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Samedi 30 Août 2014


THV de Saint Barthélémy d'Anjou : le Théâtre à Haute Vitalité !


Rédigé par - Le Jeudi 11 Octobre 2012 à 07:38


Théâtre à Haute Vitalité, voilà quel pourrait être l'autre nom du Théâtre de l’Hôtel de Ville de St Barthélémy d'Anjou... Pour incarner cette vitalité qui devrait être présente toute au long de cette nouvelle saison, Jean Baptiste André nous offrait dernièrement sa dernière création: "Qu'après en être revenu".



Brisons la glace...

Photo © Alain Julien
Photo © Alain Julien
« D’où vient donc l’étrange attirance de ces régions polaires, si puissante, si tenace, qu’après en être revenu, on oublie les fatigues, morales et physiques, pour ne songer qu’à retourner vers elles ?»

Cette phrase, que l'on doit à un autre Jean Baptiste, Charcot, célèbre explorateur du début du 20è siècle, a été le point de départ de la réflexion de l'artiste qui l'aura mené, avec trois autres, à la création de cette pièce.

J.B.André, issu du C.N.A.C (Centre National des Arts du Cirque),qui a largement contribué à l'émergence de cette façon de penser et de créer le cirque que l'on dit "nouveau", peut se réclamer, s'il le souhaite, d'un tel courant artistique. Mais aujourd'hui le phénomène est devenu la norme et n'a, désormais, plus rien d’étonnant.

A l'instar de Mathurin Bolze (programmé la saison dernière au Quai), le jeune artiste n'a jamais entretenu l'idée que il serait pertinent de vouloir faire le distinguo entre ce qui meut un danseur et un circassien. Il s'est forgé, à l'issue de sa formation, une solide expérience auprès de "grands" chorégraphes (P.Decouflé, C.Rizzo, F.Verret...) ne renonçant pas pour autant à ses envies "distortionnistes" et à sa pratique d'acrobate-équilibriste.

Un terrain glissant...

Photo © Alain Julien
Photo © Alain Julien
Si l'inspiration est polaire, ne vous attendez pas à croiser phoques ou ours blancs. Ce n'est pas le folklore de ces infinités blanches qui est évoqué au plateau mais l'élan irréfrénable qui pousse parfois des hommes à affronter des terres hostiles, à se dépasser, à aller toujours plus loin. Un pari risqué lorsque l'on choisit pour seul langage celui du corps et comme parti pris scénographique et musical, celui du minimalisme.

Quelque chose parait troublant : la dimension enivrante que confèrent à la pièce cette lumière froide et ces boucles de guitare hypnotiques, ce décalage entre l'image que je me fais de tels périples et l'impression de profonde sérénité et de fluidité dégagée par la pièce.
D’où vient cette quiétude omniprésente ?

En créateurs consciencieux, J.B.André et sa troupe ont tenu à expérimenter ces sensations et ces états de corps par lesquels on peut passer lors d'une marche "blanche". Et, selon leurs dires lorsque l'on évolue en milieu hostile, il n'y a pas de place pour de vains mouvements ou d'inutiles agitations. Il faut alors trouver l'équilibre entre la volonté de produire le minimum d'effort et celle de continuer d'aller de l'avant; chercher une "force tranquille"...

N'allez pas croire pour autant que nos trois circassiens se ménagent ! Seulement les longues heures d'entrainement, sont ici sublimées pour ne laisser paraitre que la beauté et la noblesse du mouvement. Si au début de la pièce les trois individualités se meuvent avec difficulté, par succession de contorsions ou de gestes non finis, très vite ils font corps dans cette même quête qui les anime.

Que cherchent ils, à l'image de cette carte qui finit par recouvrir le plateau, sur laquelle ils dessinent de leurs gestes, qui se froisse, crisse comme de la neige sous des pas ? Il semble que ce dépassement personnel vienne d'en haut comme, peut être, pour symboliser ce combat permanent que mènent les équilibristes contre la gravité.

Comme un froid...

© Alain Julien
© Alain Julien
"Qu'après en être revenu" oscille entre moments ou les êtres cherchent à s'animer dans un même souffle, et corps à corps plus acrobatiques.
Quant à moi, je peine à distinguer si l'ensemble produit sur moi une sorte d’ébahissement "soporifique" ou si cela relève plutôt d'un profond ennui latent. Car, à mon sens, ce voyage, ne pouvais être que le leur...

J'ai bien tenté de me joindre à nos "explorateurs" mais là tache fut plus ardue que je ne m'imaginais (intellectuellement, j'entends...rien à voir avec ma forme physique!) et je me résignais donc, petit à petit, à les laisser partir seuls...

L'origine de cette "étrange attirance, puissante et tenace", dont nous parle Charcot, reste un secret et c'est d'ailleurs probablement mieux ainsi ! Après tout, c'est le propre de l'homme que de vouloir aller toujours au delà de ce qu'il ait, connaisse, ou puisse faire, et d'entreprendre des actions relevant plus d'une volonté de repousser ses propres limites que d'une absolue nécessité.

A l'ère d'Internet, quand les territoires les plus reculés nous deviennent accessibles et qu'il n'y a plus guère d'endroit ou l'homme n'ait posé un pied, si les derniers véritables explorateurs étaient les artistes...?

La scène est l'un des rares terrains vierges qu'il soit encore permis de prospecter et de réinventer sans fin. Aventuriers et créateurs, qu'ils soient de "plaine" ou "de plateau" n'ont de cesse d'ouvrir des chemins ou de défricher ceux empruntés par leurs pairs.

C'est cette similitude qui a fait écho à J.B.André dans sa recherche artistique et sa pratique de l'équilibre. Et c'est également la partie immergée de l'iceberg qui sauve l’intérêt dramaturgique de "Qu'après en être revenu". Après avoir entrepris seul ses premières créations, c'est à plusieurs qu'il entend désormais poursuivre sur la "piste"; comme dans ces voyages extrêmes ou l'entraide est indispensable, car, pour l'artiste : "c'est ensemble qu'on arrive à progresser !"

© Alain Julien
© Alain Julien
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- Et pour écouter Brigitte Livenais vous la présenter sur les ondes de Radio G, c'est par ici: -1 ère partie. et par là: -2 ème partie.

- Prochains rendez-vous: le 12 octobre avec la cie Osteorock et le 18 octobre avec la cie Y.Alexandre.

THV 12-13
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Mathieu Vautrin
"Scenoscopie" s'intéresse au spectacle vivant sous toutes ses formes. Si vous êtes curieux,... En savoir plus sur cet auteur






















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