"Un spectacle, ça a un coût !"... échange sur le financement de la culture


Rédigé par Yves BOITEAU et Sébastien ROCHARD - Angers, le Lundi 6 Juillet 2015 à 07:42


La culture est-elle menacée par ses difficultés de financement ? Conséquence de la restriction des budgets des collectivités locales et de la disparition de certains festivals, un certain émoi a gagné les milieux artistiques, économiques, politiques et le public, ces dernières semaines. A tort ou à raison ? Avec quelles implications locales ? Quelles éventuelles conséquences ? Et quelles adaptations à venir ? Angers Mag a réuni trois de ses acteurs locaux pour en discuter. L’occasion pour Christophe "Doudou" Davy (Radical Productions/Rock-en-Seine), Xavier Massé (Premiers Plans) et Ronan Pichavant (Festival d’Anjou) d’échanger leurs points de vue et leurs réflexions. Entre passions, liens au territoire et pragmatisme économique.



De gauche à droite, Ronan Pichavant (Festival d'Anjou), Xavier Massé (Premiers Plans), Jean-Michel Claude (trésorier Premiers Plans) et Christophe Davy, dit Doudou (Radical Productions, co-fondateur de Rock en Seine).
De gauche à droite, Ronan Pichavant (Festival d'Anjou), Xavier Massé (Premiers Plans), Jean-Michel Claude (trésorier Premiers Plans) et Christophe Davy, dit Doudou (Radical Productions, co-fondateur de Rock en Seine).
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De nombreux quotidiens se sont fait l’écho, cartes à l’appui, de la disparition importante de festivals sur le territoire, depuis un an. Comment les professionnels que vous êtes réagissent à cette actualité ?
 
Christophe Davy : « Ce sont des conneries. Et je le dis sans l’étayer, comme Libération par exemple ne l’étaye pas. Il n’y a jamais eu de cartographie de ce qui disparaissait et apparaissait chaque année. Et à un moment donné, c’est plutôt sain qu’il y ait des choses qui disparaissent pour que d’autres choses apparaissent. Il y a des festivals qui méritent aussi de s’arrêter ! »
 
Xavier Massé : « On pourrait tout reprendre depuis 1950 si on s’arrêtait à ce raisonnement que tout devrait durer tout le temps. Un festival, c’est aussi une production , une envie, un désir artistique qui se met en œuvre ; et ce désir, cette production ne sont pas forcément toujours pertinents par rapport au besoin du terrain. Donc le fait que les choses s’arrêtent, il faut aussi regarder si c’est pour des raisons purement économiques ou pour d’autres. Tout simplement l’impact, l’intérêt pour le public. Ce sont des cartographies qui n’ont pas de recul… Difficultés, ça ne veut pas dire disparition »
 
Ronan Pichavant : « Je rejoins ce qui a été dit, avec une toute petite nuance. Sur les 30 dernières années, c’est vrai qu’il a quand même certaine manifestation fortes qui ont disparu et qui t’interrogent : tiens, il y a quand même une problématique… Après, si on regarde depuis les années 50, 60, 70, 80, ça va, ca vient ; il y a un coup de projecteur, sur le contexte des collectivités locales qui de plus en plus se désengageraient, mais c’est surtout un bon coup médiatique, une photographie à l’instant T.  Ca peut être intéressant, mais qu’est-ce qu’on en fait ? On panique ? Non, non, le soufflé est retombé. »
 "On s'est rendu compte que si on n'allait pas chercher le privé, on ne s'en sortirait pas" - Ronan Pichavant

Pour autant, est-ce plus difficile de trouver des financements, aujourd’hui qu’hier ?
 
R.P : « Ça reste un combat… »
 
X.M : Moi, je n’ai pas plus de difficulté qu’il y a 25, 20, 15 ans, 5 ans, 6 mois ! Dès lors qu’on a une certaine ambition pour des projets, des artistes, des œuvres, et bien on construit un projet à la hauteur de ces ambitions-là, mais aussi à la hauteur des attentes qu’on détecte chez les spectateurs. On se donne les moyens : mais du même coup les difficultés deviennent un obstacle récurrent, régulier, parce qu’on est dans une stratégie de développement. C’est parfois plus compliqué pour des raisons politiques, parfois plus compliqué avec des partenaires privés –on a eu un petit creux il y a 5-6 ans- parce que c’est la crise, parfois des baisses de pouvoir d’achat qui se ressentent en billetterie… Un festival, c’est un montage très complexe : notre métier est d’intégrer, au-delà de la mise en forme de choix artistiques et esthétiques, ces paramètres-là. Plutôt que de parler de problèmes de financement, il faudrait plutôt parler de la structure du financement des festivals. Comment on invente des propositions vis-à-vis des pouvoir publics, comment on leur propose des partenariats, comme on travaille avec le privé, avec les publics et comment on crée un environnement économique qui permet de porter le projet sur du court et du long terme à la fois ? »

 R.P : « Oui, mais il faut reconnaître qu’en 20 ans, il y a une évolution importante dans les parts du gâteau qui structurent financièrement un festival. »
 
X.M : « C’est vrai, mais la nature, la densité, et la complexité de l’approche budgétaire est toujours la même. »

"Un spectacle, ça a un coût !"... échange sur le financement de la culture
La recette pour financer un événement a donc évolué ces dernières années ?
 
C.D : A mon niveau, celui des musiques actuelles, elle a toujours été différente ! Il n’y aucun festival –ou alors très peu- qui est subventionné à plus de 50 % de son coût ou de ses recettes par une collectivité, quelle qu’elle soit. Il y a des festivals qui ont été montés sur des origines très différentes. Les Eurockéennes, par exemple, c’était une vraie volonté politique du territoire de Belfort ; les Charrues ont été montées de manière bénévole, mais avec un soutien fort de la municipalité, car ça correspondait à une ambition politique… Le secteur est finalement très éclaté. Et aujourd’hui,  il n’y a plus aucune collectivité ou aucun politique qui aura les couilles de monter un truc en en prenant la responsabilité et surtout en en prenant la production.

La grosse différence avec il y a 10, 15, 20 ou 3O ans, c’est qu’il est impossible aujourd’hui de commencer avec trois fois rien. Que ce soit sur une initiative publique ou privée. Le fric a tout rempli. »
 
Ça veut dire que le financier prend le pas sur l’artistique ?
 
C.D : « Non, ca veut juste dire que pour servir ton projet artistique il faut de la finance. Ma boîte, je l’ai créé en 1989 avec juste le capital et un emprunt étudiant, je ne pourrai pas le refaire en 2015. J’avais commencé avec l’équivalent de 7000 € : lancer une boîte de prod aujourd’hui avec moins de 200 ou 300 000 € d’avance, c’est mort !

Ce qui a vachement évolué, c’est ce contexte-là. Créer de nouvelles aventures ou un nouveau festival, même dans le secteur public, c’est impossible avec un billet de 100 000 €. A part pour faire de l’animation d’été, mais c’est un autre projet. »
 
X.M : « Les plateaux techniques, artistiques sont tellement hauts maintenant… mais quand on parle de développement d’économie et de filière, il faut aussi en accepter le coût.
 
Ça veut aussi dire que vous avez dû évoluer dans votre financement. Comment l’avez-vous fait, par exemple, au festival d’Anjou ?
 
R.P : « Le théâtre aujourd’hui, ça n’est pas forcément quelque chose de très grisant, ça reste encore avec une image élitiste. Dans les années 90, le ressenti a été de dire que les financements publics ne pourraient plus soutenir le festival : les équipes se professionnalisaient, la technique, les cachets, les coûts plateau devenaient de plus en plus conséquents. On s’est rendu compte que si à un moment, on n’allait pas chercher le privé, on ne s’en sortirait pas. Aujourd’hui, si on est à 60% de fonds propres, avec grosso modo 35 % de pur mécénat qui s’associe à l’image du festival d’Anjou, c’est qu’on a démarré il y a 15 ans. Si on ne l’avait fait qu’aujourd’hui, on serait mort.
 
Même sur des initiatives publiques, c’est donc le financement privé qui a pris le pas ?
 
R.P : C’est en tout cas un rééquilibrage. Et ça donne plus de force aux organisateurs pour construire et proposer des choses de ne plus avoir juste l’initiative d’un politique ou d’un élu qui va dire : bon, on va faire ça comme ça… Ça permet de proposer d’autres éléments. Ca a un peu rebasculé depuis la fin des années 2000 avec la création de l’EPCC, mais à la fin des années 90, avec l’association du festival, on avait énormément de coproduction avec des compagnies locales, de créations sur le grand ouest…

Ronan Pichavant.
Ronan Pichavant.
Quel est justement le bon équilibre d’un financement aujourd’hui ?
 
C.D : « Je pense que compter, sur des esthétiques de musiques actuelles, sur plus de 10 à 15 % de financement des collectivités territoriales –peu importe l’échelle- c’est illusoire. Il faut être à 30 ou 40 % de partenaires, mécénat…
Ensuite, ce n’est que de l’annonce, mais si je crée quelque chose de nouveau sur un territoire, par principe, sur 100 de budget, il doit y en avoir 50 payé par le spectateur. C’est nécessaire que la personne qui est vraiment concerné mette au pot d’abord. J’ai envie de dire que c’est le premier partenaire du festival. Si tu n’as pas cette base solide d’un public qui est là –on peut le faire dans la musique mais peut-être pas sur d’autres esthétiques- ton festival n’a pas de sens : tu le fais pour que des artistes et un public se rencontrent, non ? »

X.M : « Un spectacle ça a un coût. Un coût, ça veut dire un prix d’entrée, que tout le monde paye sa place. C’est la première valorisation du spectacle !
 
Compte tenu de ces nouvelles réalités, le rôle de la sphère publique est-il encore central ?
 
C.D : « En France, 57 % du PIB, c’est le secteur public. Donc que tu fasses n’importe quoi dans la vie en France, si t’évite le secteur public, t’évites 50 % du financement. C’est aussi simple que ça. Tu ne peux pas faire quelque chose contre ou sans ton territoire. Rien que par rapport aux autorisations administratives. Il me semble illusoire de vouloir créer un événement sans que ton territoire y participe, d’une manière ou d’une autre, qui n’est pas forcément financière d’ailleurs. Si tu veux faire un truc et que le maire te dit qu’il n’est pas d’accord, t’oublie. Après, qui a la main, qui a l’initiative, c’est une autre paire de manches.
On peut dire ce qu’on veut : le secteur public a énormément investi dans la culture, ces 25 dernières années, mais c’est fini. Quitte à apparaître pour un lecteur du Figaro, moi quand on me dit qu’on doit privilégier la justice, la santé, même travaillant dans le milieu de la culture, ça ne me choque pas.
 
X.M. « La question est aussi de savoir ce qu’obtient la puissance publique par rapport au financement qu’elle donne. Si on veut parler financement, il faut parler évaluation des résultats, de l’impact sur les bénéficiaires. On ne peut pas extrapoler une subvention de ce qu’elle génère comme bénéfice. Lorsqu’on aide une manifestation culturelle à son déroulement, à son organisation, elle génère d’autres valeurs, d’autres bénéfices, pas forcément quantifiables, mais c’est cela qu’il faut voir. Il faut voir les dépenses culturelles comme un investissement. Investissement pour l’attractivité d’un territoire, pour l’activité sociale, pour le bénéfice artistique et culturel du public… D’où le travail de valoriser ce que l’on fait, pour le public, mais aussi pour le privé. On ne bénéficie pas forcément de notre histoire, on bénéficie de notre travail. Et le travail, c’est quoi : c’est d’inventer, de produire, d’organiser, mais aussi d’évaluer. C’est ce cycle vertueux qui fait que d’année en année on s’améliore.
 
C.D : Je suis coproducteur de Rock en Seine. C’est une initiative privée sur laquelle la région Ile de France a mis 600 000 € sur la table, ce qui était un gros billet et constituait, la première année, 50 % du budget. Maintenant, c’est toujours 600 000 €, mais ça représente 8 % du budget. Ca a fait effet de levier, et après on a fait notre travail.
 
X.M : Ce qui est fondamental aussi, c’est la manière d’associer nos partenaires à notre projet. Il y a tellement de points de recoupements, d’intérêts communs, d’envie commune autour de notre programmation, de notre désir, de nos choix artistiques et esthétiques que justement, on pense l’apport financer comme étant la résultante d’un partenariat dans le cadre du développement de cette manifestation qui sert et s’ancre sur le territoire. Et cet aller-retour nous permet non pas de se dire « C’est que le projet budgétaire et financier du festival ? », mais « Avec qui on va faire quoi et dans quel objectif ? ». Un festival, c’est une invention permanente, qui s’applique évidemment au projet artistique, au projet de médiation, au projet de communication, mais également au projet de relation avec les partenaires. Même s’il a un rayonnement national, européen ou international, un festival a forcément besoin d’un ancrage local qui permet d’inventer au quotidien la réalité de l’événement.
"Un festival, c’est une invention permanente, qui s’applique évidemment au projet artistique, au projet de médiation, au projet de communication, mais également au projet de relation avec les partenaires. Même s’il a un rayonnement national, européen ou international, un festival a forcément besoin d’un ancrage local qui permet d’inventer au quotidien la réalité de l’événement" - Xavier Massé

R.P : « Les partenaires hors financiers sont aussi hyper importants, dans le cadre de l’ancrage sur le territoire. En 7-8 ans on a développé cette dynamique-là, avec une cinquantaine de partenaires. Il s’agit d’amener des savoir faire, des compétences. La valorisation de ces 50 partenaires hors financiers, c’est tout simple : elle se situe autour de 300 000 €. »
 
X.M : « Pour revenir sur le rôle de la sphère publique, il faut aussi remettre ça dans son contexte. Nos manifestations, nos festivals ont évolué en même temps que les politiques publiques, en matière de culture. Tout n’est pas figé là aujourd’hui comme ça l’était il y a 25 ans. Je pense que des projets comme Premiers Plans, comme Radical production, comme le Festival d’Anjou ont été obligés de bouger les lignes. Et c’est là où avancer ensemble est intéressant. Autant le privé peut faire des choses, autant le rôle de l’institution, c’est bien d’être au service du citoyen, notamment sur des questions qui sont difficilement compatibles avec un investissement privé, même événementiel. On parle là d’éducation de transmission, d’accompagnement social… il ne faut pas oublier cette dimension là : lorsque l’on parle de financement de la culture, parlons de financement des effets de la culture. L’investissement des collectivités est à juger à cet aulne-là. C’est fondamental."

"Un spectacle, ça a un coût !"... échange sur le financement de la culture
Ce qui est nouveau, c’est aussi la problématique du rayonnement territorial qui est posée aujourd’hui, alors que ça n’était pas le cas il y a quelques années. Faut-il pour autant se bercer d’illusion, en considérant Angers comme l’Athènes de l’ouest ? »
 
X.M : « Quand on aime sa ville, d’abord on y travaille, on y vit, on y contribue, on ne se prend pas la tête sur des plans de comm’ à la noix… non, on est sincères. Moi, je trouve qu’ici la culture est sincère. Ce sont des acteurs de terrains qui travaillent avec d’autres acteurs du terrain, avec les moyens du terrain et qui ne font pas ça pour des questions de communication, mais pour du contenu. C’est notre atout majeur quand on va à l’étranger : les gens comprennent que c’est dans cette optique qu’on travaille, sans distorsion, sans arrière-pensée, sans calcul mais surtout en partenariat. »
A l’échelle d’Angers, l’interdisciplinarité, la collaboration entre partenaires existe toute au long de l’année. Et c’est assez remarquable. C’est peut-être ça la couleur de l’Athènes de l’ouest : les gens sont dans une espèce d’agora culturelle permanente, parce qu’ils ont les mêmes fondamentaux.
 
C.D : « Je mettrai juste un bémol par rapport à Xavier. Je trouve que le territoire a fait une erreur dans les années 80, 90 –je parle de l’époque Monnier/Antonini- où l’initiative privée dans le domaine culturel était très très mal perçue. On est quand même dans une ville où soit c’était contrôlé par le secteur public, soit ça ne devait pas exister. Ce qui a changé maintenant, c’est l’arrivée de personnes ouvertes. C’est aussi une histoire de générations où l’on voit les choses différemment. On sortait d’une vieille école où la culture, en gros, ne pouvait être que publique. Or je pense que les deux peuvent être complémentaires.
On n’en parle pas assez, mais à un moment, un festival qui a réussi, ça devient une marque. Et une marque de qualité qui amène plein d’effets positifs, elle a quand même une valeur. Je prends l’exemple du Printemps de Bourges, qui ne gagne pas d’argent sur son activité. La seule chose qui a été valorisée, c’est cette marque, qui est devenu une marque du territoire, une marque de la ville. Tu ne le délocalises pas comme ça ! Ca n’est pas une animation municipale ! Ça se construit sur le temps, et des marques créées sur un territoire, il n’y en a pas tous les jours. »

Est-ce que l’avenir ne passe pas la mutualisation , la transversalité, l’interdisciplinarité, à l’exemple d’Austin ?
 
C.D : Je n'y crois pas du tout ! Il ont mis sous un même chapiteau trois thèmes de festival, dissociés au niveau du temps. C’est un temps fort de ville où les événements s’enchaînent. Quelqu’un qui vient au numérique ne vient pas forcément pour la musique et celui qui vient pour le cinéma ne vient pas pour autre chose. On est chacun sur un secteur d’activités où il y a déjà plein de boulot si tu veux aller au bout… Ça ne veut pas dire que les gens ne se parlent pas !
De ce point de vue, l’exemple d’Austin Angers Creative est bon puisqu’il a été décidé de mettre sous une même coupe des disciplines différentes. Reste qu’au sein d’Austin Angers Creative, il y a bien quatre départements différents, avec des gens différents. Chacun développe l’activité qu’il connaît. Moi, je ne sais pas faire à bouffer. Chacun a quand même son domaine d’expertise !
 
X.M : Je ne pense pas non plus qu’on puisse modéliser ce qui se passe à Austin sur Angers. Déjà parce que l’on a chacun des projets très forts, avec des pratiques qui sont différentes.
 
C.D : Par contre, ça permet de nous mettre tous autour d’une table, alors que dans le speed de notre activité, c’est le genre de recul que l’on ne prend pas. Ca permet d’échanger, d’inventer de nouvelles choses : ça, c’est hyper intéressant.
 
Y’a-t-il vraiment du business à se faire du côté d’Austin, très concrètement ? Car c’est quand même comme cela que les choses ont été vendues, du point de vue politique ?
 
X.M : "Ce sont des choses qui se mettent en place. Toutes les politiques, ça ne se juge pas en 6 mois, mais en 5 ans. Opérationnellement, l’association est née le 21 décembre dernier ! C’est une vraie opportunité pour la ville d’avoir une fenêtre de tir, un focus possible avec de futures collaborations, mais il faut laisser le temps au temps.
Il y a un exemple qui parle de lui-même : avant même que cette structure existe, regardez juste la manière dont Levitation s’est installé à Angers et l’impact en deux ans et demi ! Point barre ! Avec les moyens que nous avons, les compétences du territoire, regardez comment Levitation s’est installé à Angers comme un modèle faisant référence en Europe. Si on peut avoir trois au quatre raisons comme ça dans les deux années qui viennent, et puis d’autres collaborations que l’on ne suppose pas encore, eh bien tant mieux, on aura réussi ! Mais il faut garder cette idée que se sont des opportunités qui se cumulent."
"Sur des histoires comme celle d'Austin, tu es un peu obligé de rêver, d’envisager l’improbable, parce qu’autrement, tu ne fais jamais rien" - Christophe Davy

C.D : "Et il ne faut pas oublier qu’Angers est une ville de 150 000 habitants et qu’on est plus dans une position où l’on doit draguer Austin, qui est beaucoup plus gros et en expansion monstrueuse que le contraire. Ça va prendre du temps, mais moi dans le milieu de la musique, j’y crois. J’ai déjà créé des liens avec des promoteurs d’Austin, on a réussi à attirer le Levitation qui est la seule version européenne qui existe depuis deux ans et demi, et on attire des gens. L’idée, c’est de passer à un autre stade et de faire grossir ce festival. Ça reste un festival de niche, qui ne fera jamais 20 000 personnes par jour, mais si on peut le passer à 3, 4, 5, 6 000 jours sur deux ou trois jours, déjà ce sera bien.
A nous d’être créatif, malin, charmeur et de leur faire voir qu’ils ont intérêt à venir. La cité de l’objet connecté va dans ce sens : Austin est la première ville tech aux USA. Donc si on a une cité pour que les gens s’expriment  là-dedans, à moyen terme, est-ce qu’on ne sera pas capable d’attirer des gens d’Austin qui démarrent leur activité ?
Sur des histoires comme ça, tu es un peu obligé de rêver, d’envisager l’improbable, parce qu’autrement, tu ne fais jamais rien."

Jean-Michel Claude, trésorier de l'association Premiers Plans.
Jean-Michel Claude, trésorier de l'association Premiers Plans.
Adapter sa stratégie, l'exemple de Premiers Plans
Jean-Michel Claude, trésorier de Premiers Plans, présent depuis l'origine : "La première phase, c’est que rien ne pouvait se faire sans qu’on ait un accompagnement de la collectivité. La stratégie, ça a été d’élargir, à partir de cette collectivité, aux partenaires, institutionnels –le Département, la Région, l’Europe- puis au milieu professionnel du cinéma. Donc on a essayé d’élargir un maximum, toujours autour d’un petit noyau.

Il y a eu une 2e phase qui a consisté à améliorer tout ce qui était billetterie. Au début, l’importance était d’accéder au festival, on n'avait pas un souci très fort de ce que pouvait être l’apport de recettes propres. Là, on a mis en place tout un système pour qu’il y ait des recettes propres de billetteries, de publicité…
Ensuite, on est passé aux partenaires privés –du bâtiment, des banques, de l’agroalimentaire… Nous arrivons aujourd’hui à une structure financière où la billetterie et les recettes propres tournent autour de 20 %. Ensuite on a des partenaires privés, autour de 20 – 25 %. Et puis, les collectivités ou partenaires institutionnels, c’est le complément. C’est un objectif qui se construit d’année en année et qu'il faut s'adapter continuellement.

C’est vrai qu’aujourd’hui, le festival est suffisamment connu pour que quand on demande à quelqu’un s’il veut participer ou nous accompagner, eh bien déjà, il nous connaît. On n’a pas besoin d’expliquer pendant une heure qui on est. On a une aura qui permet d’attirer et qui renforce le rayonnement d’Angers et du territoire. On attire sur le territoire, donc automatiquement le territoire nous répond."












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