Technicolor-Fleur Pellerin, une polémique inutile ?


Rédigé par Yves BOITEAU - Le 18/10/2012 - 14:44 / modifié le 18/10/2012 - 23:03


Attaqué mercredi par Fleur Pellerin, la ministre déléguée à l'Economie numérique, le groupe Technicolor se défend. Non, assurent ses dirigeants, ils n'ont pas rompu le gros contrat de production de décodeurs que leurs avait confié Orange, au printemps 2011. Plus d'un an après, le retour de cette vieille polémique insupporte les syndicats.



Fleur Pellerin, la ministre déléguée à l'économie numérique, s'en ait pris de nouveau à Technicolor. Mais cette fois-ci, l'intersyndicale de l'usine d'Angers ne la suit pas.
Fleur Pellerin, la ministre déléguée à l'économie numérique, s'en ait pris de nouveau à Technicolor. Mais cette fois-ci, l'intersyndicale de l'usine d'Angers ne la suit pas.
Ce n'est pas nous, c'est eux. Au lendemain du défilé de soutien aux salariés de Technicolor, une bien curieuse passe d'arme se joue entre le gouvernement, le groupe Technicolor et, indirectement, France Telecom. Avec dans le rôle des spectateurs mécontents, les salariés angevins.

La direction du groupe Technicolor a réfuté ce jeudi après-midi, auprès de l'AFP, les attaques de Fleur Pellerin hier, contre sa gestion de la fermeture de l'usine d'Angers, en maintenant qu'un contrat vital pour le site avait été "rompu par France Télécom", contrairement aux déclarations de la ministre.

"Ce n'est absolument pas Technicolor qui a mis fin à ce contrat", a démenti catégoriquement le président de Technicolor Entertainment, Michel Vaquin. C'est à Sagem que France Télécom a finalement confié - après l'avoir retiré à Technicolor - ce contrat pour la fourniture d'un produit qui à ce jour n'a toujours pas été livré.

"Six mois de retard, cela arrive"

Mercredi, lors d'une audition devant la commission des Affaires Economiques, la ministre déléguée à l'Economie numérique, avait assuré que ce contrat avait "été rompu par Technicolor". "Je le précise, car Technicolor estimait ne pas pouvoir tenir les délais de fabrication de cette nouvelle box, assez complexe, à forte valeur ajoutée. C'est bien Technicolor et non pas Orange qui a rompu le contrat" avait même indiqué Fleur Pellerin.

Selon Michel Vaquin, cité par l'AFP, le contrat, qui portait sur un "décodeur équipé d'un processeur Intel de nouvelle génération (type Groveland)" avait été signé à la fin du premier trimestre 2011, après "consultation avec plusieurs industriels, pour une livraison des produits en avril 2012.

Mais dès septembre de la même année, Technicolor, reconnait-il, avait demandé un "report de livraison" à septembre 2012, sans que cela, selon lui, ne prête à scandale : "Dans la profession, tout le monde sait que dans un projet d'une telle complexité, six mois de retard, cela arrive". Sauf que l'opérateur, "en l'espace de quelques jours", toujours selon Michel Vaquin, "a pris la décision de confier à un autre industriel "la fourniture du produit".

"Un mauvais argument" selon l'intersyndicale

Interrogé par Angers Mag ce jeudi après-midi, Odile Coquereau, la porte-parole de l'intersyndicale de l'usine Thomson Angers, ne donne pas tort à Technicolor sur ce coup là. "L'argument de la ministre n'est pas bon, car France Telecom n'a toujours pas sorti sa box à ce jour. Les équipes des labos de Rennes qui avaient travaillé sur son développement, sont furieuses d'être mises en cause aujourd'hui" explique la responsable CGT.

"On a l'impression que Fleur Pellerin veut appuyer sur la seule tête de Technicolor pour essayer de protéger Orange. Mais le retard est aussi chez les autres, prolonge Odile Coquereau, En attendant, ce sont les salariés d'Angers qui trinquent."

"Face à ces différentes affirmations contradictoires, celles de la Ministre, celles de la Direction d’Orange France Telecom, celles de la Direction de Technicolor" et ne sachant "plus distinguer le vrai du faux", l’intersyndicale du groupe électronique a demandé jeudi soir la création d'une commission d'enquête parlementaire.




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