ThyssenKrupp Ascenseurs, 258 emplois en jeu


Rédigé par Yves BOITEAU et Sébastien ROCHARD - Angers, le 26/09/2014 - 08:02 / modifié le 13/10/2014 - 13:59


Le projet de réorganisation du site industriel ThyssenKrupp d'Angers prévoit la suppression de 258 suppressions d'emplois soit plus de 50% de l'effectif d'ici à la fin du premier semestre 2015. Une coupe sombre qui pose la question de la pérennité du site. La CGT entend passer à l'action dès ce vendredi pour s'opposer au plan.



ThyssenKrupp Ascenseurs, 258 emplois en jeu
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C'est fait. ThyssenKrupp Elevator Manufacturing France (TKEMF), la filiale industrielle française du troisième fabricant mondial d’ascenseurs, a présenté jeudi matin un projet de réorganisation de son site de production d’Angers - le seul de France rappelons-le - qu'il souhaite mettre en œuvre d'ici la fin du premier semestre 2015.

Ce projet a été présenté lors d’un comité central d’entreprise extraordinaire, confirmant les informations qui avaient fuité dans la presse ces derniers jours, à savoir la suppression de 258 emplois sur les 450 que compte le site.

D'un point de vue industriel, selon le communiqué officiel publié par la direction TKEMF, le projet prévoit de recentrer notamment la fonction de l'usine angevine sur "la production de solutions de modernisation, pour le marché français et pour l’exportation en Europe" et "la distribution de solutions de Nouvelles Installations, pièces de rechange et solutions de Modernisation (plateforme logistique) pour les marchés français, belge et luxembourgeois".

"Ce projet est nécessaire pour sauvegarder la compétitivité de notre groupe sur le secteur de l’ascenseur dans un contexte de marché de plus en plus difficile notamment en France" indique dans ce communiqué Jean-Michel Insalaco, le président de ThyssenKrupp Elevator Manufacturing France.

La CGT veut engager un bras-de-fer

Toujours selon la direction de TKEMF, le chiffre d’affaire du site d’Angers a chuté de 26% en six ans, pour s'établir pour 2013-2014 "à moins de 100 millions d'euros", du fait de la baisse continue du marché des "Nouvelles installations" : "Si rien n’est fait, les pertes d'exploitation prévisionnelles cumulées sur les 3 prochains exercices s’élèveraient à plusieurs dizaines de millions d’euros, et ce malgré les efforts déjà déployés par le groupe pour tenter d’améliorer la situation".

"Nous attendions le résultat d’une expertise faite au niveau du groupe en Europe pour début octobre. Et ce plan, très lourd, tombe sans attendre. La direction de ThyssenKrupp se moque des procédures" a déploré Laurent Espaze, représentant syndical CFDT.

Du côté de la CGT, syndicat majoritaire, s'il ne s'agit pas "de partir dans une grève illimitée, nous allons engager un bras de fer dès demain matin, avec un débrayage de 9 h à 12 h", pose Pascal Bouet, secrétaire CGT du comité d'entreprise. C'est lui qui, vers 13 h 30, a annoncé la nouvelle à l'ensemble des personnels de l'entreprise, cadres compris. "Ce que je vais vous annoncer, c'est la première et j'espère la dernière fois que je dois le faire", leur a-t-il précisé, visiblement marqué par l'ampleur de cette annonce.

Pas question pour autant de rester "la tête basse", devant un groupe qui "privilégie les stratégies financières aux stratégies industrielles", avance Pascal Bouet. S'il ne nie pas que la situation est "compliquée", lui aussi s'appuie sur le rapport d'experts qui devait être présenté les 7 et 8 octobre prochains. "C'est en partie la spécialisation et donc la standardisation de notre fabrication qui nous porte préjudice, ce que nous avions dit à la direction depuis 2006. Mais il y a moyen de sauver des emplois sur le site, en allant vers la diversification de la production".

Les départs en retraite ne suffiront pas

Pascal Bouet est le secrétaire CGT du comité d'entreprise.
Pascal Bouet est le secrétaire CGT du comité d'entreprise.
Syndicats et salariés n'ont pas abandonné l'espoir de conserver une partie production sur le site angevin, alors même que l'usine de production espagnole ne fonctionne qu'à "30 % de ses capacités". Car derrière cette restructuration, se pose inévitablement la question de la pérennité d'un site que d'aucuns voient affaibli. "Tout le monde se la pose cette question, admet Laurent Espaze, Pour autant, de notre côté, nous préférons essayer de négocier une réduction de l'impact de ce plan, en privilégiant les départs en retraite et départs volontaires."

La pyramide des âges induit chaque année de nombreux départs en retraite, qui ne suffiront cependant pas à éponger les 258 postes menacés, dans toutes les catégories de personnel. Au-delà du cas de Thyssen, Pascal Bouet s'inquiète également de la "situation très critique de l'emploi sur le bassin angevin. N'oublions pas toutes les pertes d'emplois induits par ce plan -dans un rapport situé de 1 à 2-, parmi nos sous-traitants, nos fournisseurs et les transporteurs. Lorsque l'on laisse des gens sur le bord de la route, ça peut créer des conditions explosives".

Et maintenant ? En dehors du débrayage est des "actions ponctuelles" qui pourraient être menées dans les jours qui viennent, le prochain rendez-vous "officiel" est fixé au mardi 14 octobre, avec une réunion qui marquera le début du Projet de sauvegarde de l'emploi (PSE).












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