Yeux rouges, nez qui pique... c'est le réchauffement climatique !

Demain, la douceur angevine ? #3


Rédigé par - Angers, le 26/10/2015 - 07:38 / modifié le 27/10/2015 - 00:28


Du point de vue de la santé publique, les signes visibles du changement climatique, sous nos latitudes, ne sautent pas forcément aux yeux. Sauf dans un domaine, terrain de jeu privilégié des travers de l'environnement : les allergies. Explications.



Au pollinarium d'Angers, le relevé quotidien des émissions de pollen permet de suivre l'évolution de plantes présentant un haut pouvoir allergisant (Thierry Bonnet – Ville d’Angers).
Au pollinarium d'Angers, le relevé quotidien des émissions de pollen permet de suivre l'évolution de plantes présentant un haut pouvoir allergisant (Thierry Bonnet – Ville d’Angers).
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Dis-moi quelles allergies t'affligent, je te dirai le temps qu'il fait ! Le trait est grossier mais pas totalement dénué de sens : "Les allergies, c'est la sentinelle de l'environnement", résume ainsi le docteur Jean-Charles Bonneau, allergologue, responsable du pollinarium installé il y a deux ans parc Bellefontaine et référent angevin du réseau national de surveillance aérobiologique. Le spécialiste est aux premières loges pour évaluer l'impact, en terme de santé publique, des changements climatiques sur la région d'Angers. Le constat, c'est "que les saisons polliniques se modifient dans leur période de survenue, comme dans leur précocité. Avec une pollinisation plus intense mains moins longue." En clair, les végétaux grandissent plus vite, mais durent moins longtemps.

Un second facteur est l'installation progressive d'une pollinisation que l'on n'observait pas jusqu'alors dans l'ouest. C'est le cas des cupressacées ou de champs entiers d'ambroisie, "un polluant atmosphérique qui soulève un autre problème : les modifications climatiques, alliées à l'activité humaine, favorisent des plantes vivaces qui ont le potentiel à prendre le dessus sur les autres, commente Jean-Charles Bonneau. "Le pollen peut parcourir des milliers de kilomètres, or on estime qu'à chaque degré pris, les végétaux remontent de 100 km. On se retrouve donc dans notre région avec des espèces venus du sud : les oliviers se plaisent de mieux en mieux ici, avec les mêmes problèmes qu'avec le pollen de bouleau".

Jean-Charles Bonneau, allergologue.
Jean-Charles Bonneau, allergologue.
Un autre impact du réchauffement climatique se fait jour, qui dépasse largement l'échelle de la ville : c'est l'allergie "à des fruits aussi communs que la pomme ou la pêche. Les végétaux sont des êtres vivants, avec des protéines de structure et de défense. Avec les variations de température, de niveau de CO2 ou de sécheresse, les plantes souffrent et l'expriment à travers la modification de leurs protéines".
 
La barque est déjà bien pleine avec les allergies, mais d'autres spécialités médicales ont aussi leur mot à dire, en matière de réchauffement climatique. L'une d'elles est l'ophtalmologie, avec une problématique voisine de celle de l'allergie : celle de la sécheresse oculaire. Les yeux qui piquent ou grattent, une photophobie... "le film lacrymal est agressé par la pollution et fait le lit de l'allergie", explique le docteur Philippe Gohier, praticien hospitalier au CHU d'Angers. "C'est un motif de consultation de plus en plus fréquent, plus lié d'ailleurs à la pollution qu'au réchauffement climatique." Un phénomène renforcé par le "monde climatisé dans lequel nous vivons, et qui agresse la surface oculaire".

Docteur Philippe Gohier, praticien hospitalier.
Docteur Philippe Gohier, praticien hospitalier.
La seconde remarque tient plus des potentialités inhérentes au changement climatique qu'à la réalité du terrain aujourd'hui. Elle concerne la cataracte (opacification du cristallin), qui est "la première cause de cécité dans le monde. Elle est due à l'âge, au tabagisme et à l'exposition aux UV. Sur ce dernier point, on peut imaginer que la plus grande exposition aux UV entraîne plus de cas. C'est ce que semble indiquer le réel gradian nord/sud sur cette question", conclut le Dr Gohier.
 
Les UV ont bien évidemment aussi leur importance dans le champ de la dermatologie.
Plus d'UV, plus de cancer de la peau ? Pas aussi simple. Si le nombre de mélanomes est effectivement en augmentation dans le Grand Ouest, "c'est plus dû aux efforts de dépistage et au fait que la dermatologie est de plus en plus au centre du soin de la population", éclaire Marie-Elodie Sarre, praticienne au CHU d'Angers. "Il n'y a pour le moment pas de corrélation entre le réchauffement climatique et l'augmentation du nombre de mélanomes." Plus avant, pour le traitement de certaines maladies de peau, les perspectives climatiques sont plutôt heureuses. C'est ce qu'indique avec prudence Marie-Elodie Sarre, citant l'exemple d'un traitement qu'elle a interrompu le temps de l'été ensoleillé que nous venons de vivre. S'il est directement concerné par la réalité et et/ou la perspective du réchauffement climatique, le champ médical avance à pas comptés en la matière. Sans se voiler la face, mais sans catastrophisme non plus.

La question de la canicule
Le changement climatique entraînera, dans les années à venir, "une hausse de l'intensité et de la fréquence des épisodes caniculaires", indique un rapport "Stratégie d'adaptation au changement climatique dans le grand ouest", remis à la Datar en avril 2013. L'été 2003 l'a douloureusement rappelé : la gestion de ces périodes caniculaires est un enjeu de santé publique majeur, particulièrement sous nos latitudes qui devraient connaître, dans les années à venir, un vieillissement important de sa population. Avec un corollaire : l'augmentation d'une population à risques au regard des fortes chaleurs.
Un défi sur lequel le politique peut avoir une prise : celui de l'urbanisation et de l'aménagement du territoire. Le rapport remis à la Datar souligne  que "la vulnérabilité est particulièrement forte dans les grandes villes. En milieu urbain dense, la minéralisation de l'espace, la densité du bâti et la concentration des activités se traduisent, en période de canicule, par la formation des ilôts de chaleur urbains, dont l'impact sanitaire pourrait se trouver démultiplié dans le contexte de changement climatique." Conclusion ? A long terme, il s'agit "d'adapter l'aménagement urbain et la conception des bâtiments pour réduire l'exposition des populations fragiles à la canicule". CQFD...




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