Occupe-toi d’Amélie : une fantaisie pour oublier les tracas du quotidien

Festival d'Anjou 2013


Rédigé par - Angers, le 25/06/2013 - 09:18 / modifié le 25/06/2013 - 23:20


En cette période où tout va mal, même le temps, le théâtre comique remporte un vif succès. On vient s’amuser, se détendre, oublier. La preuve avec « Occupe-toi d’Amélie », un des meilleurs vaudevilles de Feydeau, présenté hier soir au Festival d’Anjou. Un succès annoncé dès l’ouverture de la billetterie, en mai dernier.



Occupe-toi d'Amélie, une pièce enlevée et rafraichissante, interprétée par une troupe excellente
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En ce moment, les théâtres parisiens connaissent de grosses difficultés », expliquait hier soir Nicolas Briançon, le directeur artistique du Festival d’Anjou. « Seules s’en sortent les pièces comiques ou celles interprétées par des comédiens médiatiques. Les gens veulent rire, oublier les tracas du quotidien. Pour autant, je ne veux pas tomber dans ce travers qui consisterait à présenter que des pièces comiques au Festival. Je veux défendre toutes les formes de théâtre ».

« Occupe-toi d’Amélie », une des meilleures pièces du répertoire de Georges Feydeau corrobore le constat de Nicolas Briançon, les places de l’unique représentation au Plessis-Macé ont été vendues en une journée, fin mai, dès l'ouverture de la billetterie du festival. Comme le public parisien, mais en léger décalé, les amateurs de théâtre angevins avaient flairé la représentation qui leur permettrait peut-être d'oublier la crise, l’espace de deux heures. Ils n’ont pas été déçus.

L’histoire est simple, drôle et facile à comprendre. Du grand Feydeau, comme on peut l’aimer, avec ses couples qui traversent des situations toutes plus cocasses les unes que les autres. Les quiproquos, mensonges, contretemps et autres rebondissements dont l'auteur s’est fait une spécialité, ça amuse toujours la galerie. Ça réchauffe même, surtout quand les nuits de juin sont fraiches et humides, comme hier soir dans les gradins du Plessis-Macé.

Ex femme de chambre chez la comtesse de Prémilly (Julia Duchossoy), Amélie devenue femme aux mœurs légères, se fait appeler Amélie d’Avranches. En couple avec Étienne de Milledieu (Stéphane Roux), elle se révèle la maitresse de l’ami d’Etienne, Marcel Courbois (Bruno Putzulu). Ce dernier, que la comtesse souhaite avoir pour amant, voit débarquer un parrain belge, Van Putzeboum (Serge Ridoux) qui veut lui remettre un héritage à la condition qu’il se marie.

Militaire, Étienne part en campagne et confie Amélie à Marcel Courbois. Celui-ci profite de l’occasion pour organiser un faux mariage afin d’empocher le chèque du parrain belge. Mais un prince étranger (Jean-Christophe Bouvet), s’entiche d’Amélie, alors qu’Étienne revient plus tôt que prévu. Il s’en suit des incidents et coups de théâtres chers à Feydeau, lesquels plongent le public dans l’hilarité la plus totale.

Brillants Luis Rego et Jean-Christophe Bouvet

Adapté de la pièce originale qui durait trois heures, ce vaudeville rafraîchissant en trois actes qui compte une heure de moins « est presque une création », déclarait hier soir Pierre Laville le metteur en scène. « Nous n’avons pas sorti le décor parisien, nous avons préféré utiliser le décor naturel du château. Les comédiens ont dû trouver de nouveaux repères ».

Cette adaptation ne fut pas sans poser des difficultés à l’exemple de la chute, imprévue, d’Etienne (Stéphane Roux) et Adonis (Antoine Courtraix). « J’ai eu quelques difficultés à retrouver les portes d’entrée et sortie de scène », s’amusait également Hélène de Fougerolles (Amélie) qui signe dans cette pièce de Feydeau, sa première apparition au théâtre.

De ce vaudeville qui tient en haleine jusqu'au bout, on retiendra la prestation de Luis Régo - qui a remplacé Jacques Balutin dans le rôle du père d’Amélie - ancien gardien de la paix, qui multiplie les contrepèteries avec ses « allégations suppositoires » ou encore ses « discussions intestinales » ou encore celle Jean-Christophe Bouvet en prince de Palestrie désopilant à souhait.

« Occupe-toi d’Amélie » est une valeur sure qui a trouvé sa place au Festival d’Anjou, le public qui ne s’y est pas trompé en a eu pour son argent, oubliant pendant ces quelques heures avec Feydeau, le temps médiocre de ce début de l’été et un quotidien anxiogène.




Yannick Sourisseau
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