Une télévision locale à Angers, pour quoi faire ?


Rédigé par - Le 12/08/2012 - 08:36 / modifié le 12/08/2012 - 17:22


Depuis que le CSA a rendu public son appel à candidatures pour l’édition d’un service privé de télévision sur l’agglomération d’Angers, même pendant les vacances, propices à la réflexion, les discussions vont bon train sur l’opportunité de la mise en service d’une nouvelle télévision locale. Pourquoi ne pas fédérer les projets existants, ou à venir, autour d’un média d’envergure régionale ou diffuser uniquement sur internet ?



Locale, départementale, régionale ou sur le web, la nouvelle télévision locale  devra être intéressante et peu couteuse. Une équation difficile à résoudre.
Locale, départementale, régionale ou sur le web, la nouvelle télévision locale devra être intéressante et peu couteuse. Une équation difficile à résoudre.
Après les échecs cuisants et couteux de TV 10 et d’Angers 7, les Angevins s’en souviennent, pourquoi repartir sur un modèle économique semblable ? Les deux précédentes structures basées sur une Société d’Économie mixte (SEM), financées par les collectivités locales n’ont pas fonctionné. En quoi le nouveau projet, pratiquement identique sur le plan de la construction, serait-il mieux que les précédents ? A l’heure où nos collectivités doivent gérer au mieux la crise économique, c’est la question que les Angevins qui ne souhaitent pas que les finances publiques soient gaspillées, sont légitiment en droit de se poser.

Dans ce contexte, une télévision locale est-ce bien raisonnable soulevait récemment, et à juste titre, le Courrier de l’Ouest ?

Écartée des réseaux de France Télévision (France 3) et de Radio France (France Bleue), Angers se sent isolée. Les élus locaux, fascinés comme bon nombre de leurs concitoyens, par la petite lucarne (devenue beaucoup plus grande…), aimeraient bien pouvoir disposer de cet outil pour diffuser leurs messages, surtout quand les élections municipales se profilent à l’horizon. La tentation est donc grande, pendant qu’ils le peuvent encore, de récupérer une fréquence afin, le moment venu, de faire leur promotion à l’antenne.

Bien sûr, comme l’exige le CSA, et comme l’a affirmé le Maire d’Angers Frédéric BEATSE, la rédaction de cette télévision sera indépendante. Mais comment peut-elle l’être quand elle est financée majoritairement par la ville et l’agglomération, deux collectivités du même bord politique.

Une participation du Conseil Général, dont son président, Christophe BECHU, reconnaît « qu’il serait nécessaire de disposer d’un média de ce type pour ses concitoyens », aurait pu permettre d’équilibrer l’antenne sur le plan politique.


Le journal communal d'Angers à la télévision ?

Mais comment accepter de cautionner un tel projet quand on se retrouve devant le fait accompli et minoritaire de surcroît face à deux collectivités pratiquement composées des mêmes élus. « On aurait voulu tout faire pour ne pas nous associer que l’on ne s'y serait pas pris autrement », avait conclu le président dans sa réponse aux élus angevins. Une maladresse que le président Béchu préfère garder en réserve pour la faire payer, le moment venu, à son adversaire. Surtout si la TV, une fois lancée, connaît quelques difficultés financières.

Alors, une télévision locale, pour quoi faire ? Pour porter « Vivre à Angers », le magazine communal, à l’écran. Aucun intérêt d’autant que le CSA qui exige une heure par jour de production purement locale veillera au grain pour que la télévision locale ne devienne pas un outil de propagande pour le candidat Béatse. C’est tout au moins ce qu’il assure dans sa charte de déontologie…

Les Angevins qui ont, « comme tout le monde, 500 chaines à leur portée », propos qu’avait d’ailleurs tenu le président de l’agglo, Jean Claude ANTONINI, lors de la liquidation d’Angers 7, regarderont-ils une chaine qui diffuse des reportages servant à mettre en valeur les interventions des élus locaux dans le but de fidéliser leurs électeurs ? Il y a peu de chance.

Ils n’étaient pas légion à regarder les précédentes, pourquoi seraient-ils plus demain. Et quand on sait que le modèle économique s’appuie sur la publicité, et que celle-ci est fonction du nombre de personnes susceptibles de la regarder, il y a là un risque évident de gouffre financier.


Jouer la carte de la mutualisation des moyens

En admettant que la ville d’Angers tienne à ce qu’une télévision locale s’installe durablement, ce qui en soi n’est pas mauvais, pourquoi n’a-t-elle pas lancé l’idée d’une télévision gérée par une structure vraiment indépendante sur le plan du contenu, à l’exemple d’une SCIC, ce qu’avaient d’ailleurs proposé les employés d’Angers 7, soutenue financièrement et à parts égales, par les collectivités. Le fonctionnement serait moins ambigu sur le plan politique et certainement plus acceptable. D’autant que d’autres structures, tel que des associations locales pourraient participer et proposer du contenu.

Enfin, pour qu’une telle structure puisse fonctionner, par les temps qui courent, il est évident qu’il faut faire, dès le départ, des économies d’échelle en jouant la carte de la mutualisation des moyens. D’ailleurs l’appel à candidature du CSA va dans ce sens puisqu’il exige, en plus de l’heure d’information locale, une programmation locale ou régionale, pour la moitié du temps d’antenne, pour des sujets concernant la zone pour lequel le service est attribué, mais aussi le département, les départements limitrophes et la région administrative sur laquelle est implanté le service.

Dès lors on peut aisément imaginer une structure régionale, fédérant les TV des villes, avec des équipes mobiles susceptibles d’effectuer des reportages sur l’ensemble du territoire de la région des Pays de la Loire, voire appuyer techniquement un débat, un évènement local. Des structures locales existantes, ou à créer, plus légères pourraient assurer l’information locale et la diffusion locale de la programmation régionale, sur une fréquence propre. Cette assise régionale serait également intéressante sur le plan publicitaire puisqu’elle donnerait une visibilité plus importante aux annonceurs et donc un plus grand potentiel financier.

Bien sûr, ce fonctionnement régional, c’est celui de France Télévision avec France 3. Mais on le sait, les équipes de la télévision publique se réduisent comme peau de chagrin, rendant difficile la couverture régionale. Quant au local, France 3 est absente d’Angers.

Enfin, reste la diffusion vidéo sur le web, moins couteuse et qui prend une place de plus en plus importante, puisqu’elle permet aux internautes de regarder des programmes qu’ils vont télécharger, quand ils veulent et sur des terminaux numériques (ordinateurs, tablettes, Smartphone). Cette solution serait très adaptée au mode local, d’autant que désormais des télévisions peuvent recevoir des vidéos diffusées sur le web. Enfin celle-ci ne nécessite pas la location d’une fréquence locale.

Tout en étant assuré par des équipes professionnelles, ce genre de diffusion serait intéressant et certainement plus porteur d’avenir pour une ville qui fait actuellement l’objet d’un équipement en fibres optiques dernières générations. En termes d’audience ce service serait tout aussi efficace, pour un coût moindre pour la collectivité et donc pour les citoyens.

En attendant la Ville d’Angers planche, pendant les vacances, sur sa candidature à l’attribution de la fréquence, le dossier devant être envoyé au CSA pour le 24 septembre prochain.




Yannick Sourisseau
Directeur publication Angers Mag et Angers Mag Info Journaliste web suivant plus particulièrement... En savoir plus sur cet auteur

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12.Posté par Bernard le 22/09/2012 18:41 | Alerter
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On aurait pu planifier il y a 5 ans, l’arrêt progressif de la diffusion hertzienne au profit de la diffusion sur les réseaux câblés, fibrés et ADSL mais TDF a fait jouer son lobby au CSA pour rentabiliser ses sites....
Résultat la 4G en 800 MHz brouille gravement les émissions TNT, un vrai gâchis !

11.Posté par Barreau le 21/09/2012 13:00 | Alerter
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"Il y a d'autres moyens nettement plus efficaces et moins coûteux de diffuser des programmes sans avoir à subir les contraintes exorbitantes imposées par le CSA".
Auriez vous l'amabilité de nous les exposer ici afin de nous éclairer de votre savoir ?

10.Posté par Bernard le 20/09/2012 07:53 | Alerter
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TV Cholet (peut-être) tout comme FR3 (qui n'a pas pré-empté ce canal) ne voient pas l'intérêt d'une diffusion en TNT sur Angers.
Il y a d'autres moyens nettement plus efficaces et moins coûteux de diffuser des programmes sans avoir à subir les contraintes exhorbitantes imposées par le CSA.

9.Posté par Localman le 24/08/2012 09:35 | Alerter
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@Régis :
On peut comprendre que TV Cholet ne vienne pas faire la TV locale d'Angers mais pourquoi ce refus de s'associer pour une mutualisation de services, de moyens, de programmes, etc... ?

8.Posté par Bernard le 15/08/2012 06:22 | Alerter
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Voilà au moins un dirigeant qui a compris que cet appel à candidature CSA n'était qu'un leurre.
On attend maintenant que la ville d'Angers renonce également à répondre et se pose enfin les bonnes questions au lieu de vouloir refaire les mêmes erreurs que par le passé.

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