Champ libre


Sacré territoire

Jeudi 5 Mars 2015

A l'image des humains, les oiseaux sont les propriétaires spontanés d'immenses espaces naturels plus ou moins sauvages, fort jalousement gardés. Ces attributions territoriales peuvent donner lieu a des comportements singulièrement autoritaires...


Confrontation entre deux buses (dites "variables") (photo Joël Soleau)
Confrontation entre deux buses (dites "variables") (photo Joël Soleau)
Chaque mètre carré de notre territoire appartient a un détenteur, nommé « propriétaire », et référencé au cadastre qui en justifie l’existence. La notion de propriété territoriale est associée à un droit de jouissance dont la violation par quiconque provoque souvent un conflit.

Cet état de revendication, valable pour les citoyens, l’est aussi, dans une certaine mesure, dans le monde animal, voire dans l’univers du végétal. Ainsi, lorsqu’une bagarre éclate entre deux oiseaux ou deux cervidés, la cause de la dispute est très souvent liée à une intrusion d’un individu dans un espace estimé comme acquis par l’adversaire. Cet espace peut être considéré comme provisoire dans les périodes sensibles de reproduction.

Dans le monde animal, l’auteur naturaliste Damien Thiebault déclare que la territorialité fait partie du cycle de reproduction.

Chez les oiseaux, au printemps, le mâle s’installe sur un lieu et se signale par son chant et son comportement.

Quatre types de territoires peuvent lui être alors attribués :

-Une aire de reproduction vaste, ou ont lieu les activités du couple (parades, accouplements, nidification), cela concerne notamment certains passereaux ( bruants, fauvettes…)

-Une aire de reproduction immédiate ou a lieu la nidification, mais modeste, et qui ne subvient pas au nourrissage des parents et des jeunes.

-Une aire très restreinte, et qui concerne les oiseaux qui nichent en colonies, comme les cormorans, les mouettes, les fous de bassan… Cette zone se limite au nid et a quelques centimètres autour, car l’espace disponible est très faible au regard du nombre. Le nourrissage se fait bien à l’écart de la colonie.
-Enfin, chez certaines espèces, comme les limicoles, le territoire est considéré comme inexistant, car plus utilisé pour la nidification, ou bien se résume en un lieu de rencontres entre partenaires d’accouplement.
Les mâles en parade défendent un petit territoire souvent éphémère, les femelles les rejoignent pour l’accouplement, et nidifient à l’écart de la zone.

La chouette protège activement son territoire (photo J.Soleau)
La chouette protège activement son territoire (photo J.Soleau)
Il existe cependant beaucoup de cas ou les revendications territoriales sont permanentes. Le rouge-gorge défend une aire plutôt étendue toute l’année. Du coté des rapaces, c’est également le cas chez la chouette.
Lors d’une séance de repasse nocturne, l’individu qui se présente à proximité de la source sonore, parcourt parfois plusieurs kilomètres. Il signe de ce fait, s’il est le résident légitime du territoire, le rayon de ce territoire. Cependant, si la séance de repasse se prolonge, d’autres individus peuvent s’approcher, intrigués par le chant inhabituel. On peut assister alors à de vives querelles vocales entre autochtones et migrants.

"Enlèves-toi de là, que je m'y mette!" (photo Joel Soleau)
"Enlèves-toi de là, que je m'y mette!" (photo Joel Soleau)
A l’image de l’humanité, c’est aussi la loi du plus fort, qui, d’une façon plus générale peut l’emporter. Par exemple, on a pu constater, lorsque il s’est agit de défendre un territoire dopé par un morceau de viande bien alléchant en plein hiver, qu’une hiérarchie était clairement établie entre les différentes espèces.

La pitance installée au beau milieu d’un champ, fût repérée par une pie, un merle, une buse et un corbeau.
Ce dernier, chassa la pie qui était arrivée la première sur la nourriture. Puis, la buse, vexée de n’avoir pu être aux premières loges, expédia violemment le corbeau avant d’attaquer l’assiette anglaise. Quand au merle, qui se tenait prudemment à distance pendant les hostilités, il fit preuve de patience pendant presque une heure, et eu droit aux restes, après que la buse se soit bien rassasiée.

Il est a noté que la buse, qui n’est pourtant pas un charognard, peut le devenir exceptionnellement par période de grand froid. Dans ce cas on constate une revendication territoriale doublée d’une suprématie hiérarchique.

Ces situations de dominations donnent lieu parfois à des scènes de rapports de force très singuliers chez les animaux, qui rappellent aussi ceux qui s’établissent entre les humains.





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