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Société
Un peu de savoir-vivre, même pendant les vacancesRédigé par Yannick SOURISSEAU - Le Dimanche 21 Août 2011 à 17:02
Pendant les vacances tout semble permis. Nombreux sont ceux qui rangent au placard les quelques règles élémentaires de courtoisie et de civilité et adoptent un comportement intolérable dans un pays connu, il y a quelque siècles, pour être celui de la courtoisie. Voici deux exemples vécus qui permettent d’illustrer le savoir-vivre à la française.
J’en vois déjà qui vont me dire : il nous ennuie celui-ci avec ses leçons de morale. Et pourtant c’est tellement plus agréable de vivre dans un monde où chacun se respecte. Dans un pays comme la France qui se dit être celui du savoir-vivre, ça devrait tomber sous le sens, et pourtant … Les deux exemples qui suivent ont été vécus en quelques heures dans l’une de nos belles régions de France. Ils n’ont rien d’anecdotiques, malheureusement.
Le premier concerne un brave cycliste du dimanche dont le vélo vient de faire l’objet d’une défaillance. Pour rentrer chez lui, il emprunte la route départementale voisine en marchant sur le bas côté, tenant son vélo à la main pour le faire rouler sur le bord de la chaussée. Les automobilistes dont la plupart rentrent de vacances sont contraints de ralentir et faire un léger écart afin d’éviter le vélo. Insistons bien sur le terme léger, car le vélo n’est pas au milieu de la chaussée, mais sur la ligne blanche qui borde la voie. Soudain, l’un d’eux, obligé comme les autres de ralentir, arrive à grand renfort de klaxon, hurlant à l’adresse du pauvre cycliste. Bien sûr je tairai le département d’origine du conducteur, mais une chose est sûre le cycliste lui a fait perdre au moins 3 secondes sur un parcours de trois heures. Énorme dans la vie d’un français intolérant comme on en trouve beaucoup sur les routes, surtout le week-end. Des places handicapées prises d’assaut
Le second est beaucoup plus grave et traduit l’esprit d’incivilité et de manque de respect de nos concitoyens. L’affaire se déroule sur le parking d’un supermarché de la côte Atlantique. L’un des emplacements, réservé aux personnes handicapées, est libre. Arrive alors une jolie blondinette, bronzée à souhait au volant d’un petit cabriolet. C’est l’été, les vacances, mais on n’en est pas moins pressé. La jeune femme choisit d’occuper la place handicapée. Sortant sur ses deux jambes, superbes d’ailleurs, elle semble posséder toutes ses facultés physiques.
Pas le temps de sortir son sac à provisions qu’une autre voiture se stationne derrière. Celle-ci possède un macaron « GIC » (Grand Invalide Civil). Il s’agit pour le coup d’une personne en situation de handicap. Ouvrant la fenêtre, le monsieur, à peine plus âgé que la jeune fille lui demande gentiment de libérer la place. « Je n’en ai pas pour longtemps. Regardez il y a d’autres places un peu plus loin », lui répond la conductrice indélicate. - « Oui, mais je ne vais pas pouvoir sortir » - « Mais si, les voitures ne sont pas très larges. Il y a de la place pour tout le monde », conclut la jeune femme avant de partir vers le magasin (*), laissant le pauvre handicapé avec ses problèmes. Car des problèmes il va en avoir pour extirper son fauteuil roulant, s’installer dedans et aller faire ses courses. « Excusez-moi » pourrait disparaître de la langue française
Et ce cas est loin d’être isolé, certains encore plus désinvoltes que les autres vont même jusqu’à réaliser de fausses cartes d’invalides copiées sur Internet pour ne pas être pris en défaut sur ces places situées au plus près des entrées afin de faciliter les déplacement de nos amis handicapés.
Alors que peut-on souhaiter à cette dame : qu’elle perde un jour l’usage de ses jolies jambes pour enfin retrouver la raison ? Peut-être, en attendant ils sont de plus en plus nombreux, et pas seulement pendant les vacances, à manquer de respect à des concitoyens en difficulté. Nous Français, les champions toutes catégories de la courtoisie, devenons au fil du temps impatients, intolérants, irrespectueux. Et ce n’est pas prêt de s’arranger, car ces notions élémentaires de savoir-vivre ne font plus partie de nos préoccupations des Français. A l’exemple des termes « bonjour », « s’il vous plait », « merci » et « excusez-moi », qui, si l’on n’y prend pas garde pourraient bien être rayés de la langue française dans le prochaine années au profit de « Nique ta mère » ou encore « va te faire enc… ». (*) Pour la petite histoire, l’auteur a abordé la jeune femme pour lui expliquer les difficultés du jeune handicapé. Celle-ci, furieuse, a traité l’auteur de tous les noms d’oiseaux de son répertoire. En clair elle lui a demandé de se mêler de ce qui le regarde. La bêtise est humaine, c'est confirmé Responsable de publication et rédacteur en chef, assure le suivi technique du journal et son... En savoir plus sur cet auteur
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