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Festival d'Anjou

Une Nuit des Rois irrésistible


Par - le 13 Juin 2009 à 23:48

Créée spécialement pour le Festival d’Anjou par son Directeur Artistique, Nicolas BRIANÇON, la Nuit des Rois de William Shakespeare, aura permis au public de renouer avec la bouffonnerie « so british ». Du grand spectacle qui augure bien de ce que sera le 60ème Festival d’Anjou.



Sébastien et Olivia, s'adressant au bouffon Feste.
Sébastien et Olivia, s'adressant au bouffon Feste.
Jeudi soir, lors de la soirée d’ouverture du Festival d’Anjou, le Directeur Artistique et metteur en scène de la Nuit des Rois de Shakespeare avait annoncé la couleur aux 1400 spectateurs massés dans les tribunes du Plessis-Macé : « c’est la plus jubilatoire des comédies de Shakespeare, une œuvre incontournable qui préfigure, pour moi, la comédie moderne ».

Que l’on ne si trompe pas, la Nuit des Rois n’est pas une de ces tragédies interminables et parfois ennuyeuses dont l’auteur anglais avait le secret. Dans cette bouffonnerie, à l’accent très britannique, le public à pris un plaisir non dissimulé, riant et applaudissant des facéties des acteurs, lesquels s’en sont donnés à cœur joie pour cette première séance d’un festival qui s’annonce plutôt pas mal.

"La Nuit des Rois" est conforme, à quelques détails près, à celle présentée en 1601 par William Shakespeare, pour les cérémonies de l’Epiphanie. « La Nuit des Rois » se déroule en Illyrie, un royaume situé sur les bords de l’Adriatique, où règne le duc Orsino (Yannis Baraban), amoureux de la belle et riche comtesse Olivia (Chloé Lambert). Cette dernière, en deuil, repousse les avances du duc.

Viola (Sara Giraudeau) qui croit avoir perdu son frère jumeau Sébastien (Thibaud Lacour) dans un naufrage sur les côtes d’Illyrie, trouve refuge chez le duc Orsino. Désireuse de gagner les faveurs de ce dernier elle se travestit en homme, Césario, et devient son confident et son émissaire auprès de la belle Olivia. Cette dernière qui refuse toujours de rencontrer le duc s’éprend alors de son serviteur.

Dans la maison de la comtesse Olivia règne un intendant orgueilleux et despote, Malvolio (Henri Courseaux) dont l’essentiel du travail consiste à empêcher les beuveries de Sir Toby et de son acolyte Sir André. Un autre personnage, Feste (Arié Elmaleh), le frère de l’humoriste Gad Elmaleh, le bouffon qui anime les soirées de la comtesse, émaille la pièce de chansons et de jeux de mots douteux qui provoquent l’hilarité de spectateurs aux anges.

Afin de se venger de cet intendant puritain, Maria, la suivante de la comtesse, assistée des deux lords assoiffés, écrit une lettre d'amour à Malvolio, lui faisant croire qu’il s’agit d’Olivia. Ce dernier dont on peut saluer l’incroyable performance, amoureux de la belle, arrivera en turban à plume de paon et kilt jaune pour lui prouver son amour. Très humilié, il sombrera dans la folie au point qu'il faudra l'enfermer.

C’est Sébastien qui mettra un terme à cet imbroglio. Les deux jumeaux se jetteront dans les bras l’un de l’autre, Sébastien partira avec Olivia, et le duc avec Viola après qu’il eut enfin compris que son proche collaborateur était une femme. Quand à Malvolio, ayant perdu de sa superbe, il comprendra un peu tard qu’il était l’objet d’une énorme farce.

Nicolas BRIANÇON signe là une comédie qui, tout en étant joyeuse et endiablée, respecte au mieux le coté truculent et trivial de l’œuvre de Shakespeare. Cette interprétation qui augure bien de ce que sera le festival d’Anjou 2009, soixantième édition, a réconcilié le public avec l’œuvre du dramaturge anglo-saxon.

« La Nuit des Rois » mise en scène de Nicolas BRIANÇON sera présentée au Théâtre Comédia, boulevard de Strasbourg, à Paris, du 5 au 17 Septembre.




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