Tomber en amour pour Gabrielle


Rédigé par cinéma-audiovisuel Lycée Renoir - Angers, le Vendredi 25 Octobre 2013 à 12:52


Ce film traite la question de l'amour et la sexualité entre deux handicapés. La réalisatrice Louise Archambault, nous propose, à travers ce chef-d’œuvre, une variation originale sur le thème de la tolérance et le respect de l'autre .



Tomber en amour pour Gabrielle
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Avec Familia, (2005), prix du meilleur premier long-métrage au festival de Toronto, la réalisatrice traitait avec délicatesse de la question de la transmission des valeurs dans la famille. Voici, avec la même délicatesse, Gabrielle, une histoire d'amour entre deux jeunes adultes handicapés mentaux qui réclament leur indépendance. Cette comédie dramatique québécoise a reçu le prix du public du festival du film de Locarno en Août 2013.

Gabrielle et Martin veulent vivre leur histoire d'amour comme Sophie (Mélissa Désormeaux-Poulin), la sœur de Gabrielle, et Raphaël (Sébastien Ricard), le fiancé de cette dernière, parti travailler en Inde. Comme sa sœur, dont elle est très proche, Gabrielle veut avoir un appartement et décider de sa vie. L'histoire d'amour de Gabrielle et Martin, a priori banale, devient un sujet très sensible dès lors que la sollicitude des proches, leurs bonnes intentions, leur crainte du déséquilibre et de la souffrance, viennent empêcher la liberté de l'expression amoureuse du couple.

Ce film est riche en émotions et ne tourne pas au ridicule comme la plus part des « love story » que l'on voit habituellement au cinéma. L'actrice qui incarne Gabrielle, Gabrielle Marion-Rivard, est réellement atteinte du syndrome de Williams, et la plus part des acteurs (sauf Martin en particulier) sont eux aussi atteints d'un handicap. Le film est ainsi très réaliste, proche du documentaire. Pour autant, il s'agit bien d'une fiction, il s'agit bien de nous raconter une histoire qui interroge, avec vérité, les fondements de la dignité de tout être humain.

Les nombreux plans rapprochés des deux amoureux nous donnent l'illusion d'être au cœur du film et donc de faire partie de leur histoire, d'accompagner leurs gestes, leurs échanges de regards, leurs dialogues, sans aucun voyeurisme. Les personnage sont très attachants. D'autant plus que la caméra est placée à hauteur d’œil, ce qui place le spectateur au niveau des personnages, ni plus, ni moins : il n'y a donc pas de position de supériorité du spectateur. Lorsque « le chum et sa blonde » sont ensemble on arriverait presque à oublier leur handicap. La caméra capte notre attention, elle saisit les émotions des personnages jusqu'à nous faire presque oublier le décor. On ne peut pas rester insensible au charme de Gabrielle et de son sourire naturel et communicatif.

Gabrielle est aussi un film qui laisse entendre que la musique est un moyen exceptionnel de partager et communiquer. En effet, Louise Archambault met en scène « Les Muses de Montréal », la chorale du centre de loisirs dont font partie Gabrielle et Martin. Celle-ci reprend des chansons de Robert Charlebois, chanteur Québécois célèbre, qui joue également sont propre rôle dans le film. La bande son soutient le rythme du récit et crée une atmosphère qui capte et communique les émotions. Pouvoir chanter en chœur, c'est se tenir debout, dépasser les difficultés et les transcender.

Gabrielle est une véritable leçon de dignité qui peut, à tous, nous être utile.


Suzanne












Angers Mag