« Le développement durable n’est pas à opposer au tourisme de masse »

FESTIVAL INTERNATIONAL DU TOURISME #5


Rédigé par - Angers, le 09/06/2017 - 07:45 / modifié le 08/06/2017 - 16:58


Thématique de l’année 2017 pour l’Organisation Mondiale du Tourisme, le développement durable est également le thème central de la première édition du Festival International du Tourisme d’Angers.



Sylvine Pickel-Chevalier, maître de conférences en géographie à l'Université d'Angers.
Sylvine Pickel-Chevalier, maître de conférences en géographie à l'Université d'Angers.
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Presque galvaudée en France, la notion de développement durable est la thématique de l’année 2017 selon l’Organisation Mondiale du Tourisme et le thème central de la première édition du Festival International du Tourisme. Une notion née à la fin des années 1980, qui épouse des enjeux environnementaux, économiques, sociaux et sociétaux mais dont le sens fluctue selon les pays et les cultures : « En France, nous associons le développement durable à la protection environnementale et les enjeux sociaux sont secondaires dans notre société historiquement marquée par l’individualisme », explique Sylvine Pickel-Chevalier, maître de conférences en géographie, qui travaille sur les enjeux de tourisme et développement durable en Indonésie - pays invité - et en France. « En Indonésie, la notion est davantage associée aux enjeux communautaires et sociaux qu’à des préoccupations écologiques".
 
Une question d’image

« La capacité du tourisme à favoriser un développement durable des territoires relève de son management, plus que du type des pratiques », avance l’universitaire. « Il ne faut pas être dans une opposition entre « bon » et « mauvais » tourisme ».
Ainsi, si l’éco-tourisme a la volonté de proposer à ses utilisateurs un plongeon au cœur d’espaces naturels, de grandes stations balnéaires telles que Saint-Jean-de-Monts - sur laquelle a travaillé Sylvine Pickel-Chevalier - fera vivre beaucoup plus de salariés et investira dans les mises aux normes environnementales pour des questions d’économies financières. 

Mais aussi d’image. En effet, la géographe raconte que les grandes stations balnéaires ont souvent été les premières à réclamer le label de qualité environnementale « Pavillon bleu », avant les îles de l’Atlantique, forcément respectueuses de l’environnement dans l’esprit collectif car visuellement moins bétonnées. « Il s’agit plus de réfléchir à des modes de développement intégrant, sur tout type de lieux touristiques, des enjeux économiques, sociaux et environnementaux, que de privilégier des types de tourisme, qui participent tous de la diversification de l’offre », souligne-t-elle. 
 
Un modèle complexe

« En Indonésie, le tourisme peut-être un acteur du développement durable sur le plan économique, car il génère des retombées », poursuit Sylvine Pickel-Chevalier. « Et plus que le tourisme ne menace ou ne valorise le patrimoine, il participe de sa réinvention en induisant des choix de la mémoire collective. Bali est l’île la plus touristique d’Indonésie, mais elle est aussi celle qui sait le mieux mettre en lumière, et donc perpétuer entre conservation et transformation, sa richesse culturelle. Parce qu’elle suscite la fascination des étrangers, notamment occidentaux depuis les années 1920, elle constitue pour les Balinais à la fois un vecteur d’identification et de développement (retombées économiques, cohésion sociale) ».
 « Le développement durable n’est pas un concept scientifique, qui prétendrait définir un modèle « parfait » de développement, tant ce dernier dépend des facteurs socio-économiques et culturels des sociétés. Il est un projet de développement aspirant à intégrer des enjeux sociaux et environnementaux aux modèles strictement économiques. En cela, il n’est pas à opposer au tourisme dit « de masse », qui constitue aussi le tourisme socialement diffusé », conclut la géographe.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par NR le 14/06/2017 10:35 | Alerter
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Est-il vraiment possible d'articuler "tourisme de masse" et "développement durable" ? Les deux expressions demandent à être clairement définies. Dans de nombreuses endroits, le tourisme de masse est synonyme d'épuisement des ressources, de destruction des paysages, d'un développement économique concentré entre quelques mains et qui profitent rarement aux populations locales. Regardez du côté des côtes françaises et espagnoles, de certains pays qui ont développé une réelle attractivité (des vo...








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