Thyssenkrupp : après l'accord social, le bémol syndical


Rédigé par - Angers, le 17/02/2015 - 06:45 / modifié le 31/03/2015 - 21:12


En paraphant le volet social du Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), les représentants syndicaux de Thyssenkrupp Ascenseurs estiment avoir pris leurs responsabilités, sans vendre leur âme. La preuve, ils ont refusé de donner leur avis sur le volet économique du plan, déçus de voir leurs propositions alternatives non prises en compte. Les 258 suppressions d'emplois programmées sur le site angevin ne sont pas remises en cause.



De gauche à droite : Frédéric Delalande, Claudine Van Den Bavière, Pascal Bouet (CGT) et, au premier plan, Michel Vannier (CFE-CGC), quatre des principaux responsables de l'intersyndicale de Thyssenkrupp Ascenseurs.
De gauche à droite : Frédéric Delalande, Claudine Van Den Bavière, Pascal Bouet (CGT) et, au premier plan, Michel Vannier (CFE-CGC), quatre des principaux responsables de l'intersyndicale de Thyssenkrupp Ascenseurs.
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Un peu moins de cinq mois après l'annonce du plan de restructuration de Thyssenkrupp Elevator Manufacturing France (TKEMF), les jeux sont-ils définitivement faits ? Autrement dit : les 258 suppressions d'emplois programmées sur le site de Saint-Barthélémy-d'Anjou -le seul du fabricant allemand d'ascenseurs en France- seront-elles bientôt réalité ? Tout comme l'abandon de tout espoir d'y préserver une véritable production industrielle ?

Après la signature la semaine passée d'un accord entre la direction et les syndicats sur le volet social du projet, difficile de répondre "non" aux deux questions. Pourquoi ? Parce que sauf contre-ordre de la Direction départementale du travail à qui le dossier va être transmis, rien ne peut vraiment s'opposer désormais à la mise en application du projet de la direction de TKEMF, laquelle ne s'est pas gênée pour communiquer sa satisfaction dès la semaine passée.

"Cet accord est l’aboutissement du dialogue social que la direction a toujours souhaité privilégier au cours de la procédure. (...) (il) permet d’apporter des améliorations significatives au projet initial, notamment en termes d'aides au reclassement, de formation, d'accompagnement des salariés ou d'indemnisation financière" avait indiqué mercredi la direction de TKEMF, précisant qu'en moyenne, la "couverture financière des collaborateurs" s'élèverait "à près de 3 ans de salaire – soit 90000 euros pour une ancienneté moyenne - très au delà des seuils prévus par la législation".

"On ne peut pas dire que les salariés ont été très contents de lire ça dans la presse, commentent à postériori les représentants de l'intersyndicale CGT-CFE/CGC du site, Bien évidemment que l'accord est correct pour la majorité d'entre eux mais 90 000€ est une moyenne par salarié de l'ensemble des mesures, pas ce qu'ils vont toucher chacun."

Ainsi, sur les indemnités supra-légales, un "talon" (ou plancher) de 18 000€ a t-il été négocié, auxquel viennent s'ajouter 6 mois de salaires et 750€ par année d'ancienneté soit 30 000€ minimum par salarié.

L'accord prévoit aussi un congé de reclassement d’une durée de 12 à 15 mois (selon l’âge et le projet), des formations d’adaptation et de reconversion, des aides à la création ou la reprise d’entreprise et un dispositif de départ volontaire à la retraite pour les personnes pouvant bénéficier d’une retraite à taux plein pendant la durée du congé de reclassement. "Il n'y a pas eu de vote mais nous avons pris nos responsabilités, car la grande majorité des salariés trouvait que les propositions étaient acceptables" explique Claudine Van Den Bavière, secrétaire CGT du comité central d'entreprise.

Maintien de la production : "C'est un débat européen"

Sur le volet économique du projet de restructuration en revanche, les syndicats de Thyssen ont choisi de ne pas se prononcer. Une manière de marquer leur désaccord avec l'absence d'intérêt que semble avoir susciter auprès de leur direction, leur recherche d'alternatives à la quasi-suppression de production sur le site.

"A la production même, il ne devraient plus être qu'une quarantaine de personnes. Il ne va rester que la partie électrique, les services supports, la logistique et une toute petite activité de tôlerie" précisent les représentants syndicaux, lesquels misaient sur une redistribution d'activité à l'échelle européenne pour préserver le site industriel d'Angers.

Jeudi dernier, ils ont eu la confirmation d'une fin de non recevoir sur les propositions émises par les experts qu'ils avaient fait travailler sur ce scénario. "C'est un débat européen. Nous considérons que c'est le siège allemand qui est responsable de la situation et n'oublions pas que l'avenir du site d'Angers a été décidé avant même la fin d'une étude qui avait commandée sur l'optimisation des sites en Europe. On ne nous a pas donné notre chance."

Si la direction de TKEMF s'est engagée à "une garantie de maintien de l’emploi de 3 ans sur le site", les termes de cet engagement restent à finaliser avec les partenaires sociaux. Lesquels affirment ne pas avoir dit leur dernier mot. "On sait qu'on a un bon dossier. On va voir comment va être reçu le volet économique du PSE par la Directe (Direction du travail). Mais s'il n'est pas jugé satisfaisant, on n'écarte rien."




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1.Posté par non au pse le 17/02/2015 14:41 | Alerter
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Etant salarié à Thyssen, je me permet de réagir.

"Il n'y a pas eu de vote mais nous avons pris nos responsabilités, car la grande majorité des salariés trouvait que les propositions étaient acceptables" explique Claudine Van Den Bavière, secrétaire CGT du comité central d'entreprise.

--> FAUX!On n'a pas la même notion de "majorité". Selon le syndicat, un référendum était impossible car trop d'absents. La semaine suivante, l'intersyndicale nous annonce avoir décidé de signer avec le consentement...








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