoire Patrick Le Rolland, un célèbre cavalier et dresseur qui fut dans les années soixante-dix, l’un des plus jeunes cavaliers du Cadre Noir de Saumur, lequel forme l’élite des cavaliers français. « Son esprit rebelle était peu compatible avec la discipline équestre et le fonctionnariat. Il est devenu entraineur et sa compagne gérait la vente des chevaux. Pour obtenir les services de l’entraineur, il fallait d’abord passer par elle et en général lui acheter un cheval ».

La réalisatrice s’est surtout intéressée à ceux qui sont prêts à tout pour assouvir une passion, quitte à se faire exploiter et humilier. « Dans tous les haras, il y a toujours quelqu’un de buté, sans argent pour acheter son cheval, qui rêve de devenir un grand cavalier », poursuit la réalisatrice. « Dans la tête de ces gens-là, il se passe quelque chose de bizarre. C’est tellement fort que ça remplace tout dans leur vie ». C’est le rôle tenu par Marina HANDS, cavalière formée au saut d’obstacle au sein de l’équipe de France, avant d’être comédienne. C’est elle qui tient le rôle de Gracieuse, une jeune femme obstinée prête à se convertir au dressage pour arriver à ses fins.

« Mais le milieu équestre est très hiérarchisé, avec ses codes et ses principes, régis par l’argent, où l’on retrouve aussi bien des vieilles familles aristocratiques que des nouveaux riches ». C’est d’ailleurs ce genre de personnage qu’incarne Josiane BALASKO, propriétaire d’un haras préparant des chevaux de dressage pour des grands concours internationaux.

Tout le film repose donc sur Marina HANDS, aussi entêtée qu’une bourrique (dans le film), et c’est peu dire, et sur le rôle ambigu de Bruno GANZ, un ancien cavalier de haut niveau allemand, star des concours de dressage outre-Rhin, reconverti en entraineur pour le compte de l’autoritaire Josiane BALASKO, riche propriétaire de chevaux de compétition. Compagnon de cette dernière, il est surtout exploité pour sa compétence, son nom faisant à lui seul la renommée du haras.

Les amateurs de chevaux présents dans la salle ont beaucoup aimé ce film, et en Anjou ils sont nombreux, les autres ont pu découvrir un univers souvent difficile a pénétrer. « Il faut comprendre l’univers du cheval et s’en imprégner », commente la réalisatrice. Pour mieux le connaitre il faut peut-être faire comme Bruno GANZ lequel s'est pris au jeu et monte désormais son propre cheval.

Point fort de ce film qui sort mercredi en salle, l'excellente bande son, rock’ roll, que l'on n'attend pas forcément avec ce thème, réalisée par le non moins excellent auteur-compositeur-interprète Gallois, John CALE, ancien membre, dans les années 60 du groupe Velvet Underground.




Yannick Sourisseau
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